13 phobies étranges

La phobie, c’est plus qu’une peur.
Une angoisse tellement grande qu’on craint une chose avant même qu’elle soit présente.
On évite les lieux, les situations où on peut la rencontrer.

Irrationnelle et viscérale, la phobie paralyse. Terrorise.
Elle peut bousiller une vie.

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Phobie de voir un visage à la fenêtre

Dehors, il fait noir. Vous êtes en sécurité à l’intérieur, du moins c’est ce que vous croyez. Jusqu’au moment où vous remarquez des formes dans une des fenêtres. Vous regardez de plus près, et à votre plus grande horreur, vous voyez un visage. Difforme, presqu’inhumain. 

C’est le scénario que craignent de vivre ceux qui ont la phobie du visage à la fenêtre.

L’utilisateur Reddit kitcorvvin se confie à propos de sa peur: « Elle me tient parfois réveillé la nuit: trop terrifié pour regarder par la fenêtre, mais aussi, trop anxieux pour réussir à m’endormir, au cas où quelqu’un ou quelque chose serait en train de me regarder à travers la vitre. » (Réf. 6)

phobie du visage dans la fenetre

En général, les phobies spécifiques portent un nom, mais celle-ci n’en porte pas. Elle ne semble pas non plus être classée dans la liste psychiatrique des phobies. Pourtant, kitcorvvin n’est pas le seul à en souffrir. Gelema5, un autre utilisateur Reddit, avoue qu’il doit fermer les rideaux lorsque la nuit tombe, car autrement, sa phobie occupe tout son esprit. 

Ceux qui souffrent de cette phobie ont aussi, en général, peur de voir un visage horrible de façon soudaine, comme en ouvrant les yeux ou en tournant un coin de rue. Et vous, redoutez-vous de simplement ouvrir une porte, par peur de ce qu’il y a derrière?

2

Phobie d'une célébrité

Certaines célébrités sont partout: journaux à potins, objets de collection, entrevues à la télé, etc. Mais pour certaines personnes, cette omniprésence est une source de terreur. Une célébrité en particulier leur fait peur, et cette phobie peut être extrême au point de les empêcher de mener une vie normale.

Par exemple, l’utilisateur Reddit AshRT explique qu’il avait de la difficulté à dormir dans son enfance à cause de sa peur d’Elvis. « J’avais regardé une émission de télévision qui tentait de prouver qu’Elvis avait simulé sa mort et qu’il était toujours vivant. Alors, dans mon cerveau d’enfant, cela voulait dire qu’il allait me poursuivre, puisque finalement, il était en vie. » (Réf. 1)

Poppy Johnson, tant qu’à elle, a la phobie de Michael Jackson. Une chanson qui passe à la radio, une apparition à la télé, ou simplement la vue d’un poster peuvent déclencher sa peur. Ses paumes deviennent moites et elle se met à trembler. 

Elle explique que sa phobie a commencé alors qu’elle avait cinq ans, et qu’elle voyait le vidéo-clip de la chanson Thriller pour la première fois. Elle en a été terrorisée, surtout lorsque le visage de Jackson se transforme en loup. Elle en garde un traumatisme.

Pour empirer les choses, ses parents sont de grands fans de Jackson, et la maison de son enfance était décorée avec des objets de collection à l’effigie du chanteur. Elle n’a jamais avoué à sa famille qu’elle avait cette phobie. 

Mais une fois adulte, elle a décidé de prendre les choses en main et est allée voir un hypnothérapeute. Après quatre séances seulement, elle se sent déjà beaucoup mieux. « J’entrevois définitivement que je vais un jour sortir de chez moi sans me sentir sur le bord de la crise de nerfs. » (Réf. 2)

thriller

Comprendre les phobiques
Bien que cet article soit motivé par la curiosité devant certaines phobies insolites, le but ici n’est pas de se moquer des gens phobiques.
Les phobies sont une condition bien réelle qui peut être débilitante pour certaines personnes qui en souffrent.
Si c’est votre cas, l’aide d’un professionnel de la santé est vivement recommandée.
Vous pouvez aussi vous référer à l’organisme Phobies Zéro.

3

Phobie des carillons

Qui n’aime pas entendre le doux tintement des carillons quand le vent souffle? Eh bien, pas tout le monde. Car pour certains, ce tintement est un bruit sorti tout droit d’un cauchemar, un tintement de l’enfer. C’est le cas de l’utilisatrice Reddit LadyBlueEyes qui mentionne à ce sujet:

« J’ai une réaction phonophobe à plusieurs bruits, mais ma plus grande peur, ce sont les carillons. J’ai une attaque de panique simplement en en voyant un. »

Elle ajoute que cette phobie la trouble dans son quotidien: « Ma peur me force à rester à l’intérieur, et à éviter les chemins où je sais que je croiserai des carillons. Aussi, je ne peux pas aller dans certaines pharmacies car elles en vendent, accrochés près de la porte. Suis-je la seule à me plaindre de cela? On dirait que personne ne comprend ce qui me terrifie. »

Pour certains phobiques, ce n’est pas le bruit du carillon qui cause problème, mais son mouvement. 

« Ma famille avait des carillons lorsque j’étais une enfant, et ils me terrifiaient », explique une autre utilisatrice Reddit. « Éventuellement, ils ont dû les décrocher parce qu’ils me causaient trop d’anxiété. » 

Mais cette solution ne fut pas suffisante. « Malheureusement, la peur s’est étendue à tout ce qui fait un mouvement de balancement. Je pense que c’est parce que je n’ai pas de contrôle sur le mouvement. » (Réf. 1)

phobie des carillons
Photo par Elizabeth Prata

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Phobie de l'éternité

Qui n’a pas peur de la mort? Pour beaucoup, l’idée d’une vie après la vie, ou d’un nirvana éternel, est à la fois une joie et un soulagement. Toutefois, pour certaines personnes, l’idée d’une telle éternité les terrifie. Ils ont l’impression qu’une vie éternelle serait sans échappatoire, et cela les jette dans une profonde angoisse existentielle.

Paul, qui souffre de cette phobie, la décrit ainsi: « J’ai peur que, éventuellement, j’atteindrai un point où j’aurai tout expérimenté, tout appris, tout fait, rencontré tout le monde et que je serai pris dans une existence ennuyante à laquelle je ne pourrai m’échapper, peu importe combien je le désire. » L’éternité est vue, par lui et par plusieurs autres, comme une prison sans fin. 

Pour certains phobiques, ce n’est pas le temps infini qui leur fait peur, mais le fait que l’univers n’aurait pas de limites. Jane Adkins a écrit sur Facebook: « Quand je me mets à penser à ce qu’il y a au-delà de notre système solaire, on dirait que mes pensées se bloquent automatiquement pour me protéger d’une éventuelle attaque de panique. Savoir qu’il existe des trous noirs me donne des cauchemars. La pensée de la distance qui existe entre les galaxies est insupportable. » (Réf. 5)

Ainsi, sur le sujet de l’éternité, le point de vue de la science et celui de la religion semblent se rencontrer. Mais ni l’un ni l’autre ne contient, dans son discours, un réconfort à ces phobiques.

5

Phobie des poignets

Et si c’était notre instinct qui nous soufflait l’idée de certaines phobies? Après tout, les araignées et les serpents peuvent être venimeux, les rongeurs peuvent transporter des maladies, et les hauteurs peuvent être fatales. Mais que dire des poignets? Pour ceux qui ont la phobie de toucher leurs propres poignets, ou ceux des autres, cet endroit leur parait vulnérable.

C’est ce qui arrive à la conjointe de Th4n4n, un utilisateur Reddit. Elle a tellement peur des poignets qu’elle se sauve si elle en voit un. Un jour qu’elle avait trop bu, elle a confié à son mari que « lorsque nous étions des Néanderthals, il était courant que nos poignets explosent. » Même si cette anecdote anthropologique ne fait pas de sens, elle en dit long sur la sensation de fragilité que cette femme ressent face à cette partie du corps. (Réf. 1)

Quand on a peur de tout ce qui se rapporte aux poignets, la vie de tous les jours peut devenir drôlement compliquée. « Faire les gestes du quotidien devient une véritable corvée et surtout un contact physique peut provoquer une crise de panique », explique bonnetmailys, une utilisatrice du forum JeuxVidéo.com qui est victime de cette phobie. (Réf. 10)

Il est commun aussi pour les gens atteints de cette phobie de ressentir une forte envie de vomir lorsqu’il est question de poignets. 

poignet

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Phobie du nombre 666

Il y a des gens qui ont une peur viscérale de certains nombres. Le nombre 6 revient souvent. Quant à la peur du nombre 666, elle a la particularité d’avoir été inspirée par la bible, plus spécifiquement par l’apocalypse qui l’appelle le « nombre de la bête », la bête étant associée à satan ou à l’antéchrist.

Cette phobie peut entraîner différents comportements d’évitement. Par exemple, le Président Reagan n’appréciait pas que sa maison en Californie soit affublée du numéro de porte 666. Il l’a fait changer pour le numéro 668. 

L’utilisatrice Reddit LabRatsAteMyHomework a raconté une anecdote intéressante qui s’est passée lorsqu’elle était caissière chez Best Buy. Une cliente s’est présentée à sa caisse pour payer ses achats, mais lorsque cette dame vit que le total donnait 6,66$, elle prit peur. Elle a alors attrapé quelques bonbons près de la caisse et les a ajoutés à ses emplettes, question de modifier le total. Rassurée, elle a ensuite payé, mais la caisse a indiqué que la monnaie qu’elle devait recevoir s’élevait à… 6,66$!

« Elle m’a alors regardée comme si j’étais l’Antéchrist en personne », commente la caissière. (Réf. 4)

7

Phobie de la danse

Et si la pire de vos terreurs se passaient sur la piste de danse? C’est le cas de ceux qui ont la phobie de la danse, comme l’utilisateur Reddit chorophobia2017. Il explique que sa peur a ruiné sa rencontre avec des femmes à plusieurs occasions.

« Une fois, une fille me demandait sans cesse de danser avec elle, et j’ai fini par quitter la salle en courant, afin de m’éloigner d’elle. C’était une réaction embarrassante et je n’ai pas de moyen pour lutter contre ça. »

Pourtant, il a le sens du rythme. Il a joué de la batterie pendant des années et n’a aucun problème à suivre le tempo. Seulement, il n’arrive pas à danser, même s’il est seul et que les rideaux sont fermés, car la panique prend le dessus.

Pour lui, le fait de danser n’est pas le seul déclencheur d’une attaque de panique. Simplement parler de danse, ou regarder une vidéo où des gens dansent, c’est suffisant pour le faire suer, augmenter son rythme cardiaque, et le faire trembler. (Réf. 9)

C’est une phobie qui s’enracine la plupart du temps dans la peur du regard des autres, la crainte d’être ridicule.

phobie de danser

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Phobie des boutons

Certaines victimes de cette phobie ont une peur irraisonnée d’avaler un bouton, alors que d’autres sont profondément dégoûtées par la texture de ceux-ci. Bien qu’on puisse croire qu’une mauvais expérience impliquant un bouton les ait marqués et soit à l’origine de leur phobie, ce n’est pas toujours le cas. Ces aversions sont parfois apparues d’elles-mêmes, ou encore, semblent avoir toujours été là.

« Lorsque j’avais 3 ans, explique Lydia qui a la phobie des boutons, je me souviens que ma mère essayait de m’enfiler une robe qu’elle avait aimé voir ma soeur porter et qui était décorée de boutons, et je me suis mise à crier et à courir partout dans la pièce, pour finalement aller me cacher sous mon lit. C’est comme ça que ma mère s’est rendue compte que quelque chose n’allait pas(…) »  (Réf. 19)

Steve Jobs, le co-fondateur d’Apple, a avoué avoir une phobie des boutons, et pas seulement ceux qui sont sur les vêtements, tous les boutons. Est-ce que l’idée du iPhone, un téléphone avec un écran tactile à la place des boutons, lui viendrait de cette peur?

9

Phobie de la lune

lune

La pleine lune en effraie plus d’un, surtout à cause des légendes et des superstitions qui l’entourent. 

Toutefois, certaines personnes expérimentent une incontrôlable attaque de panique lorsqu’ils voient la lune. Pour eux, ce n’est pas une simple peur, mais une véritable phobie qui les obsède. 

C’est le cas d’un lecteur de FearOf.net, qui est tellement préoccupé par la lune qu’il doit en tout moment savoir à quelle heure elle se lève, et quelle forme elle aura. « Les pires moments c’est lorsque je suis dehors la nuit et que je ne sais pas où elle est, et si elle est là, quelque part. C’est moins pire lorsque je la vois. C’est le fait de ne pas savoir où elle se trouve qui est le pire. »

Comme la plupart des phobiques, il utilise l’évitement comme tactique pour se protéger. Il évite d’être dehors la nuit, au point où il prend sa voiture pour franchir de très courtes distances, car il se sent en sécurité dans un véhicule. « Mon pire cauchemar serait de me retrouver debout dans un champs en pleine nuit. » (Réf. 16)

En plus des phobiques de la lune, il y a aussi les loups-garous qui craignent le moment où la lune devient pleine… mais ça, c’est une autre histoire!

10

Phobie des papillons

Ils sont lents, colorés, et complètement innofensifs. Mais cela n’empêche pas certaines personnes d’avoir une peur viscérale des papillons. Et c’est justement parce que cet insecte est si innocent que les phobiques des papillons s’attirent les railleries des autres.

Une lectrice de FearOf.net a partagé une anecdote qui remonte à son enfance: « Ma première expérience avec un vrai papillon s’est produite lorsque j’étais en maternelle. Ma classe avait décidé d’élever des papillons qui provenaient d’un kit pour les écoles. Je n’aimais pas trop l’étape où ils étaient des chenilles, mais j’étais excitée à l’idée de les voir se transformer en papillons. »

« C’est lorsque notre enseignante les a relâchés dans la nature que l’enfer s’est déchaîné. Je pleurais, criais, et m’enfuyais à toutes jambes dans la rue. Il me semblait qu’ils n’arrêteraient jamais de me suivre. Mon enseignante s’est fâchée contre moi parce que je courais dans la rue, elle disait que c’était une réaction exagérée. Mes camarades de classe disaient que j’avais tout gâché. »

Comme il est compliqué de sortir dehors par beau temps sans croiser le moindre papillon, ceux qui sont victimes de cette phobie ont la vie dure. « Il y a tellement d’endroits que j’évite parce que je sais que les papillons ont tendance à y aller. J’emprunte certaines routes dans le parc pour éviter les endroits où il y a le plus de chance que j’en voie. J’ai d’ailleurs cessé de fréquenter la plupart des parcs à cause d’eux. J’ai aussi arrêté de faire du vélo à cause d’eux. J’ai maintenant de vraies attaques de panique lorsque j’en vois un. » (Réf. 11)

La peur phobique des papillons est généralement liée à un dégoût de sentir les ailes en mouvement frôler sa propre peau, donnant une sensation désagréable de chatouillement et de démangeaison.

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Phobie des boucles

Une lectrice de FearOf.net se confie au sujet de sa phobie des boucles: 

« Je crois que ça a commencé par les boucles sur mes vestes et mes sous-vêtements quand j’étais enfant, je me souviens que je les arrachais frénétiquement, coupant la dentelle ou le tissu des boucles en touts petits morceaux, et les cachant ensuite au fond de ma poubelle. Étrangement, plus la boucle est petite ou compacte, plus je suis terrorisée. »

Avec le temps, sa phobie s’est étendue aux noeuds papillon portées par les hommes. « C’est si grave que si un serveur au restaurant en porte un, j’ai un haut-le-coeur et je me sauve de l’établissement. »

Pour elle, pas question d’assister à un mariage, ou même de passer près de la vitrine d’une boutique de mariée. Elle ignore d’où cette peur lui vient, n’ayant vécu aucune expérience traumatisante impliquant une boucle, et suggère avec un brin d’humour qu’il s’agit peut-être d’une histoire de réincarnation. 

(Réf. 13) 

boucle

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Phobie du papier et du carton

Ceux qui ont la phobie du papier ont peur de le toucher, d’écrire dessus, ou même de se couper sur les bords d’une feuille. La phobie peut aussi s’étendre aux cartons, aux emballages, et aux papiers peints. Il peut être assez difficile pour ces phobiques de faire des tâches de tous les jours dans notre société où le papier et les emballages sont omniprésents.

Pour Charlie Penny, une jeune femme qui souffre de la phobie du carton, le pire temps de l’année, c’est Noël. « Certaines personnes vont même jusqu’à mettre des cadeaux intentionnellement dans des boîtes pour me taquiner, sachant que je ne pourrai pas les ouvrir… » (Réf. 15)

L’utilisatrice Reddit Clarawrr avoue que lorsqu’elle allait à l’école, sa peur du papier lui donnait des frissons dans le dos dès qu’elle devait toucher une feuille. « Pour prendre des notes en classe, je plaçais un stylo ou un autre item sous ma paume afin que ma main ne touche pas le papier, et ensuite je faisais vraiment attention à bien tenir ma main pour qu’elle n’entre pas en contact avec la feuille. »

Elle explique que l’âge adulte et la thérapie d’exposition l’ont aidée. (Réf. 17)

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Et finalement... Peur de tout!

Oui, la peur de tout existe. Ceux qui en souffrent ont tellement de phobies qu’ils sont dans un état constant d’anxiété, redoutant que quelque chose de mal leur arrive. Ils sont pratiquement tout le temps en poussée d’adrénaline, ce qui finit par leur donner des périodes d’effondrement et de fatigue intense. 

Natalie, une jeune américaine de 13 ans, vit dans un état constant de peur et de dépression. Sur une liste de 100 phobies, elle en a reconnues 70 comme étant siennes, et elle ajoute qu’elle en a d’autres qui ne font pas partie de cette liste. Ses phobies se classent dans de nombreuses catégories, comme les animaux, les objets inanimés, les couleurs, les phobies sociales, les phobies liées à la mort, et tout ce qui se rapporte à la peur de l’échec. 

Elle a développé une dépendance aux jeux vidéos, car elle les utilisaient pour tenter de contrôler ses peurs, et l’environnement autour d’elle. Bien qu’elle ait reçu de l’aide pour cette dépendance, elle craint la réaction des gens si elle leur dit l’ampleur de son problème. « Je pense toutefois que je suis en dépression, et j’ai peur d’en parler à mes parents car j’ai peur qu’ils aient une mauvais idée de moi. » (Réf. 21)

La dépression peut en effet faire partie du vécu de la personne qui a une multitude de phobies, et d’autres troubles de l’humeur peuvent aussi être présents, comme l’anxiété généralisée et le trouble obsessif-compulsif. Il est certain qu’une personne aux prises avec ce problème doit chercher l’aide d’un professionnel qualifié afin de retrouver une bonne qualité de vie.

munch
Edward Munch

Les mystérieuses hystéries collectives

Une maladie qui affecte un groupe de façon soudaine;

Les symptomes physiques sont bien réels;

Mais la cause est imaginaire…

La maladie du scarabée

En 1962, une rumeur a commencé à circuler dans une usine de textile américaine. La rumeur disait qu’un insecte piquait les gens dans l’usine et les rendait malades. Rapidement, certains travailleurs ont commencé à ressentir des engourdissements, des nausées, des vertiges et des vomissements. En tout, 62 employés ont développé cette maladie mystérieuse, et certains ont été hospitalisés. 

L’insecte rendait-il les gens malades? Non! Même si certains travailleurs ont pu être piqués par l’insecte, celui-ci ne donnait pas de maladie, et l’anxiété était la cause des symptômes. Des médecins, ainsi que le US Public Health Service Communicable Disease Center, ont conclu qu’il s’agissait d’un cas d’hystérie collective. 

Définition de l'hystérie collective

L’hystérie collective, c’est lorsque des symptômes de maladie se propagent rapidement d’une personne à l’autre, sans qu’il y ait de cause virale, bactérienne, ou toxique. En fait, la seule cause, c’est la suggestion émotionelle. La « maladie » se transmet par contact visuel ou sonore pendant une période limitée.

"Le diagnostic d'hystérie collective ne peut être retenu qu'après avoir éliminé toute autre pathologie pouvant expliquer l'apparition de ces manifestations. La première hypothèse envisagée concerne l'intoxication : vapeurs de peinture, toxines alimentaires. Quand une enquête approfondie permet d'éliminer le rôle de l'environnement, le diagnostic d'hystérie collective peut être alors évoqué."
plague

Pour nous compliquer la vie, les experts ont inventé une panoplie de termes différents pour décrire la même chose… Au fil de vos lectures, vous pourrez donc tomber sur ces différents termes, ils veulent tous dire « hystérie collective »:

  • Hystérie de masse
  • Syndrome psychogène
  • Phénomène psychogénique de masse
  • Psychose collective
  • Réaction de stress collective
  • Hystérie épidémique de masse
  • Maladie sociogénique de masse

Cas déclencheur

Il y a toujours un cas « déclencheur », quelqu’un qui ressent les malaises le premier. Celui-ci va parfois évoquer lui-même un facteur catalyseur: odeur de gaz par exemple. Ensuite, un témoin visuel ou auditif est pris à son tour des mêmes symptômes. Un autre s’en suit, puis un suivant. Les incidents comptent parfois des centaines d’individus atteints.

La paralysie du bras gauche

Février 1907, Londres (Royaume-Uni). Une écolière atteinte d’une paralysie infantile du bras gauche, se fractura le bras droit. Plusieurs semaines après l’événement, elle retourna en classe, et en quelques jours, trois enfants avaient perdu l’usage de leur bras gauche. Une quatrième élève avait tellement mal au bras gauche qu’elle le tenait coincé sur le côté de son corps et refusait de s’en servir.

L'anxiété, un terrain propice à l'hystérie collective

Une forte anxiété ressentie par le groupe est de toute évidence un terrain propice au déclenchement d’un épisode d’hystérie de masse. Cette anxiété peut avoir diverses origines, comme des conflits sur le lieu de travail, la présence d’un facteur environnemental gênant dans le bâtiment, une discipline sévère dans une école, ou une guerre imminente dans le pays. 

Le stress des enfants réfugiés

Depuis le début du 21ème siècle, il arrive communément que des enfants réfugiés en Suède tombent dans une sorte de coma en apprenant que leur famille sera déportée. Cette condition a reçu le nom de « syndrome de résignation » (en Suédois: uppgivenhetssyndrom), et elle n’existerait que parmi la population de réfugiés de ce pays. Les spécialistes déclarent qu’un certain degré de contagion psychologique est inhérent à la maladie, qui se propage alors aux jeunes parents et amis de l’individu affecté, qui se mettent à leur tour à souffrir de la condition.

Caractéristiques courantes de l'hystérie collective

L’hystérie de masse se différencie de toute autre forme d’hallucination collective par la présence de symptômes physiques. C’est une condition qui est encore mal comprise par les experts médicaux. 

Lorsqu’un incident d’hystérie collective se déclenche, on retrouve généralement les caractéristiques suivantes:

  • Symptômes sans cause organique;
  • symptômes temporaires et bénins;
  • apparition rapide des symptômes, et souvent, récupération rapide;
  • se produit dans un groupe clos;
  • présence d’une forte anxiété;
  • les symptômes se propagent par la vue, le son, ou la communication orale;
  • la propagation suit l’échelle d’âge ou de statut, commençant par l’élève le plus vieux par exemple;
  • il y a plus de femmes que d’hommes qui en sont atteintes.

Cette liste de caractéristiques communes est seulement un guide pour repérer un incident, et il est fort possible qu’un cas d’hystérie de masse ne comportent pas tous ces éléments. Par exemple, certaines épidémies n’affectent que les hommes.

La fièvre du pénis de Singapour

Une panique pénienne est une hystérie collective au cours de laquelle des membres masculins d’une population ressentent soudainement la conviction que leurs organes génitaux sont en train de rétrécir ou de disparaître complètement à l’intérieur de leur abdomen. Bien que des incidents surviennent un peu partout dans le monde, ils sont plus fréquents en Asie. Parfois, il en résulte des blessures lorsque les hommes atteint de la panique utilisent des objets comme des adhésifs, des lignes à pêche, des aiguilles, des crochets ou des lacets pour prévenir la disparition de leur pénis.

Une épidémie majeure a eu lieu à Singapour en 1967, affectant des milliers d’hommes. La suggestion émotive, dans ce cas, provenait d’une rumeur selon laquelle le vaccin contre la fièvre porcine ferait disparaître les organes génitaux des hommes.

Caractéristiques des victimes

Qu’est-ce qui fait qu’un individu dans un groupe soit affecté par l’épidémie, et qu’un autre individu ne le soit pas? Les différentes recherches sur le sujet ne cernent aucune caractéristique sociale, psychologique ou physique qui rendraient certaines personnes plus prédisposées à la condition.

"Il semble évident qu'il n'y a pas de prédisposition particulière aux maladies sociogéniques de masse et que c'est une réaction comportementale que tout le monde peut manifester dans les bonnes circonstances."
Bartholomew et Wesseley
Auteurs d'une étude sur l'hystérie de masse publiée dans le Journal Britannique de Psychiatrie

Le vol de l’enfer

Septembre 2018. Lors d’un vol de 14 heures entre Dubaï et New York, des passagers affichent certains symptômes, comme des éternuements et de la toux. Mais les malaises se propagent, et certaines victimes développent de la fièvre et des vomissements. En tout, 106 des 521 passagers sont atteints. Après avoir été avertis de l’épidémie par le pilote, le U.S. Centers for Disease Control and Prevention met l’avion en quarantaine dès qu’il arrive à New York. Les passagers sont évalués un par un, et 11 d’entre eux sont envoyés à l’hôpital. Au final, quelques passagers du «vol de l’enfer» étaient atteints de rhume ou de grippe, et les autres se sont mis à croire qu’ils étaient malades après avoir observé ceux qui les entouraient.

Rechutes

Il arrive qu’un épisode d’hystérie de masse se tempère, pour ensuite faire une rechute. C’est pourquoi certains experts suggèrent de parler le moins possible de l’événement. Par exemple, lors d’un épisode d’hystérie collective survenu dans une usine de Singapour, un homme médecine a été appelé pour procéder à un exorcisme. Il semble que cette performance n’ait fait que prolonger l’épidémie. Une couverture médiatique intense peut aussi empirer l’épisode d’hystérie. 

Les hystéries de Bâle

1892, Groß Tinz (Pologne). La main droite d’une fillette âgée de dix ans a commencé à trembler, et ce tremblement a évolué en crises d’épilepsie. La maladie s’est propagée à 19 autres étudiants. La même année, une épidémie semblable a affecté 20 élèves à Bâle, en Suisse. Douze ans plus tard, soit en 1904, l’école de Bâle a connu une autre épidémie, qui a touché 27 élèves cette fois. La légende locale entourant le premier événement aurait joué un rôle dans le déclenchement de celui de 1904.

Influences culturelles

Les manifestations des symptômes chez les victimes d’hystérie collective sont influencées par la culture et les croyances de l’époque. Durant le Moyen-Âge et la Renaissance, une époque où l’on craignait le diable et la sorcellerie, de nombreux cas d’épidémie de possessions démoniaques avaient lieu dans les couvents d’Europe. Depuis le 20ème siècle, les cas d’hystérie collective présentent souvent des symptomes liés à la peur d’un gaz toxique, d’une odeur malsaine, ou d’une attaque bactériologique, ou encore à la peur d’une contamination de l’eau ou de la nourriture, ce qui reflète les anxiétés modernes.

Des fraises trop sucrées

Mai 2006. Au Portugal, plus de 300 élèves provenant de 14 écoles ont été affectés par une difficulté à respirer, des éruptions cutanées et des vertiges. Certaines écoles ont été forcées à fermer temporairement. L’épidémie a commencé après la diffusion d’un épisode de la populaire série télé pour adolescents Morangos com Açúcar (Fraises au sucre). Dans cet épisode, les personnages de la série étaient atteints d’un virus qui mettait leur vie en danger, et présentaient justement ces symptômes. L’Institut National Portugais des Urgences Médicales a finalement qualifié la maladie d’hystérie de masse. Plusieurs parents ont manifesté leur inquiétude face à l’influence majeure de cette série sur les enfants et les adolescents qui la regardaient.

Morangos com Açúcar
Morangos com Açúcar

Les hystéries collectives à travers l'histoire

Ce n’est pas un phénomène nouveau. Il existe des douzaines de cas répertoriés à partir de documents historiques décrivant des épidémies d’hystérie de masse. Dans l’Europe médiévale et durant la Renaissance, des épidémies de danses frénétiques se produisaient dans certaines villes. Les victimes dansaient sans pouvoir s’arrêter, certaines allant jusqu’à mourir d’épuisement.

Entre le 15ème et le 19ème siècle, des doctrines religieuses strictes dirigeaient la vie dans les couvents d’Europe. Certaines jeunes filles, contraintes de rejoindre les ordres par la pression des membres de leurs familles, devaient suivre une discipline sévère, enfermées dans un lieu clos avec d’autres nonnes. Les couvents les plus stricts ont vu naître des douzaines d’épidémies de possessions démoniaques.

Quand les religieuses miaulent et jappent

En 1491, dans un couvent français, un groupe de religieuses atteint d’une hystérie de masse, tombaient en état de crise, jappaient comme des chiens et prédisaient l’avenir. En 1560, c’est en Espagne que des nonnes bêlaient comme des moutons, déchiraient leur voile et étaient prises de convulsions dans l’église. Dans un couvent français, des nonnes miaulaient ensemble tous les jours à une certaine heure, et cela durait des heures, au grand désarroi des voisins.

Pendant cette période, on considérait certains animaux comme de potentiels amis de démons, et les gens croyaient que ces animaux avaient la capacité de posséder des êtres humains. En France, les chats étaient méprisés pour cette raison, expliquant peut-être les «religieuses qui miaulaient». 

Un dernier cas hilarant

Il existe des centaines de cas d’épisodes d’hystérie de masse, cet article n’en couvre que quelques-uns. Terminons par un cas des plus intéressants:

L’épidémie de rire du Tanganyika

C’était en 1962, dans ce qui est aujourd’hui la Tanzanie moderne. On ne sait pas ce qui a déclenché cette épidémie d’hystérie de masse, mais on sait que dans un pensionnat, un petit groupe d’étudiants s’est mis à rigoler. Le rire est devenu contagieux, au point où l’école a dû fermer. De retour chez eux, les enfants l’ont donné à leurs familles, et les parents l’ont transmis aux alentours. D’autres écoles et d’autres village ont été touchés. Des milliers de personnes riaient sans contrôle. Les crises de rire frappaient un individu par période, et elle étaient accompagnées de divers autres symptômes: douleurs, évanouissements, problèmes respiratoires, éruptions cutanées et crises de pleurs. Environ dix-huit mois après son apparition, le phénomène s’est éteint. 

Références

  1. Hordé, Pierrick.- Diagnostics incroyables.- Éditions Flammarion, 2013.
  2. Sousa, Alain.- Les syndromes psychogènes : connaissances acquises et études de cas, « Bulletin épidémiologique Hebdomadaire », Numéro thématique, Institut de Veille Sanitaire, avril 2007.
  3. Mass psychogenic illness, Wikipedia
  4. Top 10 Bizarre Cases of Mass Hysteria, ListVerse
  5. Children hospitalised with mass hysteria, ‘mysterious bruises’ and a ‘Mexican demon’: How a video in the Dominican Republic spawned the ‘satanic’ Charlie Charlie game sending teenagers into a panic across the world, Daily Mail
  6. Au secours, mon pénis rétrécit !, Marianne
  7. Bartholomew et Wessely.- Protean nature of mass sociogenic illness.- Publié dans le British Journal of Psychiatry, 2002.

Un lieu peut-il nous rendre fou? Les syndromes du voyageur

Le 2 août 2009, une touriste d’origine russe jette une tasse de thé sur La Joconde. Protégé par une vitre blindée, le tableau n’a pas été endommagé. La jeune femme, « qui ne jouissait pas, selon la préfecture de police de Paris, de toutes ses facultés mentales », a été transférée à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture. La presse a évoqué le syndrome de Stendhal, une affection psychiatrique qui frappe les touristes submergés d’émotion par la beauté des œuvres d’art. Il s’agit d’un des quatre syndromes qui touchent les voyageurs visitant des endroits précis dans le monde.

Le syndrome de Stendhal (ou de Florence)

Ce syndrome est appelé ainsi en référence à l’expérience vécue par l’écrivain français Stendhal lors de son voyage en Italie, à l’étape de Florence, en 1817. Devant la profusion d’art. il a ressenti ce malaise où il était à la fois épris et malade.

J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.
Stendhal
Stendhal
Écrivain Français

Afin de se remettre de son trouble, Stendhal s’assit sur un banc de la place, et lut un poème. Mal lui en pris, puisque la poésie s’additionnait à l’ambiance culturelle des lieux et ses visions empiraient. 

Le syndrome de Stendhal, également appelé « syndrome de Florence », est une maladie psychosomatique déclenchée le plus souvent lors de la visite de l’un des 50 musées de la ville de Florence, berceau de la Renaissance italienne. Le visiteur est subitement saisi par le sens profond que l’artiste a donné à son œuvre, et perçoit l’émotion qui s’en dégage d’une façon exceptionnellement vive qui transcende les images et le sujet de la peinture. Les réactions des victimes subjuguées sont très variables : crise d’hystérie, perte du sentiment d’identité, suffocation et hallucinations. 

Les gardiens de musée, à Florence, sont formés pour intervenir auprès de visiteurs victimes du syndrome, puisque certaines touristes ressentent l’urgence de détruire un tableau. À leurs yeux, le regard d’un autre peut mettre en danger leur propre perception de l’œuvre. En général, les patients se rétablissent en quittant la ville.

Ma propre mère a vécu un épisode de syndrome de Stendhal, et elle a accepté d’écrire un témoignage pour mes lecteurs, ce dont je suis vraiment reconnaissante car il est difficile de trouver une « victime » qui accepte de témoigner:

"Il y a une trentaine d’années, j’étais en voyage, en Europe, avec mon époux et un couple d’amis. Comme dans toutes les villes importantes, nous visitions, cet après-midi-là, un musée célèbre. Je ne me souviens ni du nom du musée, ni du nom de la ville. Mais ce qui est resté imprégné dans ma mémoire, ce sont les moments d’angoisse que j’y ai vécus. Avec les autres, j’admirais les nombreuses peintures exposées, lorsque soudain mon regard fut attiré vers une scène qui, instantanément, me jeta dans une peur terrible. Mon cœur se mit à battre à un rythme effréné, mon front se couvrit de sueurs et une immense détresse m’envahit tout entière. Je n’avais jamais ressenti une telle peur. Qu’est-ce qui m’arrivait? Instantanément, sans réfléchir, je m’enfuis à toutes jambes vers l’extérieur, par la première sortie. Je pris de grandes bouffées d’air, en attendant que les autres me rejoignent et en essayant de chasser de ma mémoire cette scène, qui me terrifiait encore, sans que je comprenne pourquoi. Je me calmai peu à peu, mais sous aucun prétexte, je ne serais retournée dans ce musée."
Danielle Boivin

Le Dr. Marie-Jeanne Guedj, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, a posé une fois ce diagnostic. Il s’agissait d’une lycéenne française partie avec sa classe en voyage scolaire à Florence. « Elle avait peur de ne pas être à la hauteur des oeuvres d’art, se souvient-elle. Elle a déclenché un état d’excitation. Elle était survoltée, incapable de dormir. » A son retour en France, la crise a cessé.

La psychiatre italienne Graziella Magherini, officiant à l’hôpital central de Florence, a observé et décrit plus de 100 cas similaires parmi les touristes. Sa description figure dans un livre éponyme qui classe les cas de manière statistique selon leur provenance et leur sociologie. En résumé :

  • les touristes provenant d’Amérique du Nord et d’Asie n’en sont pas touchés, il ne s’agit pas de leur culture ;
  • les touristes nationaux italiens en sont également immunisés ; ils baignent dans cette atmosphère depuis leur enfance ;
  • parmi les autres, sont plus touchées les personnes vivant seules et ayant eu une éducation classique ou religieuse, indifféremment de leur sexe.

Le Syndrome de PAris

Le syndrome de Paris est un trouble psychologique touchant certaines personnes en visite à Paris, et plus particulièrement les touristes japonais. Il est le résultat d'un choc culturel, l'individu découvrant que le Paris réel n'est pas du tout le Paris idéalisé auquel il s'était attendu, comme par exemple le Montparnasse des Années folles ou l'univers d’Amélie Poulain. L'individu se retrouve incapable de concilier ses attentes avec la réalité.

L’image d'un Paris idéalisé est particulièrement populaire au Japon, ce qui explique probablement pourquoi un plus grand nombre de Japonais sont victimes du syndrome. 

Le syndrome se manifeste par des états de désillusion aigus, des hallucinations, des idées de persécution, une forte anxiété et des manifestations psychosomatiques comme la tachycardie, les vertiges et les vomissements.

"J'ai rencontré plusieurs patients dans ce cas, témoigne le docteur Marie-Jeanne Guedj, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne à Paris. C'est un syndrome qui met du temps à s'installer. Les gens s'isolent, s'enferment dans leur chambre d'hôtel ou dans leur appartement."

Source de l’image: Reddit

Le Syndrome de Jérusalem

Un touriste nord-américain âgé d’une quarantaine d’années, est convaincu qu’il est Samson et qu’il a une mission à accomplir. En parvenant au Mur des Lamentations, il essaie de déplacer une des pierres car, selon lui, le mur n’est pas à la bonne place. Ses actions déclenchent un émoi épouvantable, nécessitant l’intervention de la police, et il est placé à l’hôpital psychiatrique de Kfar Shaul.

Une enseignante irlandaise se rend à l’hôpital de Jérusalem pour son accouchement. Elle proclame qu’elle est sur le point de donner naissance au bébé Jésus, mais en fait, elle n’est même pas enceinte. De son côté, un touriste autrichien se met en colère contre le personnel de cuisine de l’hôtel où il réside, lorsque ceux-ci refusent de lui préparer le repas de la Dernière Cène.

Chaque année, une quarantaine de personnes environ sont hospitalisées à l’hôpital de Kfar Shaul, victimes du syndrome de Jérusalem. Ce syndrome touche les touristes et se rapporte au sens religieux. Les individus s’identifient fortement à des personnages de l’Ancien ou du Nouveau Testament, ou sont convaincus qu’ils sont eux-mêmes un de ces personnages. Leur conviction atteint des dimensions psychotiques.

Les principaux symptômes sont les suivants :

  • Anxiété, inquiétude, et agitation,
  • Le désir de se détacher du groupe ou de la famille et de visiter Jérusalem seul,
  • Le besoin d’être propre et pur : obsession avec prise de bains et douches; taille compulsive des ongles de mains et de pieds,
  • La préparation, souvent à l’aide des draps de lit d’hôtel, d’une robe ressemblant à une toge, descendant jusqu’à la cheville et qui est toujours blanche,
  • Le besoin de crier, de hurler ou de chanter à haute voix des psaumes, des versets de la Bible, des hymnes religieux ou du Gospel,
  • Une procession ou une marche vers un des Lieux saints de Jérusalem,
  • La déclamation d’un ‘sermon’ dans un Lieu saint. Le sermon est d’habitude très confus et fondé sur un appel peu réaliste à l’humanité d’adopter un mode de vie plus sain, moral et simple.

Le docteur Yair Bar El attribue ces crises à la déception. Des pèlerins rêvent pendant des années à cette visite en Terre Sainte, mais la grande richesse archéologique de Jérusalem reflète surtout les périodes turque, croisée et byzantine sans aucune trace de l’ère pré-chrétienne et la plupart des sanctuaires chrétiens ont été soumis à la destruction ou à la transformation au cours de leur histoire mouvementée. Comme la réalité n’est pas à la hauteur de leurs fantasmes, les pèlerins deviennent frustrés et se réfugient dans le délire.

Composition confessionnelle des victimes de ce syndrome :
– 66 % de confession juive,
– 33 % de chrétiens (pour la plupart protestants)
– 1 % sans religion

Le Syndrome de l'Inde

Lors d’un périple de dix jours en Inde avec une association humanitaire, une jeune fille se met à courir dans les rues pour embrasser les vaches sacrées. Une autre touriste, elle, passe près de se noyer en voulant rejoindre à la nage ses parents en France.

Le syndrome de l’Inde frappe les Occidentaux. Dans ce pays mythique, le choc culturel est tel que certains perdent pied. Régis Airault, psychiatre, a été en poste au consulat de Bombay pendant quelques années. Il explique que dans ce pays, les repères des occidentaux n’ont plus cours. La foule, le bruit, les odeurs, la pauvreté, les excès du climat (mousson, chaleur…), l’omniprésence de la mort et du mysticisme provoquent, dans le meilleur des cas, une folle envie de fuir, mais peuvent également engendrer un délire paranoïaque de persécution, un vacillement de la personnalité, ou un sentiment océanique. (l’impression de se ressentir en unité avec l’univers)

Normalement, ces symptômes cessent lorsque les personnes touchées rentrent chez elles.

Références

  1. Syndrome de Stendhal, Wikipedia
  2. Syndrome du voyageur, Wikipedia
  3. Syndrome de Paris, Wikipedia
  4. Ces syndromes qui frappent les touristes étrangers, Le Monde
  5. Stendhal.- Rome, Naples et Florence, éditions Delaunay, Paris – 1826, tome II, p. 102
  6. Airault, Régis.- Fous de l’Inde (Payot, 2000, 226 p.)
  7. Le syndrome de Jérusalem, villemagne.net
  8. Paris Syndrome, Wikipedia
  9. Jerusalem Syndrome: the madness that grips foreigners on the streets of the holy city, The Telegraph

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