Élevés par des loups: les enfants sauvages

Les enfants sauvages sont des enfants qui ont grandi sans contact avec des humains,
soit totalement isolés ou en étant élevés par des animaux. 

Leur vécu insolite nous en apprend beaucoup sur nous-mêmes, démontrant l’étendue des capacités d’adaptation des humains,
et les limites du développement de l’enfant s’il n’est pas stimulé. 

L'histoire de Marina: 5 ans avec les singes capucins

En 1954, une petite fille de 5 ans a été kidnappée dans son village de Colombie et abandonnée dans la jungle par ses ravisseurs. Durant les cinq années suivantes, elle n’aura plus de contacts avec les humains, et vivra avec un groupe de petits singes capucins.

enfant sauvage avec singe capucin
Ce n'est pas Marina sur la photo, c'est une actrice - Photo: Getty Images

Dans la jungle, Marina se nourissait de ce qu’elle trouvait, des baies, des racines et des gousses de fruits. Un jour, elle souffrit d’une intoxication alimentaire. Tordue de douleurs, elle ignorait si elle allait survivre ou non, lorsqu’un vieux singe capucin s’approcha d’elle et insista pour qu’elle le suive, l’entraînant vers un bassin d’eau et la forçant à boire. L’eau boueuse qu’elle ingéra la fit vomir, et la soigna du même coup. Le vieux singe l’avait sauvée.

Elle se lia ensuite d’amitié avec ce capucin, mais aussi avec plusieurs jeunes singes du groupe, qui lui apprirent à grimper aux arbres et à choisir de la nourriture qui ne représentait pas de danger.

Avec le temps, la petite Colombienne oublia comment parler, et se déplaçait sur quatre pattes comme ses compagnons. Elle imitait leurs comportements et ils la traitaient comme l’un des leurs, jouaient avec elle, mangeaient les insectes dans ses cheveux.

Petit à petit, mon sentiment de solitude et d'abandon commençait à disparaître. Même s'il y avait encore des nuits où j'étais submergée par ce que j'avais perdu et où je pleurais pendant des heures, ces moments de deuils se faisaient plus rares. Recroquevillée en petite boule dans mon tronc d'arbre creux, avec le son familier et réconfortant des singes au-dessus de moi, je me transformais graduellement en l'un d'eux.

Retour à la civilisation

Le retour de Marina auprès des humains ne se fit pas en douceur. Découverte dans la jungle par des chasseurs, ceux-ci décidèrent de la vendre à un bordel, d’où elle s’échappa. Elle vécut alors dans la rue avant d’être prise comme esclave par une famille. 

Une voisine décida de l’aider et l’envoya à Bogotá pour vivre avec sa fille et son gendre. Ceux-ci adoptèrent Marina et l’élevèrent avec leurs cinq enfants, avec qui elle vécut de nouveau une vraie vie de famille. 

Lorsqu’elle fut grande, Marina déménagea au Royaume-Uni où elle vit toujours aujourd’hui. Elle a écrit le livre The Girl With No Name, dans lequel elle nous raconte son enfance dans la jungle.

marina chapman
Marina aujourd'hui

Enfants sauvages dans les légendes

Les contes et légendes offrent une image romantisée des enfants sauvages: 

  • Tarzan, élevé par des singes, apprend à parler et à lire l’anglais grâce aux livres d’image retrouvés dans les affaires de ses parents. 
  • Mowgli, quant à lui, a grandi dans la jungle indienne avec une famille de loups et a reçu son éducation d’un ours et d’une panthère. 
  • Selon la mythologie romaine, les jumeaux Rémus et Romulus, fondateurs de Rome, ont été élevés par une louve.
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Rémus et Romulus élevés par une louve
Par EmDee — Travail personnel, CC BY-SA 4.0

Ces histoires fictives sont toutefois loin de la réalité. Règle générale, les enfants élevés loin de tout contact humain ne connaissent pas le langage ni le comportement en société, et ne cherchent pas à retourner auprès des gens.

Types d'enfants sauvages

Il existe plus de 100 cas d’enfants sauvages répertoriés. On peut les classifier en trois groupes, selon l’expérience qu’ils ont vécue:

  1. les enfants élevés par des animaux (sauvages ou domestiques),
  2. ceux qui ont grandi seuls dans la nature,
  3. ceux qui sont restés isolés dans un endroit clos, comme une pièce ou un cellier.

Notons que dans certains cas, des enfants du troisième groupe ont été isolés dans un endroit clos par leurs gardiens, mais avec des animaux domestiques. Sans adopter l’enfant, ces animaux ont créé une relation avec lui et lui donnaient certaines stimulations.

enfant sauvage

Caractéristiques courantes des enfants sauvages

Il est très difficile, voire impossible, d’imaginer ce que ce doit être de passer une enfance sauvage. Étudier les enfants sauvages qui ont été ramenés dans la société humaine semble être le seul moyen de les comprendre. Et peut-être aussi de nous comprendre nous-mêmes un peu plus.

Ces enfants font parfois preuve d’une capacité d’adaptation surprenante, qui nous montre bien que nous, les humains, sommes capables de plus que ce que nous pensons. Observer leurs comportements nous apprend aussi que certaines de nos facultés sont clairement innées ou apprises. Et enfin, leurs limites, leurs handicaps, leurs manques de développement nous montrent l’importance de la stimulation de l’enfant par sa famille.

Retard mental

Un grand nombre d’enfants sauvages trouvés sont atteints d’un retard mental. Il existe un débat sur ce sujet: ces enfants étaient-ils handicapés avant même d’être abandonnés, ou alors le sont-ils devenus à cause de leur vécu isolé?

L’observation et l’étude des enfants sauvages nous apprend que ces deux options sont possibles. Donc, la réponse varie d’un cas à un autre. 

Voici le cas d’un enfant qui fut abandonné à cause d’handicaps physiques et mentaux:

L'histoire de Bello: Élevé par des chimpanzés

Vers l’âge de six mois, un petit garçon fut abandonné par sa famille dans la forêt de Falgore, au Nigeria. On pense qu’il était né chez les Peuls, un peuple nomade chez qui l’abandon d’enfants handicapés est courant. Il était handicapé physiquement et mentalement, et souffrait de plusieurs malformations. Ce qui n’a pas empêché une famille de chimpanzés de l’adopter et d’en prendre soin comme si c’était l’un des leurs.

Lorsqu’en 1996 il fut trouvé par des humains, le petit garçon avait 2 ans et il marchait à la manière des chimpanzés, en traînant ses bras au sol. Il émettait divers cris rappelant ceux des singes.

Le garçon fut nommé Bello et fut placé dans un centre spécialisé. Dans les premiers temps, Bello était agité, hurlait et lançait des objets aux autres enfants. Même si, avec le temps, il a appris à se calmer, il conserve plusieurs mimiques de chimpanzés, comme l’habitude de se pendre ou de taper ses mains l’une contre l’autre au-dessus de sa tête. Il reste incapable de parler.

chimpanzés

Sous-développement du cerveau

Pour que ses capacités cognitives se développent de façon optimale, un enfant a besoin de stimulation, d’affection, et d’un environnement adéquat. « Durant les cinq premières années de vie [d’un enfant], 80 pourcent du développement de son cerveau se produit », explique Kathleen Armstrong, psychologue scolaire de la University of South Florida. (Réf. 11) 

Kaspar Hauser

Dans la Bavière du 19ème siècle, un enfant appelé Kaspar Hauser a passé les 17 premières années de sa vie dans une sorte de réduit sombre, avec de temps en temps la visite de son gardien qui lui donnait des soins de base. Il a développé un peu de langage, a appris à être propre, à marcher et à écrire son nom, mais ce n’était pas suffisant pour que Kaspar connaisse un développement normal. 

À l’âge de dix-sept ans, il fut trouvé dans les rues de Nuremberg, grognant et gesticulant, avec deux notes dans les mains. Les notes ont révélé qu’il était le fils d’un cavalier, qu’il était né le 30 avril 1812, et qu’il avait été confié dans la petite enfance aux soins d’un journalier. Kaspar, qui souffrait d’un retard mental et qui ne savait pas se comporter en société, souleva la curiosité dans toute l’Europe.

Lors de son autopsie, il fut révélé que son cerveau souffrait d’une atrophie évidente.

Le manque de soin chez le tout-petit a donc un impact direct sur le développement de son cerveau. Si un enfant, qui n’a pas d’handicap, est isolé ou abandonné en bas âge, il peut par la suite développer un retard mental à cause du manque de stimulation.

kaspar hauser
Kaspar Hauser illustré par Johann Georg Laminit

Des expériences cruelles

À travers l’histoire, plusieurs expériences d’isolement ont été faites sur des enfants. Le but était de savoir laquelle est la toute première langue de l’humanité, celle que l’enfant développerait s’il n’entendait aucune autre langue. Ces hommes ne comprenaient pas que le langage n’est pas inné et que seule la stimulation peut développer la parole chez l’enfant. 

Une de ces expériences fut faite aux temps médiévaux, par l’Empereur allemand Frédéric II de Hohenstaufen. Celui-ci demanda à des nourrices d’élever des enfants avec seulement des soins de base, sans paroles, sans babillage, et sans aucune forme de communication. Mais sa recherche de la première langue de l’humanité fut vaine, car non seulement aucun des bambins soumis à ce régime cruel ne développa la parole, mais tous dépérirent et moururent.

Stimulations par des animaux

L’enfant sauvage adopté par des animaux recevra des soins et de la stimulation selon l’espèce animale avec laquelle il vit. Il ne développera ni le langage verbal, ni la marche debout, mais développera les méthodes de communication de cette espèce animale (les cris, les gestes, les mimiques) et se déplacera comme eux.

De plus, il développera d’autres capacités qui l’aideront à survivre. Ainsi, certains enfants sauvages ont une ouïe, une vision de nuit et un odorat formidables. La plupart ont une résistance accrue au froid et à la chaleur.

enfants sauvages
Illustration par Anna Taut

Les conséquences de l'isolement complet

Les enfants passant leurs premières années de vie en isolement total sont, sans l’ombre d’un doute, les enfants sauvages les plus démunis. Ceux qui sont adoptés par des animaux ont au moins la chance de recevoir la tendresse et la présence rassurante de leurs compagnons, et d’être stimulés de nombreuses façons.

Il est difficile pour les personnes sensibles de lire les histoires d’enfants ayant passé une partie de leur jeunesse en isolement forcé. Il est toujours question de parents ou gardiens qui font preuve d’une horrible cruauté, ou encore qui sont atteints d’un trouble psychiatrique aigü qui n’a pas été pris au sérieux par l’entourage.

Voici un cas d’enfant grandissant en isolement, et des conséquences sur le développement de ses capacités cognitives:

L'histoire de Danielle: 7 ans d'isolement extrême

En 2005, un officier de police de Floride entre dans une maison délabrée de Plant City. Dans la petite pièce du fond, sur un matelas moisi, il trouve une petite fille d’apparence squelettique, vêtue d’une simple couche et couverte d’excréments et d’insectes.

« Comment t’appelles-tu, mon trésor? », demande Mark Hostle, l’officier de police. La petite fille ne réagit pas.

Elle est emmenée d’urgence à l’hôpital, où les médecins estiment qu’elle a 7 ans.

Les enquêteurs interrogent sa mère, Michelle Crockett, et en apprennent plus sur l’enfant. Elle s’appelle Danielle. Elle vit dans cette petite pièce depuis pratiquement toujours, derrière une porte close. Sans voir personne, sans jouer, sans recevoir d’affection. La seule nourriture que sa mère lui donne de temps en temps, c’est une bouteille de lait. Jamais de nourriture solide. Pourtant, quatre adultes habitent cette maison, soit Michelle, son copain et ses deux fils.

Observations médicales

À l’hôpital, le personnel est sidéré devant la négligeance extrême qu’a enduré cette petite fille. Elle ne sait pas parler, ne comprend pas ce qu’on lui dit, ne sait même pas hocher la tête pour signifier oui ou non. Elle ne pleure jamais. Ne rit jamais. Ne réagit ni au froid ni au chaud. L’insertion d’une intraveineuse dans son bras ne suscite pas la moindre réaction chez elle. De temps en temps, elle émet un grognement.

Elle ne sait pas prendre une poupée dans ses bras, et ne connaît pas le jeu « coucou ». Parfois, elle fait une crise de colère et gesticule en donnant des coups de pied. Puis, elle se calme en se roulant en boule sur elle-même, suçant son poing et tapotant ses orteils. 

Danielle
Danielle - Photo: Times

Le personnel de l’hôpital tente de la faire marcher. Si on lui tient les mains, elle arrive à se tenir debout et à marcher de côté sur ses orteils, comme un crabe. Elle n’a aucune façon de communiquer et ne peut pas dire aux autres ce qu’elle ressent. Ce dont elle a besoin. Cet enfer qu’elle a vécu.

Des tests médicaux, des scans du cerveau et des examens génétiques n’ont rien trouvé d’anormal chez Danielle. Ce n’est pas une enfant autiste. Elle a seulement manqué de stimulation. Ils ont diagnostiqué une déprivation psychologique, un retard de croissance, de la négligeance physique et médicale, et des retards de développement. Ils en concluent qu’elle restera handicapée toute sa vie. 

L'adoption de Danielle

Heureusement pour Danielle, son histoire finit par prendre une tournure différente. À neuf ans, elle est adoptée par un père aimant, Bernie Lierow, qui, sans avoir trop d’attentes, a beaucoup d’espoir pour elle. Dans leur maison du Tennessee, Danielle a maintenant des frères. Ils ont des chevaux et des poulets. Elle apprend à utiliser la toilette, à remplir un verre d’eau, à tenir le chien en laisse. 

Vers la fin de son adolescence, Danielle dépasse maintenant son père de plusieurs centimètres. Au point qu’il devient impossible pour Bernier de retenir sa fille lorsqu’elle fait une de ses crises de colère. De plus, elle régresse dans ses apprentissages et doit à nouveau porter des couches. Bernie doit se rendre à l’évidence: même si cela lui brise le coeur, il doit placer sa fille bien-aimée dans un établissement, où elle serait mieux encadrée. 

Elle vit maintenant dans un foyer de groupe avec 6 autres résidents qui ont des besoins spéciaux. Elle y est en sécurité et le personnel la stimule bien, car elle continue de faire des apprentissages. Elle sait maintenant faire son lit, et apprend à laisser de la nourriture pour les autres, au lieu de toute la manger.

Bernie revient la voir régulièrement. Il aime passer du temps avec sa fille. « Les choses les plus importantes que je lui ai données », explique-t-il, « sont l’amour et le respect ».

Les enfants sauvages nous démontrent une différence fondamentale entre l'homme et l'animal

Quelle est la différence entre l’homme et l’animal? Voilà une question qui a fasciné les philosophes et les naturalistes depuis des siècles. Sans entrer dans ce débat complexe, soulignons qu’en étudiant les enfants sauvages, une différence fondamentale entre l’enfant humain et le petit animal devient évidente.

Prenons l’exemple d’un animal qui serait retiré de sa famille dès sa naissance, et serait élevé par des humains. Comment se développerait-il? La réponse, c’est qu’il développerait la plupart des caractéristiques de son espèce. Son comportement, ses déplacements, ses cris, ses préférences seraient assez semblables à ce que l’on voit chez les petits de cette espèce ayant grandi avec les leurs.

Ce n’est pas du tout le cas chez l’humain. Pourquoi? L’humain nait largement inachevé. Un grand nombre de connexions cérébrales ont besoin de se développer après la naissance. Sans stimulation, elles ne se développeront pas, et l’enfant restera incomplet.

bébé et chaton

« Il y a des animaux aux structures rudimentaires qui sont dès leur naissance tout ce qu’ils seront. Plus le système nerveux et cérébral se complexifie, plus il y a de possibilités d’imitation et d’apprentissage. Toutefois, il demeure que l’homme est une espèce singulière : l’homme naît véritablement inachevé, les connexions cérébrales continuent à se former pendant les premières années de la vie de l’enfant. Elles dépendent donc des sollicitations de l’entourage, donc des autres c’est ainsi que l’enfant apprend à parler, développe des capacités de représentation et d’abstraction. » (Réf. 4)

Démarche et mimiques des animaux

Une des caractéristiques courantes des enfants ayant été adoptés par des animaux, est la mimique de leurs comportements.

On l’a vu avec le cas de Marina en début d’article: même si elle avait appris à parler et à marcher avec sa famille humaine d’origine, elle a finit par oublier ces apprentissages. Avec le temps, elle en est venue à se déplacer, à manger et à se comporter comme les singes capucins avec qui elle vivait.

Toutefois, comme elle avait vécu jusqu’à l’âge de cinq ans auprès des humains qui l’avaient bien stimulé, son cerveau avait déjà créer les connexions nécessaires pour le développement du langage et du raisonnement. Une fois de retour auprès des hommes, elle a pu réapprendre à parler et à se comporter en société.

L'histoire de Shamdeo: l'enfant-loup

En 1972, un garçon d’environ 4 ans a été découvert dans une forêt de l’Inde. Il était en train de jouer avec de jeunes loups. Il avait une peau foncée, des cheveux emmêlés, de longs ongles crochus, et de fortes callosités sur ses paumes, ses genoux et ses coudes. 

Il fut emmené au village de Narayanpur et y vécut au milieu des villageois qui le nommèrent Shamdeo. Il se comportait comme un loup et il aimait chasser les volailles du village. Il adorait le sang frais, la viande crue et mangeait aussi de la terre. Il aimait passer du temps avec les chiens, avec qui il créait facilement des liens. Il préférait vivre de nuit.

Les villageois ont tenté de lui apprendre à parler, mais sans résultat. Toutefois, il était capable d’apprendre à communiquer avec des signes. Il a aussi appris graduellement à ingérer de la viande cuite, et à accepter une diète humaine.

Après plusieurs années dans ce village, il fut placé dans un des foyers de Mère Térésa, où on lui donna un prénom chrétien, Pascal. Il est décédé à l’âge de dix-sept ans.

shamdeo l'enfant-loup
Shamdeo

Rejet de la société humaine

La plupart des enfants sauvages vivant avec des animaux, résistent à leur capture. Ils ne recherchent pas et ne désirent pas la compagnie d’autres êtres humains. Ils préfèrent être avec l’espèce animale l’ayant adopté, ou avec une espèce semblable. Les enfants élevés par des loups, par exemple, apprécieront la compagnie des chiens.

Les animaux eux-mêmes se comportent de façon différente envers un enfant sauvage, comme s’ils percevaient quelque chose en eux. Par exemple, un animal qui fuirait devant tout être humain approchera l’enfant sauvage sans crainte.

Il peut arriver aussi que les animaux ayant adopté l’enfant le protègent de tout humain voulant le capturer, tel qu’ils le feraient pour un petit de leur espèce. Comme dans le cas suivant:

L'histoire d'Ivan: Quand on est mieux avec les chiens errants qu'avec les humains

À l’âge de 4 ans, Ivan Mishukov décida d’aller vivre dans les rues plutôt que de rester avec sa famille qui abusait de lui. Il quêtait sa nourriture auprès des passants et se lia d’amitié avec une meute de chiens errants. Partageant la nourriture qu’il trouvait avec ces chiens, ceux-ci lui donnaient en échange affection, sécurité et la chaleur nécessaire pour survivre aux nuits froides de Russie. Au bout du compte, il se trouvait mieux avec ces chiens qu’avec ses parents, et il devint le chef de meute.

« J’aimais les chiens, et les chiens m’aimaient », expliquera un jour Ivan dans une entrevue.

Ivan, maintenant âgé de 6 ans, vivait dans les rues depuis deux ans lorsque la police tenta de le capturer. Les chiens s’interposèrent et protégèrent l’enfant qu’ils considéraient comme l’un des leurs. C’est seulement lors de leur quatrième essai que les policiers, ayant attiré les chiens de la meute dans un endroit clos à l’aide de nourriture, réussirent à capturer l’enfant.

ivan mishukov
Ivan Mishukov

Comme il devait parler pour quêter, Ivan n’avait pas complètement perdu les notions de language qu’il avait acquises avant sa vie d’enfant de rue. Il fut placé dans une institution, et les chiens de sa meute, ayant senti où se trouvait l’enfant, l’attendaient à la porte. Les autorités décidèrent alors d’abattre les chiens.

Une fin heureuse

Éventuellement, Ivan alla vivre chez une mère adoptive qui prit bien soin de lui. 

Il grandit heureux et, devenu adulte, il choisit de retourner dans la ville de Reoutov, où il avait vécu avec les chiens errants. Il travaille maintenant dans une usine. Il est reconnaissant envers toutes les personnes qui lui ont apporté de l’aide, y compris les policiers qui l’ont capturé.

ivan mishukov
Ivan Mishukov aujourd'hui

Difformités corporelles

Les muscles des enfants grandissant auprès d’animaux se développent pour une démarche à quatre pattes plutôt que pour une marche bipédale.

On peut trouver aussi d’autre difformités chez ces enfants selon les comportements courants qu’ils ont adopté, comme des doigts larges et étrangement placés, les aidant peut-être à mieux s’aggriper aux arbres.

Dina Sanichar

En 1872, un groupe de chasseur découvre dans la forêt indienne un garçon d’environ six ans qui se déplace à quatre pattes, avec un groupe de loups. Surpris par leur découverte, ils décident de tuer les loups afin de pouvoir capturer l’enfant.

Le garçon est confié à un orphelinat tenu par des missionaires, qui le baptisent Dina Sanichar.

La photo ci-dessous est prise peu après l’arrivée de l’enfant auprès des missionaires. On peut clairement y voir un surdéveloppement des muscles du poignet et de l’avant-bras, causé par la marche quadripède du garçon.

dina sanichar
Dina Sanichar

Nanisme psycho-social

Même s’ils ont pu recevoir de la nourriture adéquate, certains enfants ne se développent pas autant qu’ils le pourraient. Ils demeurent plus petits, et parfois, la maturité sexuelle est retardée. Ce trouble de la croissance est causé par un très grand stress psycho-social.

Chez les enfants sauvages, ce trouble apparaît plutôt chez ceux qui ont été isolés et maltraités, et il cesse lorsque l’enfant est remis de façon permanente dans un environnement sain.

Les enfants élevés par des animaux ont une croissance plutôt normale, toutefois, le nanisme psycho-social peut se développer après qu’ils soient retirés de leur environnement sauvage. Car pour eux, ils ont perdu leur famille, les êtres qu’ils aimaient, leurs repères, et c’est au moment de leur capture que le stress psycho-social se produit.

Survivre seul dans la nature

Outre les enfants adoptés par des animaux et ceux vivant en isolement dans un endroit clos, il existe un autre groupe d’enfants sauvages: ceux qui ont réussi, seul ou en petit groupe, à survivre dans la nature, sans l’aide d’adultes ou d’animaux.

C’est le cas de deux jeunes filles qui ont réussi à survivre ensemble pendant 10 ans dans des régions sauvages de France.

L'histoire de Marie-Angélique: 10 ans dans la nature sauvage de France

C’était en 1731, dans la région de Champagne, en France. Deux jeunes femmes sauvages avaient été aperçues dans les alentours. Échevelées, la peau foncée, elles terrorisaient les gens du coin par leur seule apparence, et la plus grande des deux sauvagesses fut abattue d’un coup de feu par Monsieur de Bar de Saint-Martin.

Peu de temps après, dans un village de la région nommé Songy, la deuxième jeune femme sauvage, qui cherchait peut-être de la compagnie après la mort de son amie, s’approcha du village. Effrayés,  les habitants lâchèrent un chien sur elle. D’un seul coup de bâton, elle tua le molosse, avant de se réfugier dans un arbre.

Alerté par les villageois de la présence d’une sauvagesse, le Vicomte d’Épinoy réussit à l’amadouer en lui tendant de l’eau et de la nourriture.

La jeune femme était sale, échevelée et mal mise. Elle était affublée d’un nystagmus, un mouvement involontaire et saccadé des yeux. Elle était capable de chasser, de nager et de pêcher, et ne mangeait que des aliments crus. Elle pouvait écorcher un lapin ou un poulet vivant à mains nues et en mangeait la chair crue. Toutefois, les aliments cuits la rendaient malade.

Le Vicomte la fit placer chez des religieuses, qui prirent soin d’elle et l’éduquèrent. On lui donna le nom de Marie-Angélique Memmie Le Blanc. Avec les années, elle réapprit à parler, et apprit aussi à lire et à écrire. Elle devint religieuse, et raconta son passé.

enfant sauvage

Les origines de Marie-Angélique

Elle était née en Amérique, plus précisément dans l’actuel Wisconsin. C’était une amérindienne de la nation Meskwaki. À cette époque, une guerre sévissait entre les Meskwakis et les Français, ces derniers ayant décidé d’exterminer cette nation autochtone qui ne leur laissait pas le droit de passage vers certaines terres, et qui refusaient de se christianiser. Ayant tué pratiquement tous les hommes Meskwakis, certains Français décidèrent de laisser la vie sauve à quelques femmes et enfants. Ainsi, plusieurs Meskwakis furent placés dans des familles françaises d’Amérique, la plupart comme esclaves.

Marie-Angélique se trouva placée auprès d’une certaine Mme de Courtemanche. À cause des tensions qui existaient à l’époque entre les Français et le peuple Inuit, Mme de Courtemanche gardait chez elle, en otage, quelques jeunes filles Inuits. Marie-Angélique les rejoignit. 

Les relations se dégradèrent avec les Inuits, des attaques eurent lieu, et la dame Française dû rendre ses otages à son peuple. En 1720, elle se vit forcée de retourner en France, et elle s’embarqua sur un bateau avec Marie-Angélique et ses trois filles.

enfant sauvage

Elles arrivèrent à Marseille en plein épidémie de peste bubonique, et il fut exigé de Mme de Courtemanche qu’elle donne tous ses biens. Appauvrie, elle laissa alors la petite Meskwaki aux bons soin de Sieur Ollive, qui la fit travailler dans son atelier de filature de la soie, où elle était maltraitée. 

C’est après avoir été victime de viol que Marie-Angélique décida de s’enfuir. Elle partit avec une autre enfant, une esclave noire qui était originaire de Palestine, et dont l’histoire a oublié le nom.

Ensemble, elles survécurent pendant 10 ans dans la nature sauvage de France. Comme elles n’avaient pas de language commun, elles communiquaient entre elles par des gestes, des cris et des sifflements. À la longue, elles en oublièrent comment parler.

Conclusion

L’histoire des enfants sauvages est un reflet accablant de l’humanité: on y voit, grossi à la loupe, la cruauté des hommes. 

On comprend aussi la grande importance de la stimulation chez le tout-petit afin que son cerveau se développe entièrement.

Toutefois, ces histoires nous démontrent aussi la grande force de survie de ces enfants, et leurs incroyables capacités d’adaptation. Elles racontent l’affection infinie dont sont capables les animaux. Et le grand coeur de ceux qui se sont investis auprès de ces enfants qui, de retour dans la société humaine, avaient besoin d’un amour inconditionnel pour continuer leur parcours.

Références pour ma recherche et sources des citations

Zana, la femme sauvage

Introduction

Sur la majorité des continents, on dénombre à chaque année des témoignages de gens qui affirment avoir aperçus des humanoïdes velus dans la nature. Certains affirment que ce sont des hommes sauvages, alors que d’autres les identifient comme des singes. D’une région à l’autre, leurs caractéristiques physiques et comportementales varient, et on leur attribue des noms différents: « Bigfoot » en Amérique du Nord, « Yéti » dans l’Himalaya, « Woodwose » dans le nord de l’Europe, « Almas » dans certaines régions d’Asie, etc.

Mais que se passerait-il si on réussissait à capturer un des ces humanoïdes? Pourrait-il vivre parmi nous? Apprendrait-il à parler? Pourrait-il se reproduire par croisement avec des humains?

Si l’on en croit certains témoignages, ces questions ont déjà trouvé réponse, puisqu’une femme sauvage aurait été capturée par des hommes de Géorgie au 19ème siècle, et aurait vécu dans leur village de nombreuses années, sous le nom de Zana.

Qui sont les almaslar ?

Les almaslar sont des humanoïdes velus ayant été aperçus dans plusieurs régions de la Russie, du Caucase, et de l’Asie centrale. « Almas » est un mot mongol signifiant homme sauvage. C’est un mot singulier qui se conjugue « almaslar » au pluriel. Dans d’autres langues de la région, on les appelle Kaptar, Biaban-guli ou Abnauayu.

Même si certains témoins parlent d’un « grand singe » pour décrire l’almas, la majorité des témoignages le décrivent comme une sorte d’humain, trapu et musclé, recouvert de pelage brun-roux. Il est bipède, mesure entre 5 et 6 pieds (entre 1,60 et 1,90 mètres), et son visage, qui rappelle celui des humains, se distingue par une arcade sourcilière prononcée, un front fuyant, un nez plat et une forte mâchoire.

almas

Les almaslar figurent dans les légendes locales depuis de nombreux siècles, tel que recueilli par différents anthropologues, et on en retrouve même trace dans d’anciens documents tibétains. Dans la littérature, des rencontres avec ces créatures sont mentionnées à partir du 15ème siècle. Parmi les témoins les plus sérieux, notons le naturaliste soviétique Prjewalski (celui-là même qui a amené à la connaissance des Occidentaux l’existence du « cheval de Prjewalski »), qui mentionne les almaslar dans sa recherche sur les animaux de l’Orient, et qui affirme en avoir personnellement observé en 1871.

Malgré tout, l’existence des almaslar n’est pas encore prouvée ni reconnue scientifiquement, faute de preuves. Il n’est pas possible non plus d’être certain de son classement parmi les espèces vivantes. Vu la grande ressemblance entre les description que les témoins font des almaslar, et la connaissance que nous ayons de la physionomie des hommes de Néanderthal, certains cryptozoologues émettent l’hypothèse qu’il pourrait s’agir d’hommes de Néanderthal qui auraient survécus jusqu’à nos jours, tandisque d’autres experts parlent d’Homo Erectus. Une autre théorie classerait les almaslar parmi les singes plutôt que parmi la famille Homo, et finalement, certains prétendent que les humanoïdes sauvages ne sont que des humains modernes qui ont été rejetés par la société à cause de leur retard mental.

L'histoire de Zana, la femme sauvage

Cela s’est passé vers 1850, en Géorgie, dans les forêts du Mont Zaadan. Un groupe d’hommes, qui était parti à la chasse, a aperçu une femme sauvage qui semblait à la fois humaine et guenon. Elle était forte, trapue, et recouverte d’un pelage roux. Ils l’ont capturée avec beaucoup de difficulté.

Elle a changé de propriétaires plusieurs fois avant de se retrouver au village de T’khina, qui se trouve à 50 miles (78 kilomètres) de distance de la ville de Soukhoumi, dans la région de l’Abkhazie, en Géorgie. On lui donna alors le nom de Zana. Elle était si hostile et agressive qu’on la garda en cage pendant environ 3 ans. Ses geôliers allaient régulièrement lui jeter de la nourriture, mais ils étaient incapables de développer un quelconque langage avec elle.

Physionomie et comportement

Zana avait la peau sombre et le corps recouvert d’un pelage roux foncé, plus long sur la tête. Elle n’avait pas de poils sur le visage et les mains. Ses bras et ses jambes étaient particulièrement musclés, ses doigts étaient larges et longs, son postérieur et sa poitrine étaient proéminents. Ses orteils pouvaient s’étendre largement, particulièrement le pouce qui pouvait se séparer des autres. Son visage, à l’expression sauvage, était large avec un front fuyant, sa bouche était grande, avec de larges dents blanches, son nez était plat aux narines exhorbitées, ses sourcils étaient larges, les os de ses joues étaient saillants, et ses yeux étaient légèrement rougeâtres.

Son comportement agressif se calma avec le temps, et éventuellement, elle fut déménagée dans une maison où elle habitait avec des villageois qui lui confiaient des tâches simples à effectuer, comme broyer du grain, rentrer du bois ou de l’eau, ou porter des sacs provenant du moulin. Elle émettait des sons, mais n’a jamais parlé. Elle réagissait à son nom, obéissait aux ordres, et semblait effrayée lorsque son propriétaire la réprimandait en criant.

Sa force et sa puissance étaient plutôt spectaculaires: on raconte qu’elle pouvait faire craquer de ses mains nues les coquilles des noix les plus solides, soulever d’une main un sac de farine de quatre-vingt kilos, nager sans difficulté à travers des courants forts, et même courir plus vite qu’un cheval. Elle avait une tolérance exceptionnelle au froid, mais en revanche, elle supportait mal un environnement chauffé.

Bien qu’elle ne s’éloignât pas trop du lieu où on lui donnait sa nourriture, elle aimait se promener sur les collines voisines la nuit, prendre un bain d’eau froide avec des buffles, et jouer avec des pierres qu’elle frappait ensemble pour les casser. Elle n’aimait pas porter de vêtements et préférait rester nue, même en hiver, déchirant les robes qu’on lui mettait sur le dos. Elle aimait aller cueillir des fruits dans les arbres, et elle mangeait de tout ce qui lui était offert, incluant la viande et le vin, qu’elle appréciait particulièrement. Avec le temps, elle n’a pas montré de signe de vieillissement: ses poils et cheveux ne sont pas devenus gris, elle n’a pas perdu ses dents et elle est restée forte et musclée. Zana est morte aux environs de 1890.

Progéniture

On suppose qu’à la douleur de son emprisonnement et de son esclavage, les hommes ont ajouté l’horreur du viol, puisqu’elle a donné naissance à plusieurs enfants. Certaines sources citent plusieurs pères (des villageois malfaisants), alors que d’autres sources en citent un seul, Edgi Genaba, un des propriétaires de Zana. La paternité de ses enfants n’est donc pas claire, mais on parle toujours de pères humains.

Lorsqu’elle acouchait seule d’un enfant, Zana prenait le nouveau-né et allait le baigner dans l’eau glacée. Elle semblait croire que l’enfant aurait la même résistance qu’elle au froid, mais ce n’était pas le cas, et le nouveau-né mourrait. Des villageois ont entrepris de sauver le reste de sa progéniture, et ils lui ont retiré les nouveaux-nés suivants dès la naissance. Quatre enfants de Zana ont ainsi été élevés par des familles du village et ont survécu jusqu’à l’âge adulte, soit deux garçons (Dzhanda et Khwit Sabekia, nés en 1878 et 1884), et deux filles (Kodzhanar et Gamasa Sabekia, nées en 1880 et 1882). Bien qu’ils aient eu la peau foncée et qu’ils étaient particulièrement forts, les enfants de Zana n’était pas très différents des autres villageois. Ils étaient tous d’une intelligence normale. Ils n’ont pas eu de problème pour apprendre à parler ou à s’intégrer à la société, et ils ont eu à leur tour une descendance. On dit que l’un de ses fils est devenu un pianiste accompli.

Qui était Zana?

Plusieurs prétendent que Zana n’était pas autre chose qu’une femme humaine d’origine africaine, avec un handicap mental.

D’un autre côté, si on envisage l’hypothèse qu’elle était almas, son hybridation avec des humains nous démontrerait alors que les almaslar ne seraient pas des singes, et seraient beaucoup plus proches de l’homo sapiens que ne le sont les grands singes connus.

Dans ce cas, les différents candidats possibles seraient:

  • des Néanderthaliens qui auraient survécu jusqu’à nos jours
  • des Homo Erectus
  • des descendants du Giganthopithèque, un singe géant dont on a découvert les restes fossilisés en Indes et en Chine
  • une autre branche inconnue de la famille Homo
  • des descendants de l’homme moderne, qui avaient été rejetés de la société pour leur handicap mental et qui se sont reproduits entre eux, transmettant leurs caractéristiques à leurs descendants

Études scientifiques

En 1964, le chercheur russe Boris Porshnev de l’Académie Scientifique de Moscou, a étudié l’histoire de Zana en se rendant sur place, dans le village de T’khina. Il a parlé à plusieurs personnes âgées qui affirmaient avoir connu Zana de son vivant, et avoir assisté à ses funérailles. Il a aussi rencontré certains de ses petits-enfants, et il a écrit cette anecdote:
« À l’instant où j’ai aperçus les petits-enfants de Zana, j’ai été frappé par leur peau sombre et leurs traits négroïdes. Shalikula, son petit-fils, avait des muscles de la mâchoire si puissant qu’il pouvait soulever, avec ses dents, une chaise sur laquelle un homme était assis. »

Il a tenté, sans succès de retrouver la tombe et les restes de Zana. Ses collègues Dimitri Bayanov et Igor Bourtsev ont continué les recherches après lui, et ils ont déterré les reste du plus jeune fils de Zana, appelé Khwit Sabekia, qui a vécu de 1884 à 1954.

Bien que Khwit portait le nom de Sabekia, plusieurs villageois s’entendent pour dire que son père biologique était sans doute le propriétaire de Zana, Edgi Genaba. À part sa peau sombre, son tempérament impulsif et sa grande force physique, Khwit montrait peu de ressemblance avec sa mère, s’apparentant beaucoup plus avec la famille Genaba.

Khwit Sabieka

Dans une tombe proche de celle de Khwit, les restes très vieux d’une femme non identifiée furent aussi exhumés. Son corps était étrangement placé, étendu sur le côté avec les genoux pliés, ce qui contrastait avec la façon dont les autres corps étaient enterrés dans ce cimetière local.

Se pourrait-il que ce soit les restes de Zana?

femme exhumée en 1975
Femme exhumée en 1975, s'agit-il de Zana la femme sauvage?

Étude des crânes

Le crâne de Khwit Sabekia et celui de la femme inconnue furent examinés par plusieurs chercheurs au fil des ans, et malheureusement, les différentes études arrivent à des conclusions contradictoires:

Morphologie

Il fut déterminé par plusieurs anthropologues que le crâne de Khwit est de type Australoïde, alors que le crâne de la femme non-identifiée est de type Africain.

Parenté

Il fut demandé à quelques chercheurs de déterminer si les deux crânes appartiennent à de proches parents, ce qui permettrait de conclure que le crâne de la femme est celui de Zana.

crâne
  • Le généticien Dr. Todd Disotell, de l’Université de New York, conclut que oui.
  • L’anthropologue Dr. Shara Bailey, aussi de l’Université de New York, va dans le sens de son collègue, mais avec quelques réticences du point de vue morphologique.
  • Le généticien Vladimir Yamshchikov du Southern Research Institute, de Birmingham en Alabama, conclut aussi qu’ils sont apparentés.
  • Dr. Brian Sykes, Professeur de génétique humaine, conclut quant à lui que les deux crânes n’appartiennent pas à des individus de la même famille.
crânes

Crâne humain, ou non?

Il fut aussi demandé à divers experts de déterminer si le crâne de la femme inconnue est d’origine homo sapiens (comme nous), ou si elle appartient à une autre espèce de la famille homo (comme un Neanderthal, par exemple)?

Les études ont seulement porté sur l’ADN mithocondrial, et le résultat est que cette femme est bien homo sapiens. Toutefois, depuis ce temps, il a été démontré que le génome complet est nécessaire pour déterminer une espèce du genre Homo, et pas seulement la partie mithocondriale. Les résultats ne sont donc pas concluants pour l’instant.

Nous devons attendre que la science du génome humain évolue avant de déterminer clairement l’origine de ce crâne, et sa possible parenté avec Khwit Sabekia. Et aussi, pour étudier une fois pour toute les divers échantillons qui pourraient peut-être appartenir à un membre de la famille Bigfoot.

Références utilisées pour ma recherche

  1. Zana, the Ape Woman, About.com
  2. Almas (cryptozoology), Wikipedia
  3. The Almas of Central Asia, Bigfoot – Fact or Fantasy?
  4. Almasti and Kaptars of Russia and Mongolia, British Columbia Scientific Cryptozoology Club
  5. The Wildmen of Russia!, WormWoodChronicles
  6. Zana, Unexplained-Mysteries.com
  7. Bigfoot and Other Ape-Human Creatures, Cristalinks
  8. Forbidden Archaeology Part 4 – MANBEASTS (BHM) in the USA/Canada, The Center for Fortean Zoology
  9. Sur les traces du Yéti, « Inexpliqué », numéro 1, Éditions Atlas, 1981
  10. The Story Of Zana, Hominology
  11. DNA studies, by Dr Igor Burtsev, director of the institute of hominology of Moscow, Sasquatch Close Encounter Network for Interspecies Communication