L’incident ufologique de Varginha, au Brésil

En 1996, des observations d’OVNI, des rencontres avec des créatures étranges et des opérations militaires inhabituelles
s’accumulent dans la ville de Varginha, et forment un des dossiers les plus célèbres de l’ufologie brésilienne. 

varginha

Varginha est une ville industrielle du Brésil d’environ 100 000 habitants, située à 330 km au Nord-Est de Rio de Janeiro. Dans la nuit du 12 au 13 janvier 1996, la ville dormait paisiblement, sans se douter que dans quelques heures, une série d’événements insolites allait se déclencher et troubler les habitants.  

Partie 1: Les OVNIs

OVNIs détectés par radar

13 janvier, au matin
Cette histoire a commencé au moment où NORAD a remarqué un ou plusieurs objets non identifiés volant en direction de l’espace aérien américain. Une fois qu’ils eurent quitté le ciel des États-Unis, ils se sont dirigés vers le Brésil. NORAD a immédiatement contacté les autorités brésiliennes. Plusieurs jets ont reçu l’ordre d’intercepter les objets aériens. Les radars brésiliens ont confirmé l’existence d’un ou plusieurs engins non identifiés se dirigeant vers la province de Minas Gerias, plus précisément dans le secteur de la ville de Varginha. 

Selon l’ufologue Claudeir Covo, un officier de l’armée lui aurait confié que « environ 40 objets non identifiés ont été enregistrés sur les radars brésiliens en janvier 1996. »

Un crash d'OVNI

13 janvier, au matin
Carlos de Souza, un homme d’affaire et pilote d’ultraléger, roulait sur l’autoroute lorsqu’il a vu un engin en forme de cigare voler à environ 120 mètres au-dessus de l’autoroute, faisant un bruit étrange. L’engin avait des fenêtres sur le côté, et semblait avoir un gros trou irrégulier sur le devant. Une lézarde courait depuis ce trou jusqu’au centre de l’engin, et une fumée en sortait. L’OVNI volait plutôt lentement, en direction du Nord, et s’est finalement écrasé quelque part entre Varginha et la ville voisine, Três Corações.

De Souza essaya de trouver le site du crash, conduisant avec son camion sur des chemins de terre. Après environ 20 minutes de recherche, il trouva un grand secteur sur lequel s’étalaient des débris, et il fut surpris de constater que l’armée et la police militaire étaient déjà sur les lieux, entourant le site du crash avec un hélicoptère, une ambulance, deux camions, plusieurs voitures et environ 40 soldats armés. Les débris semblaient être des pièces de métal gris. De Souza n’a pas vu de victimes. Un des soldats lui a demandé de quitté le lieu et de ne pas parler de ce qu’il venait de voir. 

Il est clair que de Souza a désobéi a la consigne de silence, puisque son témoignage se retrouve dans plusieurs livres et magazines, et ce, dans plusieurs pays. Plus tard, il recevra des menaces de la part d’étrangers dans le stationnement d’un restaurant.

OVNI près d'une ferme

20 janvier, dans la nuit
Vers 1 heure du matin, dans une ferme juxtaposée à l’autoroute, Oralina de Freitas et son époux Eurico entendirent un tapage à l’extérieur. Jetant un coup d’oeil par la fenêtre, Oralina constata qu’il s’agissait du bétail qui s’affolait, courant et paniquant. C’est alors qu’elle remarqua un engin passer dans le ciel. « C’était un gros objet gris qui émettait de la fumée. Il n’avait pas de lumière et ne faisait aucun bruit. »

Elle appela son mari et tous les deux regardèrent passer l’objet pendant environ 40 minutes. « L’engin était très bas, et se rapprochait de plus en plus du sol, a expliqué Eurico. C’était de la grosseur d’un autobus, avec des choses qui bougeaient. Il recouvrait tout de fumée, une fumée claire. »

Eurico et Oralina montrant où ils ont vu l'objet volant

S'agit-il du même OVNI?

Il y a des ressemblances évidentes entre l’engin aperçu par de Souza au-dessus de l’autoroute, et celui observé par Oralina et Eurico, au point où on peut se demander s’il s’agit du même OVNI. Toutefois, les dates diffèrent. De Souza a fait son observation le samedi 13 février, alors que le couple a vu un OVNI le samedi suivant, le 20 janvier.

Certains chercheurs croient qu’un des témoins s’est trompé de date, et que les deux événement n’en forment qu’un seul, qui se serait produit tôt le matin du même samedi. Interrogés à ce sujet, les trois témoins restent fermes quant à la date donnée, et quant aux détails de leur témoignage.

Il semblerait donc qu’il y ait eu deux crash d’objets non identifiés près de Varginha en janvier 1996.

Encore plus d'OVNIs

Entre le 24 janvier et le 21 avril
Dans les mois qui suivirent, plusieurs autres observations d’OVNIS furent enregistrées à Varginha, à Passos, à Três Corações et dans d’autres villes du sud du Minas Gerais.

Mai 1997
Au printemps de l’année suivante, des OVNIs étaient observés tous les soirs peu après le coucher du soleil, au-dessus de Ribeiro Branco, une petite ville située à 350km de Sao Paulo. 

Partie 2: Les créatures non identifiées

Dans la journée du 20 janvier 1996, plusieurs témoins ont vu des créatures qu’ils décrivent tous à peu près de la même façon. Elles faisaient environ 1 m de hauteur. Elles avaient des yeux rouges et une peau huileuse et brunâtre. Elles avaient trois protubérances sur le front, et à l’endroit où il y aurait normalement dû y avoir une bouche, il n’y avait qu’un petit trou qui faisait un son étrange semblable au bourdonnement d’un essaim d’abeilles. 

Toutes ces observations ont eu lieu dans la ville de Varginha.

La créature dans les bois

20 janvier, au matin
Entre 8 h et 9 h 30, un groupe de passants a aperçu un « animal » étrange qui se promenait dans une zone boisée située à environ 2 km du centre-ville de Varginha. Puis, une femme a vu trois adolescents lancer des pierres sur la créature pour tenter de susciter une réaction. Elle leur a ordonné d’arrêter, et elle a appelé les secours.

Les pompiers se sont rendus sur les lieux vers 10 heures. Ils ont découvert une créature accroupie qui semblait blessée. Les pompiers l’ayant capturée, un camion de l’armée en provenance de l’Escola de Sargento das Armas (ESA – École Militaire de Sergents) est arrivée pour la prendre en charge. Le siège de l’école est situé dans la ville voisine, Três Corações. La créature a été placée dans une boîte, sous un drap à l’arrière du camion, et conduite au loin.

statue varginha

Le joggeur

20 janvier, dans l’après-midi
Vers 14 heures, un joggeur qui passait près du boisé dans le district Santana de Varginha, a vu sept soldats armés en formation entrer dans les bois. Quelques minutes plus tard, il a entendu trois coups de feu. Peu après, les soldats sont sortis du boisé, deux d’entre eux portant de gros sacs. Un des sacs contenait quelque chose qui bougeait encore. Les deux sacs ont été placés dans le camion de l’ESA, qui est ensuite parti vers une destination inconnue. 

Trois filles rencontrent une créature

20 janvier, dans l’après-midi
Il était environ 15 heures. Kátia Andrade Xavier, 22 ans et les deux soeurs Liliane de Fátima Silva, 16 ans, et Valquíria Aparecida Silva, 14 ans, se rendaient chez elles à pied. Normalement, elles prenaient toujours le même chemin, mais cette fois, elles avaient opté pour un raccourci à travers un terrain vague. 

En passant près d’un mur, Kátia a subitement crié de terreur. Se demandant ce qui avait effrayé leur amie, les deux autres jeunes filles ont tourné leur regard vers le mur et y ont aperçu une créature bizarre. Accroupie contre le mur, la créature tourna la tête vers elles et les regarda. 

« Cette chose était brunâtre, décrit Kátia. Elle n’était pas grande. Elle était accroupie, mais on voyait bien qu’elle était petite. J’avais l’impresion qu’elle était détrempée, avec une peau lisse et des yeux rouges qui nous fixaient. Ce ne pouvait pas être un humain, ni un animal.” 

Valquíria, Liliane et Kátia
Valquíria, Liliane et Kátia

La créature avait une grosse tête, disproportionnée par rapport à son corps, et des pieds en forme de V. Il y avait des marques sur sa peau qui ressemblaient à des veines, et des protubérances sur sa tête. 

“Ses bras étaient très minces, et ses yeux étaient comme deux billes rouges”, a décrit Valquíria.

La créature semblait à la fois désorientée et souffrante. Sa tête oscillait de façon alarmante.

varginha

Après avoir observé la chose pendant quelques secondes, les filles sont partie à la course. Elles se sont retournées une dernière fois et ont vu que la créature était toujours au même endroit. Elles se sont rendues chez elles. La mère de Liliane et de Valquíria était dans une boutique tout près, et elle a accouru pour retrouver ses enfants.

Kátia montrant l'endroit où elle a vu la créature

« Ensuite, j’ai dit: Maman, j’ai vu le diable », expliqua Liliane. « Elle m’a répondu: si le diable t’est apparu, il va apparaître pour moi aussi. » Et la mère des filles entrepris d’aller voir par elle-même. 

Lorsqu’elle rejoint le terrain vague, accompagnée par Kátia, cela faisait à peine 25 minutes que la rencontre avait eu lieu. Mais il n’y avait plus rien à cet endroit, sauf une tache sur le sol, des traces de pas et une forte odeur d’ammoniaque. Un maçon qui travaillait tout près leur a dit que des pompiers étaient venus capturer « cet animal bizarre ».

Le Dr John E. Mack a interrogé personnellement les trois jeunes femmes et il est convaincu de leur sincérité. Il a conclu que toutes les trois souffrent d’un traumatisme suite à cette rencontre. Il a déclaré: “Si je me trompe, je ferais mieux de déchirer mes diplômes.” 

Les trois filles n’ont jamais affirmé que la créature qu’elles avaient vue était un extraterrestre. Sans jamais la définir, elles expliquaient simplement qu’elles ne savaient pas d’où la créature venait. Lors des nombreuses entrevues qu’elles ont données, elles ont toujours dit les mêmes détails de la même façon et n’ont jamais renié l’histoire.

La tempête

20 janvier, fin de l’après-midi
Vers 18 heures, une violente tempête de pluie, accompagnée de grêle, a frappé la ville. 

Différents témoins avaient décrit des traces de pas dans les bois ressemblant à une main humaine ouverte en forme de V. Toutefois, la tempête a effacé ces empreintes.

Capture d'une créature par deux policiers

20 janvier, vers 20 heures
Sur la rue Benevenuto Braz Vieira, la même rue où les trois filles avaient vu une créature accroupie contre un mur, deux policiers militaires voient quelque chose d’étrange passer devant leur voiture de patrouille. Un des policiers, Marco Eli Chereze, est sorti pour capturer la chose, quelle qu’elle soit. Sans gants, et sans équipement de sécurité, il a capturé la créature et l’a mise sur le siège arrière de la voiture. Durant l’altercation, il s’est fait blesser au bras.

Les deux policiers l’ont emmenée dans un centre de soins, mais le personnel a refusé de prendre la créature. Alors, ils l’ont emmenée à l’Hôpital Régional de Varginha. Des témoins affirment qu’une section de l’hôpital a été mise en isolation pour environ deux jours, jusqu’à ce que la créature soit retirée des lieux.

Événements étranges à l'hôpital

20 janvier, en soirée
Un peu après 18 heures, des camions de l’armée se sont présentés à l’Hôpital Régional au centre-ville de Varginha. Comme c’était un samedi soir animé, de nombreuses personnes étaient sur place, et ont été témoins de leur arrivée. Ils ont vu que l’Armée apportait un corps pour l’autopsie. Les témoins ont rapporté que le personnel de l’hôpital leur a fait rapidement savoir qu’ils devaient repartir avec le corps, car « cet hôpital est seulement équipé pour traiter les humains »

Dans les jours suivants
Dans les jours qui ont suivi, la population a remarqué de nombreux véhicules de l’armée, de la police et des pompiers entourant les deux hôpitaux de la ville. Ils racontent qu’une créature a été transférée de l’Hôpital Régional à l’Hôpital Humanitas.

22 janvier
Dans l’avant-midi, un certain nombre de véhicules provenant de l’Université de Sao Paulo, ainsi que deux américains transportant un étrange dispositif, sont entrés à l’Hôpital Humanitas. 

Dans la soirée, une opération militaire apparemment conduite par la « S-2 » (intelligence brésilienne), avait pour but de retirer une créature morte de l’hôpital. Au moins trois camions ont été nécessaires pour l’opération, l’un d’eux servant à transporter le cadavre, alors que les deux autres étaient des leurres. Selon des militaires qui auraient été impliqués dans l’opération, le corps sentait vraiment mauvais. Il a été emmené à l’Université où le Dr Badan Palhares, un spécialiste en autopsie de renommée mondiale, l’aurait examiné. 

Morts insolites au zoo

20 janvier, dans l’après-midi
La biologiste Leila Cabra, qui travaillait au zoo de Varginha à l’époque, se rappelle que le 20 janvier, elle était à la maison avec ses enfants, mais qu’à cause d’un orage violent dans l’après-midi, elle avait décidé de faire un saut au zoo pour voir si les animaux allaient bien. « Quand je suis arrivée là, Nelson, le gardien, m’a dit: Mme Leila, les pompiers sont venus ici avec un animal vraiment étrange, et m’ont dit qu’ils voulaient le donner à vous, et à personne d’autre. » Leila lui a alors répondu: « Nelson, si c’est important, ils vont revenir. »

Mais ils ne sont pas revenus, et le lendemain, toute la ville parlait de créatures provenant d’un autre monde.

Dans les mois suivants
Mais dans les mois qui ont suivi, entre février et avril, cinq animaux du zoo sont morts subitement. “Ils sont simplement décédés, sans qu’il y ait d’explication plausible”, explique Leila. Les animaux appartenaient à des espèces de cerfs, de tapirs et d’ocelots. 

Leila et le vétérinaire du zoo ont fait des autopsies sur les animaux morts et les prélèvements qu’ils ont faits ont été envoyés à un laboratoire à Belo Horizonete pour être étudiés. Une substance toxique et caustique non identifiée a été détectée. Le vétérinaire a ajouté qu’un noircissement de la muqueuse de l’estomac et de l’intestin a été détecté durant les autopsies des animaux. 

« C’était ça le problème. Ils avaient tous les mêmes symptômes à l’autopsie, mais c’était des espèces complètement différentes, avec des diètes différentes, et vivant dans des secteurs différents du zoo. »

En avril 1996, une femme assise à la véranda d’un restaurant au zoo de Varginha, a vu une créature étrange correspondant à la même description que les créatures aperçue à Varginha en janvier, la regarder de derrière une barrière quelques mètres plus loin. La créature s’est ensuite enfuie, sautant par-dessus un mur bas. Les morts étranges parmi les animaux du zoo ont cessé après cette observation

Observations subséquentes de créatures

Quelques jours après le 20 janvier
Le cadavre d’un créature a été trouvé sur une route. Des militaires brésiliens s’y sont rendus avec une hâte inhabituelle et ils ont ramassé le corps. 

En mai
Un étudiant roulait sur l’autoroute près de Varginha lorsqu’il a vu une créature étrange traverser la route devant lui, pour ensuite rebrousser chemin et se cacher dans des buissons le long de la route. Lorsqu’il a partagé son témoignage, il s’est rendu compte que l’endroit où il avait fait cette observation se trouvait tout près de la ferme d’Oralina et Eurico, ceux qui avaient vu un engin volant émettant de la fumée le 20 janvier.

Partie 3: Les démentis officiels

Démentis concernant le policier Marco Chereze

La police a déclaré que Marco Chereze, le policier qui avait capturé une créature sans équipement de sécurité, n’était pas de service cette nuit-là, mais ces informations sont niées par la famille de Marco.

Démentis de l'armée, des hôpitaux et de l'Université

L’Université, ainsi que le Dr Palhares (le spécialiste en autopsie), nient avoir été impliqués dans de tels événements. L’hôpital a aussi nié toute participation, et a expliqué que les nombreux véhicules officiels étaient présents sur place parce que l’exhumation d’un corps humain demandait « beaucoup de légistes et une escorte officielle ».

Les autorités brésiliennes nient aussi l’histoire dans son intégralité. Ils affirment qu’aucune créature n’a été trouvée ou transportée, et que les militaires faisaient des patrouilles de routine. Les militaires de l’école Sargentos das Armas ont nié pendant des mois avoir été présents à Varginha le 20 janvier. Mais ils se sont rétractés en 1997, pour finalement admettre qu’un véhicule militaire était passé par Varginha le 20 janvier afin de se rendre chez un concessionnaire pour une réparation. En chemin, les soldats se seraient arrêtés sur le bord de la route pour aider un couple de nains dont la femme était en train d’accoucher. Selon eux, les témoins ont confondu la femme naine avec une créature extraterrestre.

Mudinho

L’armée affirme que les trois jeunes femmes n’ont pas vu de créature brunâtre ce jour-là dans un terrain vague, mais plutôt un homme handicapé surnommé “Mudinho” qui s’était couvert de boue. 

L’homme en question, dont le nom est Luis Antonio de Paula, a 34 ans. Il est sourd et muet, et il a un retard mental. Toutefois, son corps n’est pas difforme, il a une apparence normale. Il fait 1,70 m, a le teint clair et les yeux noisette. 

Mudinho et sa famille vivent à environ trois pâtés de maison de l’endroit où la créature a été apeçue par les trois jeunes femmes. Les voisins et les gens du quartier le connaissent bien, car Mudinho n’aime pas rester dans la maison toute la journée et passe du temps dehors à observer les gens et les voitures. Parfois, il s’accroupit pour regarder les insectes. Les gens l’aiment bien, et lui offrent parfois du chocolat ou autre gâterie. Ils savent qu’il est inoffensif.  

Mudinho
Mudinho

Parmi ceux qui le voient régulièrement, il y a les trois filles. Elles le croisent souvent, et Kátia lui donne parfois une cigarette. Elles n’ont jamais peur de lui. Autrement dit, si c’était Mudinho qui s’était tenu accroupi contre le mur, même couvert de boue, les filles l’auraient reconnu et n’auraient pas été terrifiées. 

La famille de Paula est offensée que l’armée suppose que les témoins aient confondu Mudinho avec une créature horrible. Ils ajoutent que Mudinho est propre et bien nourri, et qu’il ne se promène jamais couvert de boue.

Tentative de réduire les trois filles au silence

Environ 4 mois après avoir vu la créature, les trois jeunes femmes se sont vues offrir une bonne somme d’argent pour nier toute l’histoire. Dans une entrevue accordée à EPTV Sul de Minas en 2006, elles ont expliqué que le 29 avril, vers 22 heures, cinq hommes se sont présentés chez elles. « Ils voulaient que nous réfutions ce que nous avions vu devant une caméra. Ils allaient nous payer », a expliqué Liliane. Elles n’avait aucune idée qui étaient ces hommes. Elles n’ont pas révélé le montant d’argent qui leur a été offert, mais elles ont expliqué que c’était assez pour quitter le Brésil. « Nous avions peur. Nous avons pensé accepter. »

Les hommes leur ont ensuite fait des pressions au téléphone, et la mère de Liliane et Valquíria a été suivie. Afin d’éviter que ces choses continuent de se produire, elles ont décidé de parler à la télévision de ce qui arrivait, et le harcèlement a cessé.

Partie 4: Les conséquences

Mort d'homme

Le 15 février 1996, Marco Chereze, le policier militaire de 23 ans qui avait attrapé une créature, est mort.  

Peu après avoir capturé la créature, le policier a dû subir une intervention pour qu’on lui retire un petit abcès. Après la chirurgie, il était fiévreux et était pris de douleurs à plusieurs endroits du corps.

Le cardiologue Cesário Lincoln Furtado, un des médecins qui a essayé d’aider Marco, a expliqué que tous les tests possibles avaient été faits, mais qu’aucun diagnostic clair n’avait pu être établi. “Un autre médecin et moi-même lui avons donné les meilleurs antibiotiques que nous avions, mais sa santé ne s’améliorait pas. C’était comme si on lui avait donné de l’eau avec du sucre”, a dit Furtado.

Après quelques jours au centre de soins intensifs, le policier est mort d’une infection généralisée. La cause de l’infection est inconnue.

Marco Eli Chereze
Marco Eli Chereze

Son épouse, Valéria Chereze, a demandé à voir son rapport de décès officiel, mais pendant des mois, les autorités ont refusé. Lorsqu’elle en a finalement eu une copie, certaines pages étaient manquantes. « Marco était en parfaite santé. Il n’attrapait même pas de rhumes », se rappelle-t-elle. « Peu avant sa mort, il devenait nerveux et changeait de sujet à chaque fois que quelqu’un mentionnait le cas des extraterrestres. Et maintenant, ses collègues de travail m’évitent. »

Répercussions sur la vie des trois filles

La vie des trois filles a été transformée suite à leur rencontre avec la créature. Elles ont été harcelées par les médias et par les curieux, elles ont été la cible de constantes moqueries, et on les a accusée d’être des opportunistes. Certains emplois leur ont même été refusés à cause de cette histoire. Liliane raconte qu’elle a dû quitter l’école, et qu’elle ne voulait plus sortir de chez elle. « [Cette histoire] n’a jamais été bonne pour nous”, explique-t-elle.

Kátia, qui était enceinte à l’époque, a souffert d’anxiété durant toute sa grossesse. Des gens lui répétaient fréquemment qu’elle portait l’enfant de la créature, et à force de les entendre, elle s’est mise à y croire, et est tombée en dépression. Elle a aussi divorcé.

Valquíria explique que cette histoire ne leur a apporté que des malheurs, et que sa soeur et elle ne veulent plus en parler.

Les mystérieuses hystéries collectives

Une maladie qui affecte un groupe de façon soudaine;

Les symptomes physiques sont bien réels;

Mais la cause est imaginaire…

La maladie du scarabée

En 1962, une rumeur a commencé à circuler dans une usine de textile américaine. La rumeur disait qu’un insecte piquait les gens dans l’usine et les rendait malades. Rapidement, certains travailleurs ont commencé à ressentir des engourdissements, des nausées, des vertiges et des vomissements. En tout, 62 employés ont développé cette maladie mystérieuse, et certains ont été hospitalisés. 

L’insecte rendait-il les gens malades? Non! Même si certains travailleurs ont pu être piqués par l’insecte, celui-ci ne donnait pas de maladie, et l’anxiété était la cause des symptômes. Des médecins, ainsi que le US Public Health Service Communicable Disease Center, ont conclu qu’il s’agissait d’un cas d’hystérie collective. 

Définition de l'hystérie collective

L’hystérie collective, c’est lorsque des symptômes de maladie se propagent rapidement d’une personne à l’autre, sans qu’il y ait de cause virale, bactérienne, ou toxique. En fait, la seule cause, c’est la suggestion émotionelle. La « maladie » se transmet par contact visuel ou sonore pendant une période limitée.

"Le diagnostic d'hystérie collective ne peut être retenu qu'après avoir éliminé toute autre pathologie pouvant expliquer l'apparition de ces manifestations. La première hypothèse envisagée concerne l'intoxication : vapeurs de peinture, toxines alimentaires. Quand une enquête approfondie permet d'éliminer le rôle de l'environnement, le diagnostic d'hystérie collective peut être alors évoqué."
plague

Pour nous compliquer la vie, les experts ont inventé une panoplie de termes différents pour décrire la même chose… Au fil de vos lectures, vous pourrez donc tomber sur ces différents termes, ils veulent tous dire « hystérie collective »:

  • Hystérie de masse
  • Syndrome psychogène
  • Phénomène psychogénique de masse
  • Psychose collective
  • Réaction de stress collective
  • Hystérie épidémique de masse
  • Maladie sociogénique de masse

Cas déclencheur

Il y a toujours un cas « déclencheur », quelqu’un qui ressent les malaises le premier. Celui-ci va parfois évoquer lui-même un facteur catalyseur: odeur de gaz par exemple. Ensuite, un témoin visuel ou auditif est pris à son tour des mêmes symptômes. Un autre s’en suit, puis un suivant. Les incidents comptent parfois des centaines d’individus atteints.

La paralysie du bras gauche

Février 1907, Londres (Royaume-Uni). Une écolière atteinte d’une paralysie infantile du bras gauche, se fractura le bras droit. Plusieurs semaines après l’événement, elle retourna en classe, et en quelques jours, trois enfants avaient perdu l’usage de leur bras gauche. Une quatrième élève avait tellement mal au bras gauche qu’elle le tenait coincé sur le côté de son corps et refusait de s’en servir.

L'anxiété, un terrain propice à l'hystérie collective

Une forte anxiété ressentie par le groupe est de toute évidence un terrain propice au déclenchement d’un épisode d’hystérie de masse. Cette anxiété peut avoir diverses origines, comme des conflits sur le lieu de travail, la présence d’un facteur environnemental gênant dans le bâtiment, une discipline sévère dans une école, ou une guerre imminente dans le pays. 

Le stress des enfants réfugiés

Depuis le début du 21ème siècle, il arrive communément que des enfants réfugiés en Suède tombent dans une sorte de coma en apprenant que leur famille sera déportée. Cette condition a reçu le nom de « syndrome de résignation » (en Suédois: uppgivenhetssyndrom), et elle n’existerait que parmi la population de réfugiés de ce pays. Les spécialistes déclarent qu’un certain degré de contagion psychologique est inhérent à la maladie, qui se propage alors aux jeunes parents et amis de l’individu affecté, qui se mettent à leur tour à souffrir de la condition.

Caractéristiques courantes de l'hystérie collective

L’hystérie de masse se différencie de toute autre forme d’hallucination collective par la présence de symptômes physiques. C’est une condition qui est encore mal comprise par les experts médicaux. 

Lorsqu’un incident d’hystérie collective se déclenche, on retrouve généralement les caractéristiques suivantes:

  • Symptômes sans cause organique;
  • symptômes temporaires et bénins;
  • apparition rapide des symptômes, et souvent, récupération rapide;
  • se produit dans un groupe clos;
  • présence d’une forte anxiété;
  • les symptômes se propagent par la vue, le son, ou la communication orale;
  • la propagation suit l’échelle d’âge ou de statut, commençant par l’élève le plus vieux par exemple;
  • il y a plus de femmes que d’hommes qui en sont atteintes.

Cette liste de caractéristiques communes est seulement un guide pour repérer un incident, et il est fort possible qu’un cas d’hystérie de masse ne comportent pas tous ces éléments. Par exemple, certaines épidémies n’affectent que les hommes.

La fièvre du pénis de Singapour

Une panique pénienne est une hystérie collective au cours de laquelle des membres masculins d’une population ressentent soudainement la conviction que leurs organes génitaux sont en train de rétrécir ou de disparaître complètement à l’intérieur de leur abdomen. Bien que des incidents surviennent un peu partout dans le monde, ils sont plus fréquents en Asie. Parfois, il en résulte des blessures lorsque les hommes atteint de la panique utilisent des objets comme des adhésifs, des lignes à pêche, des aiguilles, des crochets ou des lacets pour prévenir la disparition de leur pénis.

Une épidémie majeure a eu lieu à Singapour en 1967, affectant des milliers d’hommes. La suggestion émotive, dans ce cas, provenait d’une rumeur selon laquelle le vaccin contre la fièvre porcine ferait disparaître les organes génitaux des hommes.

Caractéristiques des victimes

Qu’est-ce qui fait qu’un individu dans un groupe soit affecté par l’épidémie, et qu’un autre individu ne le soit pas? Les différentes recherches sur le sujet ne cernent aucune caractéristique sociale, psychologique ou physique qui rendraient certaines personnes plus prédisposées à la condition.

"Il semble évident qu'il n'y a pas de prédisposition particulière aux maladies sociogéniques de masse et que c'est une réaction comportementale que tout le monde peut manifester dans les bonnes circonstances."
Bartholomew et Wesseley
Auteurs d'une étude sur l'hystérie de masse publiée dans le Journal Britannique de Psychiatrie

Le vol de l’enfer

Septembre 2018. Lors d’un vol de 14 heures entre Dubaï et New York, des passagers affichent certains symptômes, comme des éternuements et de la toux. Mais les malaises se propagent, et certaines victimes développent de la fièvre et des vomissements. En tout, 106 des 521 passagers sont atteints. Après avoir été avertis de l’épidémie par le pilote, le U.S. Centers for Disease Control and Prevention met l’avion en quarantaine dès qu’il arrive à New York. Les passagers sont évalués un par un, et 11 d’entre eux sont envoyés à l’hôpital. Au final, quelques passagers du «vol de l’enfer» étaient atteints de rhume ou de grippe, et les autres se sont mis à croire qu’ils étaient malades après avoir observé ceux qui les entouraient.

Rechutes

Il arrive qu’un épisode d’hystérie de masse se tempère, pour ensuite faire une rechute. C’est pourquoi certains experts suggèrent de parler le moins possible de l’événement. Par exemple, lors d’un épisode d’hystérie collective survenu dans une usine de Singapour, un homme médecine a été appelé pour procéder à un exorcisme. Il semble que cette performance n’ait fait que prolonger l’épidémie. Une couverture médiatique intense peut aussi empirer l’épisode d’hystérie. 

Les hystéries de Bâle

1892, Groß Tinz (Pologne). La main droite d’une fillette âgée de dix ans a commencé à trembler, et ce tremblement a évolué en crises d’épilepsie. La maladie s’est propagée à 19 autres étudiants. La même année, une épidémie semblable a affecté 20 élèves à Bâle, en Suisse. Douze ans plus tard, soit en 1904, l’école de Bâle a connu une autre épidémie, qui a touché 27 élèves cette fois. La légende locale entourant le premier événement aurait joué un rôle dans le déclenchement de celui de 1904.

Influences culturelles

Les manifestations des symptômes chez les victimes d’hystérie collective sont influencées par la culture et les croyances de l’époque. Durant le Moyen-Âge et la Renaissance, une époque où l’on craignait le diable et la sorcellerie, de nombreux cas d’épidémie de possessions démoniaques avaient lieu dans les couvents d’Europe. Depuis le 20ème siècle, les cas d’hystérie collective présentent souvent des symptomes liés à la peur d’un gaz toxique, d’une odeur malsaine, ou d’une attaque bactériologique, ou encore à la peur d’une contamination de l’eau ou de la nourriture, ce qui reflète les anxiétés modernes.

Des fraises trop sucrées

Mai 2006. Au Portugal, plus de 300 élèves provenant de 14 écoles ont été affectés par une difficulté à respirer, des éruptions cutanées et des vertiges. Certaines écoles ont été forcées à fermer temporairement. L’épidémie a commencé après la diffusion d’un épisode de la populaire série télé pour adolescents Morangos com Açúcar (Fraises au sucre). Dans cet épisode, les personnages de la série étaient atteints d’un virus qui mettait leur vie en danger, et présentaient justement ces symptômes. L’Institut National Portugais des Urgences Médicales a finalement qualifié la maladie d’hystérie de masse. Plusieurs parents ont manifesté leur inquiétude face à l’influence majeure de cette série sur les enfants et les adolescents qui la regardaient.

Morangos com Açúcar
Morangos com Açúcar

Les hystéries collectives à travers l'histoire

Ce n’est pas un phénomène nouveau. Il existe des douzaines de cas répertoriés à partir de documents historiques décrivant des épidémies d’hystérie de masse. Dans l’Europe médiévale et durant la Renaissance, des épidémies de danses frénétiques se produisaient dans certaines villes. Les victimes dansaient sans pouvoir s’arrêter, certaines allant jusqu’à mourir d’épuisement.

Entre le 15ème et le 19ème siècle, des doctrines religieuses strictes dirigeaient la vie dans les couvents d’Europe. Certaines jeunes filles, contraintes de rejoindre les ordres par la pression des membres de leurs familles, devaient suivre une discipline sévère, enfermées dans un lieu clos avec d’autres nonnes. Les couvents les plus stricts ont vu naître des douzaines d’épidémies de possessions démoniaques.

Quand les religieuses miaulent et jappent

En 1491, dans un couvent français, un groupe de religieuses atteint d’une hystérie de masse, tombaient en état de crise, jappaient comme des chiens et prédisaient l’avenir. En 1560, c’est en Espagne que des nonnes bêlaient comme des moutons, déchiraient leur voile et étaient prises de convulsions dans l’église. Dans un couvent français, des nonnes miaulaient ensemble tous les jours à une certaine heure, et cela durait des heures, au grand désarroi des voisins.

Pendant cette période, on considérait certains animaux comme de potentiels amis de démons, et les gens croyaient que ces animaux avaient la capacité de posséder des êtres humains. En France, les chats étaient méprisés pour cette raison, expliquant peut-être les «religieuses qui miaulaient». 

Un dernier cas hilarant

Il existe des centaines de cas d’épisodes d’hystérie de masse, cet article n’en couvre que quelques-uns. Terminons par un cas des plus intéressants:

L’épidémie de rire du Tanganyika

C’était en 1962, dans ce qui est aujourd’hui la Tanzanie moderne. On ne sait pas ce qui a déclenché cette épidémie d’hystérie de masse, mais on sait que dans un pensionnat, un petit groupe d’étudiants s’est mis à rigoler. Le rire est devenu contagieux, au point où l’école a dû fermer. De retour chez eux, les enfants l’ont donné à leurs familles, et les parents l’ont transmis aux alentours. D’autres écoles et d’autres village ont été touchés. Des milliers de personnes riaient sans contrôle. Les crises de rire frappaient un individu par période, et elle étaient accompagnées de divers autres symptômes: douleurs, évanouissements, problèmes respiratoires, éruptions cutanées et crises de pleurs. Environ dix-huit mois après son apparition, le phénomène s’est éteint. 

Références

  1. Hordé, Pierrick.- Diagnostics incroyables.- Éditions Flammarion, 2013.
  2. Sousa, Alain.- Les syndromes psychogènes : connaissances acquises et études de cas, « Bulletin épidémiologique Hebdomadaire », Numéro thématique, Institut de Veille Sanitaire, avril 2007.
  3. Mass psychogenic illness, Wikipedia
  4. Top 10 Bizarre Cases of Mass Hysteria, ListVerse
  5. Children hospitalised with mass hysteria, ‘mysterious bruises’ and a ‘Mexican demon’: How a video in the Dominican Republic spawned the ‘satanic’ Charlie Charlie game sending teenagers into a panic across the world, Daily Mail
  6. Au secours, mon pénis rétrécit !, Marianne
  7. Bartholomew et Wessely.- Protean nature of mass sociogenic illness.- Publié dans le British Journal of Psychiatry, 2002.

La femme toxique

Introduction

Le soir du 19 Février 1994, Gloria Ramirez est amenée à l’urgence de l’Hôpital Général de Riverside, en Californie. Alors qu’une équipe s’affaire auprès d’elle, un des membres du personnel s’évanouit, suivi d’un autre, puis d’un autre. Une sorte de vapeur émane de la patiente et intoxique le personnel de l’hôpital, qui  respire difficilement et commence à vomir, à être pris de spasmes musculaires et à s’évanouir. L’histoire de cette femme toxique est un des mystères médicaux les plus troublants des temps modernes.

Les événements

Gloria Ramirez, 31 ans, souffrait d’un cancer du col utérin en phase terminale. Elle était sous chimiothérapie, et sa famille s’attendait à ce qu’elle vive encore quelques années. Ce soir-là, comme elle avait de violentes douleurs à la poitrine, de la difficulté à respirer et des vomissements, une ambulance a été appelée pour elle.

Gloria Ramirez
Gloria Ramirez, la femme toxique

À son arrivée à l’hôpital, elle était toujours consciente, mais parlait de façon incohérente. Ses respirations étaient courtes et rapides, et son coeur battait à un rythme alarmant. L’équipe médicale lui a fait des injections, mais comme la patiente ne réagissait pas de façon positive aux médicaments, les médecins ont dû utiliser un défibrillateur cardiaque. C’est à ce moment-là que le personnel médical a remarqué des indices troublants… sa peau était couverte d’un lustre huileux, et une odeur d’ail émanait de sa bouche. Lorsque Susan Kane, une infirmière, a tenté de prélever du sang du bras de Gloria, elle a remarqué une odeur d’ammoniac provenant du tube. Elle a donc passé la seringue à Julie Gorchynski, une résidente en médecine, qui a remarqué des particules cristallisées flottant dans le sang.  

C’est à cet instant que Kane, l’infirmière, s’est évanouie, et que Gorchynski, la résidente en médecine, a quitté la pièce car elle avait des nausées et se sentait étourdie. Elle s’assoit au bureau des infirmières, et s’évanouit, prise de convulsions. Maureen Welch, une inhalothérapeute, a été la troisième personne à s’évanouir. Sur les 37 membres du personnel qui travaillaient ce soir-là, 23 d’entre eux sont tombés malades, dont 5 qui ont dû être hospitalisées à cause de la sévérité de leurs symptomes. 

J'ai travaillé pendant 7 ans dans une salle d'urgence, et je n'ai jamais vu un autre événement de la sorte.
Susan Kane
Infirmière intoxiquée par la présence de Gloria

Après 45 minutes de défibrillation et de RCP, Gloria Ramirez est décédée. Son corps a été isolé dans un contenant en aluminium et la salle d’urgence fut fermée. Les patients des urgences ont été conduits à l’exterieur, dans le stationnement de l’hôpital, afin d’éviter qu’ils soient exposés à cet étrange toxicité. Ce n’est que le lendemain matin que la salle d’urgence fut rouverte, seulement après qu’une équipe spécialisée en matières dangereuses, vêtue d’uniformes de protection, ait méticuleusement nettoyé les lieux. 

Lors de l’autopsie menée une semaine plus tard, il fut déclaré que la cause de la mort était une dysrythmie déclenchée par une insuffisance rénale provenant d’un cancer du col de l’utérus. Toutefois, rien dans les résultats de l’autopsie indiquait l’origine de la toxicité qui émanait de la femme. 

Il n'y a pas d'évidence claire que [son corps] ait été contaminé par quoi que ce soit.
Dr. Jeffrey Simons
Riverside Community Hospital

Mais comment cette femme a-t-elle pu devenir porteuse d’une émanation si toxique?

Les théories

Suicide

La première théorie était que les employés de l’hôpital avaient en quelque sorte été empoisonnés par une classe mortelle de produits chimiques, les organophosphorés, qui sont courants dans les insecticides et les pesticides. En fait, les médecins ont suggéré que Gloria s’était probablement suicidée en ingérant un insecticide ou un pesticide. La famille de Gloria a fermement réfuté cette théorie, insistant sur le fait qu’elle n’était pas suicidaire et qu’aucun produit chimique de ce type n’avait été trouvé dans son appartement.

Hystérie collective

Le ministère de la Santé et des Services sociaux de Californie a envoyé deux scientifiques mener une enquête auprès du personnel de l’hôpital qui se trouvait à l’urgence ce soir-là. Ils ont constaté que les personnes intoxiquées avaient des résultats d’analyse sanguine normaux après les événements, et qu’il s’agissait pour la plupart de femmes. Ils ont donc conclu à une hystérie de masse.

Cette affirmation a été fortement réfutée, entre autres par Julie Gorchynski qui a invoqué sa propre histoire médicale. Après l’exposition à la toxicité de Gloria, la résidente en médecine a passé deux semaines dans l’unité de soins intensifs, souffrant de problèmes respiratoires. Elle a aussi développé une hépatite et une pancréatite, et plus tard une ostéonécrose aux genoux.

Il faut aussi ajouter que les victimes étaient tous des professionnels habitués à travailler jour après jour dans des situations d’urgence, ce qui rend le scénario de l’hystérie de masse peu plausible.

DyméthylSulfoxyde

Finalement, le bureau du coroner de Riverside contacta le Laboratoire National Lawrence Livermore pour enquêter. Leur conclusion fut que Gloria utilisait du diméthylsulfoxyde comme remède-maison pour soulager sa douleur. Cela expliquerait le parfum d’ail ainsi que la couche huileuse sur sa peau. Mais alors, pourquoi les employés de l’hôpital seraient-ils tombés malades après avoir été exposés à Gloria?

Le laboratoire émit l’hypothèse que l’utilisation de diméthylsulfoxyde, combiné avec l’oxygène administré dans l’ambulance, créerait une série de réactions chimiques et formerait du sulfate de diméthyle, un poison et un agent cancérigène qui cristallise à la température ambiante.

DMSO
Qu'est-ce que le diméthylsulfoxyde?

Connu sous l'abbréviation DMSO, il est vendu sans prescription aux États-Unis sous forme de gel ou de crème. Il est surtout utilisé pour soulager la douleur et l'inflammation, causées par ces conditions: vessie douloureuse, arthrose, zona et maux de tête. Les effets secondaires les plus courants sont des maux de tête, une irritation cutanée et une odeur d'ail.

Cette théorie est matière à débat dans la communauté scientifique, plusieurs spécialistes estimant cette théorie tirée par les cheveux, ajoutant que les symptômes ressentis par les employés de l’hôpital ne concorderaient pas avec ceux ayant subi une exposition au sulfate de diméthyle. De plus, une conversion de diméthylsulfoxyde en sulfate de diméthyle n’a jamais été vue auparavant dans le corps humain, elle semble donc extrêmement improbable. La famille Ramirez est elle aussi en désaccord avec cette théorie, et aucun diméthylsulfoxyde n’a été trouvé dans son appartement. 

Malgré tout, cette théorie est officiellement approuvée par le Bureau du Coroner de Riverside.

Distribution de drogues illégales depuis l'hôpital

Une théorie proposée par le New Times LA (voir les numéros du 21 mai et du 17 septembre 1997) suggère que l’hôpital cacherait un laboratoire clandestin de méthamphétamine, et que des travailleurs hospitaliers impliqués dans la production de la drogue illégale utiliseraient des sacs intraveineux pour entreposer et transporter des précurseurs chimiques tels que la méthylamine. Une de ces poches intraveineuses aurait été donnée par erreur à Gloria Ramirez. L’élément clé à l’appui de cette théorie est que les précurseurs de la méthamphétamine ont une odeur distinctive d’ammoniac.

Une deuxième autopsie

Deux mois après la mort de Gloria, sa famille a ordonné une autopsie indépendante. Ils ont engagé le Dr Richard Fukumoto, mais celui-ci fut incapable d’établir la cause de la mort parce que le coeur était manquant et ses autres organes étaient contaminés par de la matière fécale. De plus, elle avait été entreposée dans un congélateur défectueux, et par conséquence son corps était trop décomposé. 

Au bout du compte, la famille Ramirez croit que l’hôpital tente de dissimuler ce qui s’est vraiment passé, le coeur manquant ayant été détruit dans le but de camoufler les preuves. 

Un lieu peut-il nous rendre fou? Les syndromes du voyageur

Le 2 août 2009, une touriste d’origine russe jette une tasse de thé sur La Joconde. Protégé par une vitre blindée, le tableau n’a pas été endommagé. La jeune femme, « qui ne jouissait pas, selon la préfecture de police de Paris, de toutes ses facultés mentales », a été transférée à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture. La presse a évoqué le syndrome de Stendhal, une affection psychiatrique qui frappe les touristes submergés d’émotion par la beauté des œuvres d’art. Il s’agit d’un des quatre syndromes qui touchent les voyageurs visitant des endroits précis dans le monde.

Le syndrome de Stendhal (ou de Florence)

Ce syndrome est appelé ainsi en référence à l’expérience vécue par l’écrivain français Stendhal lors de son voyage en Italie, à l’étape de Florence, en 1817. Devant la profusion d’art. il a ressenti ce malaise où il était à la fois épris et malade.

J’étais arrivé à ce point d’émotion où se rencontrent les sensations célestes données par les Beaux Arts et les sentiments passionnés. En sortant de Santa Croce, j’avais un battement de cœur, la vie était épuisée chez moi, je marchais avec la crainte de tomber.
Stendhal
Stendhal
Écrivain Français

Afin de se remettre de son trouble, Stendhal s’assit sur un banc de la place, et lut un poème. Mal lui en pris, puisque la poésie s’additionnait à l’ambiance culturelle des lieux et ses visions empiraient. 

Le syndrome de Stendhal, également appelé « syndrome de Florence », est une maladie psychosomatique déclenchée le plus souvent lors de la visite de l’un des 50 musées de la ville de Florence, berceau de la Renaissance italienne. Le visiteur est subitement saisi par le sens profond que l’artiste a donné à son œuvre, et perçoit l’émotion qui s’en dégage d’une façon exceptionnellement vive qui transcende les images et le sujet de la peinture. Les réactions des victimes subjuguées sont très variables : crise d’hystérie, perte du sentiment d’identité, suffocation et hallucinations. 

Les gardiens de musée, à Florence, sont formés pour intervenir auprès de visiteurs victimes du syndrome, puisque certaines touristes ressentent l’urgence de détruire un tableau. À leurs yeux, le regard d’un autre peut mettre en danger leur propre perception de l’œuvre. En général, les patients se rétablissent en quittant la ville.

Ma propre mère a vécu un épisode de syndrome de Stendhal, et elle a accepté d’écrire un témoignage pour mes lecteurs, ce dont je suis vraiment reconnaissante car il est difficile de trouver une « victime » qui accepte de témoigner:

"Il y a une trentaine d’années, j’étais en voyage, en Europe, avec mon époux et un couple d’amis. Comme dans toutes les villes importantes, nous visitions, cet après-midi-là, un musée célèbre. Je ne me souviens ni du nom du musée, ni du nom de la ville. Mais ce qui est resté imprégné dans ma mémoire, ce sont les moments d’angoisse que j’y ai vécus. Avec les autres, j’admirais les nombreuses peintures exposées, lorsque soudain mon regard fut attiré vers une scène qui, instantanément, me jeta dans une peur terrible. Mon cœur se mit à battre à un rythme effréné, mon front se couvrit de sueurs et une immense détresse m’envahit tout entière. Je n’avais jamais ressenti une telle peur. Qu’est-ce qui m’arrivait? Instantanément, sans réfléchir, je m’enfuis à toutes jambes vers l’extérieur, par la première sortie. Je pris de grandes bouffées d’air, en attendant que les autres me rejoignent et en essayant de chasser de ma mémoire cette scène, qui me terrifiait encore, sans que je comprenne pourquoi. Je me calmai peu à peu, mais sous aucun prétexte, je ne serais retournée dans ce musée."
Danielle Boivin

Le Dr. Marie-Jeanne Guedj, psychiatre à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, a posé une fois ce diagnostic. Il s’agissait d’une lycéenne française partie avec sa classe en voyage scolaire à Florence. « Elle avait peur de ne pas être à la hauteur des oeuvres d’art, se souvient-elle. Elle a déclenché un état d’excitation. Elle était survoltée, incapable de dormir. » A son retour en France, la crise a cessé.

La psychiatre italienne Graziella Magherini, officiant à l’hôpital central de Florence, a observé et décrit plus de 100 cas similaires parmi les touristes. Sa description figure dans un livre éponyme qui classe les cas de manière statistique selon leur provenance et leur sociologie. En résumé :

  • les touristes provenant d’Amérique du Nord et d’Asie n’en sont pas touchés, il ne s’agit pas de leur culture ;
  • les touristes nationaux italiens en sont également immunisés ; ils baignent dans cette atmosphère depuis leur enfance ;
  • parmi les autres, sont plus touchées les personnes vivant seules et ayant eu une éducation classique ou religieuse, indifféremment de leur sexe.

Le Syndrome de PAris

Le syndrome de Paris est un trouble psychologique touchant certaines personnes en visite à Paris, et plus particulièrement les touristes japonais. Il est le résultat d'un choc culturel, l'individu découvrant que le Paris réel n'est pas du tout le Paris idéalisé auquel il s'était attendu, comme par exemple le Montparnasse des Années folles ou l'univers d’Amélie Poulain. L'individu se retrouve incapable de concilier ses attentes avec la réalité.

L’image d'un Paris idéalisé est particulièrement populaire au Japon, ce qui explique probablement pourquoi un plus grand nombre de Japonais sont victimes du syndrome. 

Le syndrome se manifeste par des états de désillusion aigus, des hallucinations, des idées de persécution, une forte anxiété et des manifestations psychosomatiques comme la tachycardie, les vertiges et les vomissements.

"J'ai rencontré plusieurs patients dans ce cas, témoigne le docteur Marie-Jeanne Guedj, psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne à Paris. C'est un syndrome qui met du temps à s'installer. Les gens s'isolent, s'enferment dans leur chambre d'hôtel ou dans leur appartement."

Source de l’image: Reddit

Le Syndrome de Jérusalem

Un touriste nord-américain âgé d’une quarantaine d’années, est convaincu qu’il est Samson et qu’il a une mission à accomplir. En parvenant au Mur des Lamentations, il essaie de déplacer une des pierres car, selon lui, le mur n’est pas à la bonne place. Ses actions déclenchent un émoi épouvantable, nécessitant l’intervention de la police, et il est placé à l’hôpital psychiatrique de Kfar Shaul.

Une enseignante irlandaise se rend à l’hôpital de Jérusalem pour son accouchement. Elle proclame qu’elle est sur le point de donner naissance au bébé Jésus, mais en fait, elle n’est même pas enceinte. De son côté, un touriste autrichien se met en colère contre le personnel de cuisine de l’hôtel où il réside, lorsque ceux-ci refusent de lui préparer le repas de la Dernière Cène.

Chaque année, une quarantaine de personnes environ sont hospitalisées à l’hôpital de Kfar Shaul, victimes du syndrome de Jérusalem. Ce syndrome touche les touristes et se rapporte au sens religieux. Les individus s’identifient fortement à des personnages de l’Ancien ou du Nouveau Testament, ou sont convaincus qu’ils sont eux-mêmes un de ces personnages. Leur conviction atteint des dimensions psychotiques.

Les principaux symptômes sont les suivants :

  • Anxiété, inquiétude, et agitation,
  • Le désir de se détacher du groupe ou de la famille et de visiter Jérusalem seul,
  • Le besoin d’être propre et pur : obsession avec prise de bains et douches; taille compulsive des ongles de mains et de pieds,
  • La préparation, souvent à l’aide des draps de lit d’hôtel, d’une robe ressemblant à une toge, descendant jusqu’à la cheville et qui est toujours blanche,
  • Le besoin de crier, de hurler ou de chanter à haute voix des psaumes, des versets de la Bible, des hymnes religieux ou du Gospel,
  • Une procession ou une marche vers un des Lieux saints de Jérusalem,
  • La déclamation d’un ‘sermon’ dans un Lieu saint. Le sermon est d’habitude très confus et fondé sur un appel peu réaliste à l’humanité d’adopter un mode de vie plus sain, moral et simple.

Le docteur Yair Bar El attribue ces crises à la déception. Des pèlerins rêvent pendant des années à cette visite en Terre Sainte, mais la grande richesse archéologique de Jérusalem reflète surtout les périodes turque, croisée et byzantine sans aucune trace de l’ère pré-chrétienne et la plupart des sanctuaires chrétiens ont été soumis à la destruction ou à la transformation au cours de leur histoire mouvementée. Comme la réalité n’est pas à la hauteur de leurs fantasmes, les pèlerins deviennent frustrés et se réfugient dans le délire.

Composition confessionnelle des victimes de ce syndrome :
– 66 % de confession juive,
– 33 % de chrétiens (pour la plupart protestants)
– 1 % sans religion

Le Syndrome de l'Inde

Lors d’un périple de dix jours en Inde avec une association humanitaire, une jeune fille se met à courir dans les rues pour embrasser les vaches sacrées. Une autre touriste, elle, passe près de se noyer en voulant rejoindre à la nage ses parents en France.

Le syndrome de l’Inde frappe les Occidentaux. Dans ce pays mythique, le choc culturel est tel que certains perdent pied. Régis Airault, psychiatre, a été en poste au consulat de Bombay pendant quelques années. Il explique que dans ce pays, les repères des occidentaux n’ont plus cours. La foule, le bruit, les odeurs, la pauvreté, les excès du climat (mousson, chaleur…), l’omniprésence de la mort et du mysticisme provoquent, dans le meilleur des cas, une folle envie de fuir, mais peuvent également engendrer un délire paranoïaque de persécution, un vacillement de la personnalité, ou un sentiment océanique. (l’impression de se ressentir en unité avec l’univers)

Normalement, ces symptômes cessent lorsque les personnes touchées rentrent chez elles.

Références

  1. Syndrome de Stendhal, Wikipedia
  2. Syndrome du voyageur, Wikipedia
  3. Syndrome de Paris, Wikipedia
  4. Ces syndromes qui frappent les touristes étrangers, Le Monde
  5. Stendhal.- Rome, Naples et Florence, éditions Delaunay, Paris – 1826, tome II, p. 102
  6. Airault, Régis.- Fous de l’Inde (Payot, 2000, 226 p.)
  7. Le syndrome de Jérusalem, villemagne.net
  8. Paris Syndrome, Wikipedia
  9. Jerusalem Syndrome: the madness that grips foreigners on the streets of the holy city, The Telegraph

Autres articles dans la catégorie "énigmes humaines"