Le joueur de tambour accusé de sorcellerie: était-ce un cas de poltergeist?

1661, Tedworth (Royaume-Uni)

Un jour que M. John Mompesson rentrait chez lui d’un séjour dans la capitale, il apprit qu’un soir pendant son absence, sa femme et ses enfants avaient été effrayés par de lourds coups portés à la porte d’entrée, accompagnés de voix fortes qui demandaient à entrer. Comme la demeure était située dans un endroit isolé, la famille n’avait pas répondu aux demandes.

Furieux, M. Mompesson jura d’attraper les scélérats. Le soir même, le manège recommença. Muni d’une lanterne et d’un pistolet, l’homme ouvrit la porte d’entrée pour faire face aux malfaiteurs, mais il fut surpris de n’y trouver personne. Peu après, les coups recommencèrent, mais à une deuxième porte cette fois. Mompesson se dépêcha de l’ouvrir, pour faire face au même résultat. S’avançant dans la nuit, l’homme cru entendre un son étrange, qui semblait surnaturel. La peur le saisit. Plus tard, alors qu’il était retourné au lit, il entendit un bruit retentissant, comme frappé sur le toit de la demeure. 

Le tambour

Il se rappela alors qu’il avait rangé le tambour d’un étranger dans son grenier. 

Environ un mois auparavant, William Drury, un vétéran de la guerre civile anglaise qui avait servi pendant la guerre comme joueur de tambour, s’était présenté dans la ville de Tedworth (aujourd’hui appelée Tidworth) pour demander la charité. L’homme était sans le sou, et il voyageait d’un hameau à l’autre, demandant la charité au rythme de son tambour, la seule possession qui lui restait. Seulement, M. Mompesson, agent d’accise de la ville, jugea que Drury troublait la paix avec son instrument, et il donna l’ordre que le pauvre homme soit jeté hors de la ville, et que son tambour soit saisi. 

Mompesson n’avait plus repensé à cette anecdote. Jusqu’à maintenant. Jusqu’au grand coup porté sur le toit de sa maison. Et si Drury était mort? Et s’il était revenu pour se venger de Mompesson, et réclamer son tambour?

Les bruits recommencèrent, et cette fois, ils furent accompagnés de battements de tambour. Comme pour agacer Mompesson. Ou pire, pour confirmer ses craintes.

joueur de tambour

Encore plus de phénomènes insolites

Dans les jours qui suivirent, d’autres phénomène insolites s’ajoutèrent au vacarme. Des chaises valsaient toutes seules dans les airs. Des lumières flottaient ici et là. La mère de M. Mompesson, qui habitait avec eux, trouva dans son lit un couteau placé en position verticale. Une bible trouva moyen de se faufiler par elle-même dans les cendres de la cheminée. L’apparition d’un grand homme avec deux yeux rouges brillants effraya un des employés.

Mais la hantise s’attaquait surtout aux enfants Mompesson, dont la plus âgée avait 10 ans. Les couvertures étaient arrachées de leur lit en pleine nuit et jetées par terre. Des bruits de griffure semblaient provenir de sous leur lit. 

Il arriva à quelques reprises que les enfants s’élevaient dans les airs et lévitaient, si bien que six hommes n’arrivaient pas à les faire redescendre. Puis, ils retombaient, se fracassant parfois contre un objet.

Afin de soulager ses enfants, leur père envoya les plus jeunes loger chez un voisin, et il fit dormir la plus âgée dans sa chambre à lui. Mais dès que les jeunes Mompesson furent intallée chez eux, la maison des voisins devint elle aussi le siège d’activités surnaturelles. Et la chambre de John Mompesson, habituellement calme, devint troublée par les phénomènes dès que son aînée y dormait.

Un prêtre tenta d’exorciser les lieux mais sans succès. Durant le rituel, les meubles de la pièce se mirent à danser et même à frapper l’homme d’église. 

Le procès

Malgré les dizaines de curieux qui affluaient chaque jour à la maison des Mompesson pour être témoins du phénomène, l’agent Mompesson fut accusé de tromperies.

Après plusieurs mois de troubles et d’enfer, il vint à l’esprit de Mompesson que William Drury était peut-être encore vivant. Et si l’origine des phénomènes était de la sorcellerie plutôt que de la hantise? Ayant discuté de son idée avec les curieux qui visitaient sa maison cette journée-là, un des visiteurs eut l’idée de demander tout haut une réponse: « Satan, si c’est le joueur de tambour qui t’ordonne de t’exécuter, frappe trois fois, pas un coup de plus. » Après quoi, trois coups bien distincts furent entendus. Cinq coups furent alors demandés, question de vérifier que ce n’était pas une méprise, et cinq coups nets furent reçus. John Mompesson en conclut que le joueur de tambour était encore bien vivant. Et qu’il s’amusait à lui faire vivre l’enfer par l’entremise de la sorcellerie.

William Drury fut traqué et mené devant les tribunaux. Il subit un procès, durant lequel les événements insolites qui se produisaient depuis des mois chez M. Mompesson furent décrits en détails. Malgré tout, le jury trouva Drury innocent, citant le manque de preuves. Toutefois, l’homme fut trouvé coupable d’avoir volé un cochon à Gloucester, et il fut déporté vers la Virginie. 

Les phénomènes surnaturels dans la maison des Mompesson cessèrent aussitôt. 

Hypothèses

À votre avis, était-ce bien un cas de sorcellerie?

Beaucoup d’éléments de cette histoire se retrouvent également dans plusieurs cas modernes de poltergeist:

  • Présence d’enfants pré-pubères particulièrement visés par les phénomènes mystérieux, phénomènes qui les suivaient même dans leurs déplacements,
  • Manifestations physiques comme des coups et des mouvements d’objets,
  • Phénomènes qui réagissent aux demandes et mêmes aux pensées des personnes présentes  

Plusieurs sceptiques affirment que les événements étranges survenus chez les Mompesson relevaient plutôt du canular. Ils accusent tour à tour les employés de la maison, les enfants Mompesson ou une bande de Gitans d’être responsables de la tromperie.

Référence

  • H. Addington Bruce.- Historic Ghosts and Ghost Hunters.- New York: Moffat, Yard & Company, 1908.

Hantise chez la famille Bell: Sorcière ou Poltergeist?

Image extraite du film An American Haunting

Partie 1: L'histoire

Début des manifestations

C’était en 1817, au Tennesse, dans une zone rurale des États-Unis. Une famille de fermiers, les Bell, remarqua un jour des sons bizarres qui se faisaient entendre dans leur maison, comme des grattements et des mâchouillements. Embêtés, ils fouillèrent partout, mais ne trouvèrent pas d’animal à l’origine des bruits. Les sons étranges s’intensifièrent les jours suivants, des coups se faisaient entendre, et les enfants se plaignaient que les bruits les dérangeaient quand ils essayaient de dormir. Était-ce la faute de ce drôle d’animal que John Bell, le père de famille, avait aperçu quelques jours auparavant dans les champs? On aurait dit un chien avec une tête de lapin.

Ou encore, était-ce provoqué par une sorcière? Car en plus des coups et des grattements, les manifestations devenaient physiques, les enfants se faisant gifler par une main invisible et les couvertures s’arrachant toutes seules des lits pour voler à l’autre bout de la pièce. Parfois, lorsqu’ils rentraient du champs où ils avaient travaillé, les membres de la famille recevaient une pluie de pierres.

maison Bell
Maison de la famille Bell

Membres de la famille Bell

La famille Bell se composait de 10 personnes, soit le père, John, sa femme Lucy et leurs 8 enfants: Jesse, John Junior, Drewry, Esther, Zadok, Elizabeth (Betsy), Richard et Joel. 

Celle qui recevait les pires traitements de la part des phénomènes mystérieux était la jeune Betsy, âgée de 12 ans à l’époque. Elle recevait des gifles tellement violentes qu’elle restait parfois avec une empreinte de main sur le visage. La hantise s’amusait aussi à lui tirer les cheveux et à la piquer avec des épingles.

betsy bell
Betsy Bell

La voix

Les enfants Bell tentaient parfois de communiques avec l’entité en lui demandant de répondre par des coups. Les questions posées était du genre « Combien y a-t-il de chevaux dans l’écurie? », ou alors « Combien de gens sont présents dans la pièce? ».  Les coups frappés donnaient la bonne réponse.

Après quelques semaines de ce manège, une voix se fit entendre. D’abord, un murmure. Puis, une voix de femme qui chantait doucement. Au fil des jours, la voix gagna en force et il devint possible de distinguer ce qu’elle disait. Il n’était plus nécessaire de lui demander de répondre par des coups, puisque l’entité participait maintenant aux conversations de la famille avec sa propre voix, qui était devenue familière et reconnaissable. 

Autant la voix pouvait se montrer pieuse et citer les saintes écritures ou chanter des hymnes, autant elle pouvait jurer, insulter et se répandre en haine envers John Bell. La voix suivait la famille à l’église et participait aux prières en s’exclamant « Seigneur Jésus! ». Si des paroissiens désaprouvaient sa présence, elle les pinçait. Il lui est même arrivé de répéter mot à mot deux sermons qui étaient prononcés au même moment à deux endroit différents, à treize miles de distance. 

Lorsqu’il était demandé à la voix qui elle était et ce qu’elle voulait, elle donnait toutes sortes de réponses contradictoires, affirmant par exemple être une sorcière, ou encore le fantôme d’un améridien dont le repos avait été dérangé, et se moquait ensuite de ceux qui l’avaient cru.

maison de la famille bell
Maison de la famille Bell

Visiteurs chez les Bell

John Bell n’aimait pas que les autres viennent se mêler de ses affaires, aussi avait-il demandé à sa famille de ne pas parler de ce qui leur arrivait. Mais comme les manifestations s’amplifiaient et que les Bell ne trouvaient pas de solution, ils décidèrent de se confier à leurs voisins, les Johnston, afin d’avoir leur avis. 

Les Johnston vinrent passer une nuit à la ferme des Bell afin d’observer d’eux-mêmes les phénomènes. Ils furent troublés pendant leur sommeil par des gifles infligées par une main invisible, et les couvertures tirées de leur lit. Voyant l’ampleur du problème, James Johnston réussit à convaincre John Bell qu’il devait demander de l’aide. Ainsi, John contacta des savants de l’époque, et nombreux furent les gens, savants ou curieux, qui rendirent visitent aux Bell. C’est pourquoi il existe des comptes-rendus de témoins, des affidavits et des manuscrits écrits par des gens ayant eux-mêmes expérimenté les manifestations étranges chez la famille Bell.

Le consensus général qui découlait de ces observations était que les manifestations devaient être provoquées par une sorcière. Les gens soupçonnaient Kate Batts, une des voisines des Bell, qui se serait plaint d’avoir été escroquée par John Bell lors de la vente d’un lopin de terre.

Un événement particulier, qui a suscité un grand intérêt, était en lien avec la famille de John Bell, qui s'était établi en 1804 près de ce qui est aujourd'hui Adams Station. L'enthousiasme était si grand que les gens venaient de partout autour, parcourant des centaines de miles afin d'être témoins des manifestations de ce qui était communément appelé "la Sorcière des Bell". Cette sorcière aurait été une sorte d'entité spirituelle ayant la voix et les attributs d'une femme. Elle était invisible, mais elle tenait des conversations, et serrait même la main de certains individus. Les phénomènes qu'elle produisait étaient extraordinaires, et semblaient avoir pour but d'embêter la famille. Elle ôtait le sucre des bols, renversait le lait, tirait les couvertures des lits, giflait et pinçait les enfants, et ensuite riait de la déconfiture de ses victimes. Au début, on a cru que c'était un bon esprit, mais ses actions subséquentes, jumelées aux malédictions qui accompagnaient ses remarques, ont prouvé le contraire.
- Extrait de "History of Tennessee"
Albert Virgil Goodpasture
Albert Virgil Goodpasture
Historien

Prétendants de Betsy Bell

Le temps passait et Betsy s’épanouissait en une belle jeune femme. Elle avait maintenant 15 ans et deux hommes s’intéressaient à elle. 

Il y avait d’abord Joshua Gardner, un jeune homme du coin, qui avait le même âge que Betsy. Elle éprouvait pour lui un vif intérêt. Leur liaison se développait et devenait sérieuse, au grand plaisir des deux familles qui approuvaient la relation.

Puis, il y avait un enseignant plus âgé que Betsy, Richard Powell, qui venait souvent lui rendre visite. John Bell ne l’aimait pas. Il n’avait aucune confiance en cet homme, et il laissait clairement entendre qu’il désapprouvait l’intérêt de Richard Powell envers sa fille. John avait probablement raison de se méfier, car lors de ses nombreuses visites, Powell n’a pas mentionné une seule fois qu’il était déjà marié, et que son épouse était restée à Nashville.

Vint le jour où Joshua Gardner et Betsy parlèrent de mariage. Leurs fiançailles furent célébrés, et les deux tourtereaux auraient dû être au comble du bonheur, mais ce n’était pas le cas. À chaque fois qu’ils tentaient de passer du temps ensemble, la voix intervenait pour les embêter. Que ce soit dans le champs, près de la rivière ou dans la grotte qui se situait sur la terre des Bell, la « sorcière » les suivait et les narguait sans relâche. La situation devenait compliquée.

La mort de John Bell

Vouant une haine particulière envers John Bell, la voix a souvent souhaité sa mort, jurant de le tuer un jour. 

Le 20 décembre 1820, John glissa dans un coma et mourut le lendemain. Dans le placard, à l’endroit où aurait dû se trouver le médicament de John, une fiole contenant un liquide de couleur foncée fut découverte. John Junior en donna au chat, qui mourut instantanément. Toute joyeuse, la voix clama alors que la veille, elle avait donné à John Bell une bonne dose de ce poison.

Lors des funérailles, la voix était encore présente, riant et chantant.

mort de john bell
Mort de John Bell

Mariage de Betsy Bell et fin des manifestations

Suite au décès de John, la voix et les manifestations physiques se firent moins intense, et se concentrèrent surtout autour de la relation entre Betsy et Joshua Gardner. Au printemps 1821, las des manifestations de la « sorcière » qui ne leur laissait aucun répit, Betsy et Joshua rompirent leurs fiançailles. Betsy accepta alors les avances de Richard Powell. Et cette fois, la voix se tint calme. Elle n’intervint pas dans cette relation. La voix prédit à Lucy, la mère de famille, qu’elle partait maintenant pour de bon et qu’elle ne reviendrait que dans sept ans. Et la hantise cessa.

Et par une étrange coïncidence, l’épouse de Richard Powell décéda justement au printemps 1821. Le mariage entre Betsy et lui fut célébré le 21 mars 1824. 

Et la voix tint parole, puisqu’en 1828, elle revint visiter John Junior pendant environ trois semaines, après quoi elle repartit en promettant de revenir dans 107 ans. Toutefois, aucun descendant de la famille Bell n’a vécu d’expérience paranormale en 1935.

Partie 2: Sorcière ou Poltergeist?

Mais qu’est-ce qui a causé ces manifestations paranormales? Survolons les différentes hypothèses.

Il est intéressant de remarquer que selon l’époque, une hypothèse sera privilégiée plus qu’une autre pour expliquer ce genre d’activités surnaturelles.

Sorcellerie

À l’époque, on croyait que les phénomènes étaient provoqués par une des voisines des Bell, nommée Kate Batts, qui était soupçonnée de sorcellerie. « La Vieille Kate » aurait été en colère contre John Bell suite à une transaction concernant un lopin de terre.

Il est dit que la voix s’identifiait parfois comme étant Kate Batts, mais la voix se donnait aussi d’autres identités, et semblait ainsi vouloir confondre ses auditeurs et se moquer d’eux plutôt que de s’identifier réellement.

Kate Batts n’a jamais avoué avoir fait de sorcellerie, ou avoir tenté de jeter une malédiction sur les Bell. Elle est décédée quelques années après John et Lucy Bell.

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Kate Batts

Sciences occultes

Une autre rumeur circulait, celle que Richard Powell, l’enseignant, pratiquait les sciences occultes. Pourrait-on croire qu’il serait à l’origine de la hantise des Bell, soit par occultisme, ou par supercherie? Après tout, les manifestations avaient débuté en 1817, peu après que Richard eut rencontré Betsy pour la première fois.

Curieusement, les intentions de la voix allaient dans le même sens que celles de Richard. La voix s’attaquait surtout à Betsy et à son père John, qui avait de la méfiance envers l’enseignant. De plus, peu après que Betsy rompit ses fiançailles avec Joshua Gardner, la première épouse de Richard Powell mourut dans des circonstances mystérieuses.

Et la hantise se termina alors que John mourrait, que les fiançailles étaient rompues, et que Richard Powell pouvait maintenant marier la belle Betsy. Tout se passait comme Powell le voulait.

Démons

Si la hantise chez les Bell s’était produite de nos jours, il serait probablement considéré que ces phénomènes sont causés par des activités démoniaques.

La famille Smurl, de la Pennsylvanie aux États-Unis, a été aux prises pendant des années avec des manifestations physiques de hantise. Outre les bruits et les odeurs fétides, les Smurl voyaient leurs meubles bouger, se faisaient physiquement attaquer et des voix troublantes étaient entendues dans toute la maison. Appelés à la rescousse, Ed et Lorraine Warren ont enquêté sur ce cas et en ont déduit que les lieux étaient infestés par quatre esprits, incluant un démon, qui contrôlait les trois autres.

ed et lorraine warren
Ed et Lorraine Warren, célèbre couple d'enquêteurs en paranormal

Psychokinésie spontanée récurrente

Il est fréquent que les manifestations poltergeist (esprits frappeurs) se produisent en présence d’un enfant au seuil de l’adolescence, qui se trouve soumis à un stress émotionnel. Certains chercheurs croient que ces jeunes manifestent leur trouble par une psychokinésie inconsciente. (La psychokinésie est la capacité d’agir sur les objets par la pensée.) Cette explication est la plus populaire pour expliquer les phénomènes poltergeist.

Un cas bien étudié fut celui de Victoria Campbell, une jeune fille de 11 ans qui était troublée suite à un déménagement. Les manifestations de poltergeist que subissait sa famille ne se produisaient qu’en sa présence, et la suivaient même à l’école. 

an american haunting

Dans le cas de la famille Bell, il est assez évident que Betsy Bell est un candidat de choix pour ce rôle. Avec son père, elle est celle qui subissait les attaques les plus violentes et les plus fréquentes de la part de ce qui les hantait.

Dans certains cas, lorsque l'enfant au centre des phénomènes canalise son énergie dans une activité créative, les manifestations poltergeist perdent en force et finissent par s'arrêter. Toutefois, dans le cas des Bell, c'est la mort de John Bell qui semble avoir mis fin aux phénomènes. Peut-on penser que Betsy subissait un stress provoqué par la présence de son père?

Le film "An American Haunting" sorti en 2005, relate l'histoire de la famille Bell et des manifestations étranges dont ils ont été victimes. Dans ce film, il est émis l'hypothèse que John Bell abusait sexuellement de sa fille Betsy.

Fantômes

Près d’une grotte située sur la terre de la famille Bell, existe un tumulus endommagé qui avait été construit par des Mound Builders amérindiens. Certains croient que ce tumulus était aussi un cimetière.

Il est connu que cette grotte était hantée elle aussi par la voix, et lorsque Betsy et Joshua Gardner s’y rendaient pour trouver un peu de calme, loin des phénomènes surnaturels qui se produisaient dans la maison, ils y étaient parfois attaqués par la hantise.

Certains croient que tous ces phénomènes étaient provoqués par un ou plusieurs fantômes provenant du cimetière autochtone.

Il est à noter que de nos jours, des phénomènes de hantise sont encore observés dans cette grotte.

grotte sorcière de bell
Grotte de la Sorcière des Bell - Photo: Tripadvisor

Canular

Comme pour tous les cas paranormaux, il y a des sceptiques qui croient que ce cas-ci est un canular. Ils affirment que ce sont les enfants Bell qui créaient les phénomènes de voix par ventriloquie, et qu’ils se cachaient dans la maison et tapaient des coups pour créer les bruits. 

Toutefois, cette hypothèse ne tient pas compte des témoignages qui ont affirmé avoir entendu les bruits et coups frappés contre les murs de la maison des Bell alors qu’ils étaient à l’intérieur avec toute la famille, et qu’aucun des enfants ne manquait. 

Il faut aussi mentionner que plusieurs livres ont été écrits sur cette hantise, et que si on les prend tous en considération, l’histoire se contredit et certains faits semblent carrément inventés.

Conclusion

Non seulement on ne sait toujours pas ce qui a causé les phénomènes étranges chez les Bell de 1817 à 1821,  mais en plus, cette hantise n’est peut-être pas terminée. La famille Bell semble avoir été laissée tranquille, puisqu’aucune manifestation paranormale n’a été remarquée par ses descendants, mais plusieurs manifestations sont encore vues près de l’ancienne ferme des Bell: apparitions, voix désincarnées, malfonctions des caméras et lumières dansant dans les champs la nuit.

Apparitions de visages dans une maison: Les visages de Bélmez

Dans le village de Bélmez, en Espagne, un étrange phénomène s’est produit le 23 août 1971: Dans une maison bien ordinaire, où habitait la famille de Juan et Maria Pereira, un visage humain s’est dessiné de lui-même sur le plancher de la cuisine…

Les apparitions de visages se multiplient

Quelques jours plus tard, les habitants de la maison détruisirent le plancher pour recouler un nouveau ciment, mais sans succès, puisque le 8 septembre de la même année, un autre dessin de visage apparut au même endroit. Cette fois, il fut découpé et mis sous verre.

Des fouilles ont été effectuées et des ossements furent trouvés sous la maison. Deux des corps, datant du XIIIème siècle, n’avaient pas de tête. Croyant découvrir la cause du problème, on inhuma les corps dans un cimetière catholique pour « apaiser les esprits », et le ciment fut coulé de nouveau.

Mais les apparitions de dessins n’étaient pas finies. Cette fois, des visages, parfois accompagnés de troncs ou de mains, sont apparus à plusieurs endroits de la cuisine, et même dans d’autres pièces de la maison.

Ce phénomène s’est poursuivi durant l’année suivante.

Intrigués par ce phénomène hors de l’ordinaire, une foule de visiteurs affluaient à la petite maison située au 5, Rodriguez Acosta. Certains visiteurs ont affirmé que des visages se sont formés devant leurs yeux.

Les dessins étaient effectivement changeants. Il arrivait que certains visages se dessinent et disparaissent au cours de la même journée. D’autres restaient plus longtemps. On a remarqué qu’ils changeaient parfois d’expression.

Lorsqu’on a essayé de les effacer avec du détergent, les visages restaient, mais l’expression des yeux changeait pour devenir plus triste… Lorsqu’un visage était découpé pour être analysé ailleurs, le même visage réapparaissait dans la maison et s’effaçait lorsque le premier revenait sur les lieux.

Apparition de visages à Bélmez
Évolution de l'un des "visages" qui change avec le temps

Expertises

Les autorités ont tout de suite cru au canular, surtout que le fils des Pereira était un artiste. Mais les enquêtes qui suivirent ne purent en rien prouver une quelconque supercherie.

Plusieurs experts sont venus sur les lieux pour pousser l’enquête. Parmi eux, mentionnons le Professeur German de Argumosa et le Professeur Hans Bender. À des fins d’analyse, le sol de la cuisine fut scellée pendant trois mois, et au bout de ce laps de temps, les visages avaient changés, et s’étaient déplacés, sans que les sceaux ne furent brisés.

Tous les tests possibles ont été effectués sur les visages. Des spécialistes de plusieurs universités européennes ont tenté de trouver des matières chimiques (peinture, teinture, nitrates, chlorides, sel d’argent, etc.), mais sans résultat. Il y eut aussi des tests de radioacitivité, de rayons-x, de détection de matières organiques qui furent effectués. On a pris des photographies à l’ultra-violet et à l’infra-rouge. Aucun de ces tests ne put prouver une quelconque supercherie.

Il fut observé aussi que le sol de la maison contenait un taux d’humidité très élevé, supérieur à 80% dans des conditions climatiques normales. Cette humidité provenait d’un ruisseau souterrain qui passait juste sous la maison.

Phénomènes de voix électriques - EVP

Les enquêteurs ont finalement pensé à installer des micros dans les pièces et contre toute attente, ces appareils ont détecté des sons inaudible pour l’oreille humaine: des voix d’hommes, de femmes ou d’enfants, des gémissements douloureux, des pleurs. Parmi les nombreuses phrases qui furent reconnues, notons celles-ci:

– Angela (une ancêtre de Maria Pereira s’appelait Angela)
– Elle part avec tous les hommes
– L’enfer commence ici
– Je continue, enterré
– Maria, je veux partir
– Ils sont tous là.
– Ils sont tous morts.
– Le tuer
– Mamaaaaaaaaaaaan!
– On souffre

Les voix prenaient même part aux conversations qui avaient lieu dans la pièce, même si elles n’étaient pas entendues sur le coup. Par exemple, lorsque l’enquêteur Pedro Fernández a interviewé Isabel, la nièce du couple Pereira, Isabel a affirmé qu’elle croyait que les visages apparaissaient parce que les âmes sans repos des morts cherchaient quelque chose de spécial. Sur l’enregistrement, on entend une voix répondre à cela: « Justice ».

Sur un autre enregistrement, l’enquêteur Pedro Amoros suggère à Maria Pereira de s’adresser tout haut aux forces responsables des apparitions de visages dans sa maison. Maria s’exécute et demande: « Pourquoi avez-vous choisi ma maison? », et sur l’enregistrement, on peut entendre la réponse: « C’est un abus ».

Les enquêteurs se sont demandé si leur propre subconscient pouvait être à l’origine des voix qui étaient entendues sur les enregistrements. Ils ont tenté une expérience: chacun devait répéter mentalement une phrase dépourvue de sens, soit: « Je veux aller sur Vénus ». Le résultat fut des plus surprenants. Les voix enregistrées ont dit: « Nous devons aller sur Vénus ».

Les détracteurs ont affirmé que toutes ces voix venaient de l’extérieur de la maison.

Autres événements paranormaux

La maison a été habitée par la même famille pendant plusieurs générations. C’est ainsi qu’en l’an 1858, alors que les grands-parents maternels de Juan Pereira habitaient l’endroit avec leur fille de 9 ans, des cris et des pleurs furent entendus. Ils provenaient du grenier. Aucune explication logique ne fut trouvée pour expliquer ces bruits.

Dans la maison voisine, située au 3, rue Rodriguez Acosta, des voix, des bruits et des murmures ont été entendus au fil des années. On a aussi noté des événements poltergheist comme des cadres tombés ou des meubles qui changeaient de place. Il y eut une époque où ces déplacements de meubles causaient de sérieux problèmes aux occupants car les objets déplacés venaient bloquer la porte qui donnait accès sur la rue.

Finalement, le Professeur Hans Bender a mentionné que lorsqu’il était dans la maison des Pereira pour enquêter, il lui est arrivé de sentir que quelqu’un le touchait à la nuque.

Aujourd'hui...

Il parait que certains dessins sont encore visibles aujourd’hui, et la maison est toujours visitée par des curieux. Maria Pereira est morte en février 2004.

Hypothèses

L'hypothèse de l'illusion d'optique

Selon cette hypothèse, des motifs aléatoires apparaissent naturellement sur les sols en ciment dans les conditions environnementales données (humidité, etc.). Ces taches sont perçues comme des visages par une illusion d’optique nommée paréidolie, un phénomène qui consiste à identifier une forme familière dans des motifs.

L'hypothèse des esprits troublés

Ce n’est pas pour rien que des ossements avaient été retrouvés sous la maison: en effet, le terrain sur lequel étaient construites la maison des Pereira et la demeure voisine (celle où ont lieu les autres manifestations de type poltergeist), a été un lieu de sépulture pendant des siècles. On sait qu’il a abrité un cimetière romain, plus tard un cimetière musulman, et enfin un cimetière chrétien. Ce dernier était beaucoup plus grand que le terrain des deux maisons, et il existe toujours.

Des rénovations majeures dans le cimetière et dans l’église adjacente, qui avaient même dû inclure l’exhumation et la relocalisation de certaines tombes, ont étrangement coïncidé avec l’apparition des touts premiers visages. Ce qui fait dire à plusieurs que les âmes de ceux qui furent enterrés en ces lieux, dérangées par ces déménagements, ou n’ayant pas trouvé le repos, se manifestent de cette façon.

L'hypothèse du miracle religieux

Cette théorie a été favorisée par la population locale au cours des premiers mois, mais n’a jamais été officiellement soutenue par l’église.

L'hypothèse de la télékinésie

L’hypothèse retenue par la plupart des chercheurs est celle de la télékinésie.
La télékinésie, ou psychokinésie, est la faculté de déplacer ou influencer des objets à distance, par la pensée. Elle peut se produire de façon inconsciente.

Dans le cas des visages de Bélmez, les enquêteurs notent que la combinaison de trois éléments particuliers permettent probablement le phénomène :
– un taux élevé d’humidité,
– le plancher de ciment,
– et un humain capable de télékinésie. On suppose qu’il s’agit de Maria Pereira, qui habitait la maison. Certains disent même que les visages changeaient selon l’humeur de la femme.

Depuis la mort de Maria Pereira, les visages ont continué à évoluer, certains se formant sur le sol de la maison voisine.

L'hypothèse du canular

Beaucoup de détracteurs ont affirmé haut et fort que cette histoire était un canular. Pourtant, il s’agit d’un cas étrange bien étudié, et aucune trace d’intervention volontaire (comme une pigmentation montrant que les dessins aient pu être faits à la main, par exemple) n’a pu être trouvée.

Les sceptiques disent souvent que le but de la famille Pereira était de faire de l’argent en percevant des droits d’entrée pour la visite des lieux. En vérité, certains visiteurs laissaient des pourboires, mais l’entrée fut toujours gratuite, et il était connu que les Pereira étaient des gens très hospitaliers, qui traitaient bien ceux qui allaient contempler les visages. On rapportait aussi que la vente de photographies à la presse rapportait une bonne somme d’argent, mais il fut prouvé qu’un photographe en particulier recevait ces bénéfices, et qu’il n’a jamais partagé ses gains avec la famille de Maria. Ceux qui la connaissent bien répliquent que Maria a mené une vie modeste et est décédée dans une pauvreté relative, et que la seule chose qu’elle ait vraiment obtenue avec cette histoire, c’est qu’une nouvelle cuisine lui soit construite, adjacente à la maison. Dans laquelle, évidemment, de nouveaux visages sont apparus…