Des artefacts impossibles trouvés dans la roche

Comment expliquer ces objets de fabrication humaine
qui sont retrouvés à l’intérieur de pierres vieilles de plusieurs centaines de millions d’années?

un pot de fer

Cet affidavit a été écrit et signé par Frank J. Kenwood le 27 novembre 1948. On peut y lire:

« Alors que je travaillais à la centrale électrique de la municipalité de Thomas, Okla[homa], en 1912, je suis tombé sur un morceau de charbon massif qui était trop gros pour être utilisé. Je l’ai cassé avec un marteau. Ce pot en fer est tombé du centre, laissant l’empreinte ou la forme du pot dans le morceau de charbon. Jim Stall (un employé de l’entreprise) a été témoin du cassage du charbon et a vu le pot tomber. J’ai retracé la source du charbon et j’ai découvert qu’il provenait des mines de Wilburton en Oklahoma. »

À côté de l’affidavit, le pot en question. Le charbon des mines de Wilburton est estimé avoir 312 millions d’années.

Des clous!

Clou dans une pépite d'or

En 1851, Hiram de Witt, de Springfield au Massachusetts (États-Unis), a accidentellement laissé tomber une pépite d’or et de quartz de la grosseur d’un poing qu’il avait ramené de Californie. La pierre a brisé, et à l’intérieur se trouvait un clou découpé de 2 pouces, légèrement corrodé. « Il était parfaitement droit et sa tête était impeccable », a déclaré de Witt. 

Clou dans une pierre

En 1845, Sir David Brewster présenta un rapport devant la British Association for the Advancement of Science dans lequel il décrit la découverte d’un clou partiellement incrusté dans un bloc de pierre dans la carrière de Kingoodie, en Écosse. Selon Sir Brewster, le clou était encastré sur une longueur d’environ un pouce, et le reste ressortait de la pierre et reposait dans une couche de gravier. La partie exposée était rouillée. Il n’a pas été fait mention de la profondeur à laquelle la pierre fut trouvée, mais il a été dit que la carrière aurait été exploitée pendant une vingtaine d’années avant la découverte insolite.

Une cloche en bronze

En 1944, un garçon de 10 ans nommé Newton Richard Anderson, se voyait confier la tâche de remettre du charbon dans la fournaise de la maison, située à Buckhannon, en Virginie (États-Unis). Avec sa pelle qui était déjà presque pleine, Newton pris un gros morceau de charbon, mais le morceau, trop lourd, vacilla et tomba par terre. En se fracassant, il se brisa en deux. Newton aperçut le bout d’un objet métallique qui pointait hors d’une des deux moitiés. Utilisant un marteau du jeu de croquet, il fracassa le charbon et se trouva face à une petite cloche de fabrication humaine.

Newton nettoya sa découverte avec une brosse et du bicarbonate de soude. La cloche était faite de bronze, avec un battant en fer. De plus, la cloche originait probablement d’un pays lointain, puisqu’elle était surmontés d’une figurine semblant représenter la divinité hindoue Garuda. En Inde, au Tibet et au Népal, il est fréquent que des cloches ainsi ornées soient utilisée lors de certains rituels. 

Le charbon provenait d’une mine située proche de chez lui, et est estimé à environ 300 millions d’années. Contrairement au pot de fer découvert dans du charbon en Oklahoma, Newton n’a pas conservé le morceau de charbon contenant l’empreinte de la cloche, et a ainsi détruit une preuve importante de sa découverte.

Les sceptiques critiquent souvent la narration de l’événement fait par Newton Anderson, expliquant que personne n’a été témoin de la découverte et que la cloche se trouvait probablement à côté du morceau de charbon, et non à l’intérieur de celui-ci. En 2007, Newton passa un détecteur de mensonge afin de démontrer qu’il ne mentait pas et n’exagérait pas son expérience. Il passa le test avec succès.

comparaison avec cloche garuda

Des outils en bois

Dans son Traité de Minéralogie publié en 1808, Jacques Louis Comte de Bournon mentionne que des instruments d’origine humaine sont parfois trouvés dans le sol, dans des couches de pierre ou entre ces couches. Il énumère: « des planches équarriées, des anneaux de fer, des clés, etc. » 

Mais son anecdote la plus intéressante à ce sujet est la découverte en 1788, dans une carrière d’Aix en Provence, d’outils en bois ensevellis à 50 pieds de profondeur, et recouverts par 11 bancs de pierre calcaire compacte. Cette pierre était extraite pour la construction du Palais de Justice, et les bancs de calcaire étaient séparés entre eux par une couche de sable mélangé d’argile. Les premiers bancs furent exploités sans histoire, mais le onzième, placé à 40 ou 50 pieds de profondeur, était, sur sa surface inférieure, couvert de coquillages.

Colonnes à demi-taillées et outils de maçons

Lorsque ce 11ème banc fut enlevée, on déblaya la couche de sable argileux qui le séparait du 12ème banc, et on y trouva des tronçons de colonnes et des fragments de pierres à demi taillées. La pierre utilisée pour ces ouvrages était semblable à celle des bancs. De plus, on y trouva des outils: des coins, des manches de marteau, et autres outils ou fragments d’outils en bois.

Parmi ces outils gisait une planche épaisse d’environ un pouce, et longue de 7 à 8 pieds, cassée en plusieurs morceaux. Une fois les morceaux réassemblés, il devenait clair que la planche ressemblait aux planches employées par les maçons et les carriers : elle était usée de la mème manière, arrondie et ondulée sur ses bords.

 

Site supposé de l’ancienne carrière d’Aix en Provence où les découvertes insolites auraient été faites, selon le site Aix en Découvertes

Une pierre locale

Il s’agissait donc d’un travail exécuté par la main de l’homme, sous 50 pieds de calcaire et de couches de sable, et tout tendait à démontrer que ce travail avait été exécuté à l’endroit-même où il avait été trouvé. Comme si les tailleurs de pierre avaient laissés outils et colonnes inachevées sur place et quitté les lieux rapidement. Le Comte de Bournon présume qu’une catastrophe s’y est probablement produite, introduisant dans ce bassin autrefois sec, les eaux de la mer. Les coquillages trouvés sur la surface inférieure du 11ème banc de calcaire semblerait le confirmer.

La pierre de cette carrière est différente de ce que l’on trouve dans la région. Elle est donc de formation locale et isolée, et a été formée dans un bassin d’eau. Les bancs de calcaire superposés montrent que le sol a été fait par différents dépôts, séparés par une précipitation de sable et d’argile qui fut apportée par un courant provenant des parties plus élevées. Un assèchement du bassin a ensuite retourné la région à l’état où nous la connaissons.

Le Comte de Bournon a écrit à ce sujet: « La présence de l’homme avoit donc devancé l’époque de la formation de cette pierre, et cela même de beaucoup, puisqu’il était déjà parvenu à un dégré de civilisation tel, que les arts lui étoient connus, qu’il tailloit la pierre et en formoit des colonnes. »

Bois pétrifié

Mais alors, quel serait l’âge de ces outils? Un détail particulier pourrait nous en donner une indication.

Un ami du Comte de Bournon, le Chevalier de Sades, a visité en personne cette carrière et a pu voir de ses yeux la découverte insolite. Il explique dans une note laissée au Comte que « les pierres taillées ou à demi taillées n’avoient en aucune manière changé de nature ; mais les fragments de la planche, ainsi que les outils ou fragments d’outils en bois, avoient été convertis en une agate très-fine et très-agréablement colorée. » 

La « transformation en agate » dont il est question ici, est ce qu’on appelle communément du « bois pétrifié ». Selon le site How Stuff Works, la pétrification du bois est un lent processus qui peut prendre plusieurs millions d’années!

Une chaine en or

Le 11 juin 1891, le Morrisonville Times, un journal de l’Illinois aux États-Unis, a publié cet article:

«Une curieuse découverte a été divulguée par Mme S.W. Culp ce mardi matin. Alors qu’elle cassait un morceau de charbon avant de le mettre dans le seau, elle a découvert, alors que le morceau se désagrégeait, incrusté dans une empreinte circulaire une petite chaîne en or d’environ dix pouces de longueur de fabrication antique et pittoresque.»

Selon le rapport, Mme Culp soupçonnait initialement que la chaîne avait été accidentellement échappée dans le conteneur de charbon, mais en ramassant la chaîne, elle a vu que le bijou était en fait toujours attaché au charbon lui-même. La Commission Géologique de l’État de l’Illinois a affirmé que ce charbon s’est formé quelque part entre 260 et 320 millions d’années.

Des murs

Des blocs bien polis

« En 1928, moi, Atlas Almon Mathis, travaillais dans la mine de charbon n° 5, située à deux miles au nord de Heavener, Oklahoma. C’était une mine à ciel ouvert, et ils nous ont dit qu’elle faisait deux miles de profondeur. C’était dans la «salle 24» de cette mine, un soir où Mathis avait fait exploser du charbon en utilisant des explosifs, qu’il découvrirait dans le sol la preuve physique du travail d’une civilisation ancienne.

Le lendemain matin, il y avait plusieurs blocs de pierre agglomérée gisant dans la pièce. Ces blocs étaient des cubes de 12 pouces et leur surface était si lisse et polie que les six côtés pouvaient servir de miroirs. »

Mur avec hiéroglyphes

L’auteur et astronome M.K. Jessup raconte dans un ouvrage l’anecdote suivante:

« Il a été signalé que James Parsons et ses deux fils ont exhumé un mur d’ardoise dans une mine de charbon à Hammondville, Ohio, en 1868. Il s’agissait d’un grand mur lisse, découvert lorsqu’une grande masse de charbon s’en est détachée. À sa surface, sculptées en relief épais, se trouvaient plusieurs lignes de hiéroglyphes. »

Hypothèses pour expliquer ces artefacts impossibles

Comment expliquer que des objets, fabriqués de toute évidence par l’homme, soient engloutis dans des couches rocheuses vieilles de millions d’années? Survolons les différentes hypothèses.

Théorie de l'ancienne civilisation humaine

La première hypothèse qui est habituellement avancée est celle d’une ancienne civilisation humaine qui aurait existé il y a fort longtemps et qui aurait été oubliée. Toutefois, cette théorie n’est pas sans accrocs. D’abord, il faudrait réécrire l’histoire de l’humanité. 

Ensuite, il faut remettre en perspective les dates mentionnées. Plusieurs des objets décrits dans cet article ont été trouvés dans du charbon vieux d’environ 300 millions d’années. Et pour comparer:

  • L’Homo Sapiens est vieux de 300 000 ans.
  • L’Homo Erectus est vieux de 2,8 millions d’années
  • Le premier T-Rex est apparu il y a 68 millions d’années
  • Les premiers mammifères sont apparus il y a plus de 160 millions d’années
  • Pangée, le continent unique, s’est séparé il y a 200 millions d’années!

Cette théorie implique donc qu’il y avait une civilisation évoluée d’humains avant les premiers mammifères, avant les grands dinosaures, avant même que Pangée se divise en plusieurs continents!

De plus, comment expliquer qu’ils aient fabriqué un objet appartenant clairement à une civilisation précise, comme la cloche Garuda trouvée en Virginie?

Théorie de la formation récente du calcaire

Même si certains calcaires sont vieux de centaines de millions d’années, il peut arriver qu’une concrétion calcaire trouvée soit de formation récente. 

Par exemple, il existe une « fontaine pétrifiante » au Royaume-Uni (Mother Shipton’s Cave) qui recouvre de minéraux des objets laissés dans la chute d’eau, et en l’espace de quelques mois, ces objets prennent une apparence de pierre. Ce processus est rendu possible grâce à une évaporation rapide et à la haute teneur en minéraux de cette eau.

Il est important de mentionner que ce processus est très différent de la transformation en bois pétrifié, où les molécules mêmes du bois sont remplacées par des minéraux (comme les outils en bois d’Aix en Provence mentionnés plus haut), et non simplement recouvertes de minéraux comme dans le cas des objets de Mother Shipton’s Cave.

mother shipton's cave
Objet recouvert de minéraux à Mother Shipton's Cave

Cette théorie comporte donc des accrocs elle aussi, et ne peut certainement pas expliquer tous les artefacts impossibles mentionnés dans cet article. Mais elle peut sûrement expliquer l’artefact suivant: 

Le marteau de London

En 1936, Max et Emma Hahn, alors qu’ils faisaient une promenade le long de la rivière Red Creek dans le village de London, au Texas (États-Unis), trouvèrent un morceau de bois qui émergeait d’une pierre, comme s’il y était encastré. Une fois la pierre brisée, elle a révélé un marteau avec une tête de fer de 15 cm par 25 mm et un manche brisé en bois. Cet outil est semblable aux marteaux qui étaient utilisés dans la région par les mineurs au 19ème siècle. 

La pierre qui contient l’objet est un calcaire datant de 400 millions d’années. Mais certains sceptiques théorisent qu’une partie seulement de la pierre a cet âge. Le marteau, probablement posé sur le sol par un mineur, aurait subi un recouvrement de minéraux comme les objets de la fontaine pétrifiante mentionnés plus haut. Cette concrétion calcaire aurait aggloméré non seulement l’outil de mineur, mais aussi du matériel calcaire vieux de millions d’années qui se trouvait à cet endroit.

marteau de london
Le marteau de London - Photo par David Lines

Théorie de la création du monde en 7 jours, comme décrit dans la Bible

Certaines personnes sont très sérieuses lorsqu’elles affirment qu’elles ne croient pas en la théorie de l’évolution, et qu’elles sont convaincues que l’histoire de la création du monde, telle que décrite dans la Bible, est la vérité. Ces créationnistes ont même fondé plusieurs musées, dont le Creation Evidence Museum of Texas, aux États-Unis. Le marteau de London, décrit plus haut, est exposé dans ce musée en tant que « preuve » de leur théorie.

Théorie des objets qui disparaissent pour réapparaître dans des endroits impossibles

Certains croient qu’il existe des anomalies spatio-temporelles. Ces anomalies demeurent inexpliquées, mais les témoignages les concernant sont analysés par des chercheurs en paranormal qui tentent de creuser la question. Parmi ces anomalies, certaines concernent des objets qui disparaissent pour réapparaître dans des endroits impossibles.

Est-ce que ce genre d’anomalies serait à l’origine des artefacts insolites mentionnés dans cet article? Est-ce qu’une cloche sacrée de Garuda s’est délocalisée pour se rematérialiser dans un morceau de charbon en Virginie? 

Conclusion

Comme vous le voyez, aucune hypothèse n’est vraiment concluante. À votre avis, quelle est la meilleure explication? N’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous!

Références

Des crapauds trouvés vivants dans un bloc de pierre

Voici un phénomène naturel impossible. Un truc qui ne se peut pas, mais pourtant, qui existe.

Des animaux sont retrouvés enfermés dans des pierres ou des arbres, sans aucun moyen de respirer ou de se nourrir.

Et sans aucun moyen d’y entrer ou d’en sortir… Et pourtant, ils vivent.

Introduction

En septembre 1770, lors de la rénovation du mur d’un château français, un crapaud fut trouvé emmuré dans le plâtre. Et l’animal était encore en vie! Le plâtre de ce mur avait été appliqué 40 ans auparavant, et n’avait pas été touché depuis. 

Encore plus surprenant, le récit d’ouvriers anglais qui travaillaient, en 1852, à extraire des minéraux lorsqu’ils sont tombés à une profondeur de 4 mètres, sur un gros rocher. La pierre a dû être brisée en morceaux pour la dégager. Près du centre de cette grosse pierre, un crapaud vivant fut trouvé dans une cavité! L’animal faisait 15 centimètres de diamètre, et il mourut peu de temps après avoir été libéré. 

Mais comment ces animaux se sont-ils retrouvés là? Il n’existait aucun moyen d’entrer ou de sortir du plâtre, ou de ce rocher. Et comment ont-ils pu survivre dans de telles conditions? Comment pouvaient-ils respirer, boire et manger?

Bien que complètement étranges, ces deux événements ne sont pas les seuls dans leur genre. Si on fouille dans les document historiques, on peut y trouver plus de 200 cas répertoriés de reptiles encastrés dans la pierre ou dans un matériel semblable. Et cela, sans compter tous les autres cas qui n’ont pas été officiellement documentés.

crapaud

Voici quelques cas intéressants

Une tortue vivante

En 1976, une équipe d’ouvriers, à Fort Worth au Texas, détruisait du béton qui avait été coulé un an plus tôt. À l’intérieur de ce béton, une tortue vivante fut découverte dans une poche d’air qui faisait exactement la forme de l’animal. La tortue est morte quelques jours après sa découverte.

Un crapaud à la bouche scellée

En 1865, le journal Hartlepool Free Press a rapporté que des ouvriers travaillant à extraire un bloc de calcaire magnésien situé à 25 pieds sous terre, ont découvert dans la pierre une cavité qui contenait un crapaud vivant.

« La cavité n’était pas plus grande que l’animal et semblait être une moulure de son corps. Les yeux du crapaud brillaient d’un éclat inhabituel et l’animal s’est montré plein de vie lorsqu’il fut libéré. On aurait dit, au moment de sa découverte, que l’animal voulait respirer, mais qu’il avait de la difficulté. Le seul indice de son succès, était une sorte d’aboiement (…). Sa bouche était complètement close, et il émettait son bruit d’aboiement par les narines. Les griffes de ses pattes avant étaient tournées vers l’intérieur, et les griffes de ses pattes arrière étaient d’une longueur exceptionnelle, ce qui ne ressemble pas au crapaud anglais moderne. Lorsqu’il fut trouvé, le crapaud était de couleur pâle et on ne le distinguait pas facilement de la pierre. Mais en peu de temps, sa couleur devint plus foncée et tourna en un brun olivâtre. »

Deux bêtes dans la même cavité

"En Algérie au début de 1943, je travaillais avec une équipe chargée de l'extraction de la pierre, dont on avait besoin pour la construction de routes ou pour remplir des cratères laissés par les bombes... Un matin, nous avions fait exploser les charges comme d'habitude et j'ai commencé à enlever les roches de la carrière, lorsque j'ai aperçu dans une cavité du rocher un crapaud de bonne taille, et à côté de lui, un lézard d'au moins neuf pouces de long. Ces deux animaux étaient vivants, et ce qui était le plus surprenant, c'est que la cavité dans laquelle ils se trouvaient était à au moins 20 pieds de la surface. Autant comme autant, nous avons essayé de comprendre comment il était possible que les deux bêtes se trouvent là où elles étaient - il n'y avait aucune ouverture ni aucune fissure menant à la cavité ...
Soldat britannique de la deuxième guerre mondiale

Animaux enfermés dans des troncs d'arbres

Il y a aussi quelques cas rapportés de reptiles trouvés emmurés à l’intérieur de troncs d’arbre. L’Académie Française des Sciences a publié en 1719 le récit d’un grand orme qui avait cassé. Au centre du tronc d’arbre, à environ 4 pieds au-dessus des racines, un crapaud vivant y était encastré, emplissant complètement un trou au centre de l’orme. 

68 crapauds dans le même arbre

Le Uitenhage Times d’Afrique du Sud a publié en 1876 l’histoire de bûcherons qui transformaient un arbre en planches lorsque, dans un trou au creu de l’arbre, ils ont trouvé 68 petits crapauds de la taille d’un raisin.

« Ils étaient de couleur beige, presque jaune, et parfaitement sains, sautillant comme si de rien n’était. Tout ce qui les entourait, c’était du bois jaune solide, avec rien qui puisse indiquer comment ils auraient pu arriver là, pendant combien de temps ils sont restés là, ou comment ils ont pu survivre sans nourriture, sans boisson, et sans air. »

grenouille par joe mcdonald
Photo par Joe McDonald

Mais comment se sont-ils retrouvés là?

Laissons de côté les hypothèses les plus farfelues, comme l’oeuvre du démon, la génération spontanée d’animal ou le phénomène divin qui aurait conservé certains animaux vivants dans la pierre lors du déluge… (ces hypothèses ont réellement été évoquées!) Voyons plutôt en détail les hypothèses plausibles:

Hypothèse: Les oeufs

Dans des rapports anciens sur le phénomène, il est souvent spéculé que des oeufs de crapauds ou de grenouilles ont dû se retrouver dans une cavité, et que l’animal a grossi, jusqu’à remplir le trou… Ce qui pourrait peut-être expliquer les fois où des reptiles ont été découverts en grappe dans du bois ou du béton. 

Le biologiste de renom Julian Huxley a partagé avoir reçu une lettre dans laquelle un technicien d’une compagnie de gaz explique qu’il venait de briser un plancher de béton lorsque ceci se produisit:

"Mon collègue a laissé tomber son marteau en s'exclamant "On dirait une patte de grenouille!"
Nous nous sommes tous les deux approchés pour mieux voir, et il y avait vraiment une grenouille dans le béton.
Sans utiliser le marteau cette fois, j'ai doucement coupé le reste du bloc de béton.
Nous avons libéré 23 minuscules grenouilles parfaitement formées qui sont parties en sautant en direction du jardin."
Technicien du gaz
Royaume-Uni

Serait-il possible que le béton ait été fait avec de l’eau puisée à même une rivière ou un étang tout proche, et qu’elle contenait des oeufs de grenouille? Et que ces oeufs se soient développés dans le béton, pour former un groupe de batraciens encastrés? Difficile de comprendre comment les animaux ont pu se développer sans eau, sans nourriture, et sans air.

Hypothèse: Méprise des témoins

Sous-entendant que les ouvriers ne sont ni très intelligents ni très observateurs, un auteur a formulé cette hypothèse dans le journal Nature en 1910 : 

« La véritable interprétation de ces prétendus événements semble être simplement ceci: une grenouille ou un crapaud sautille dans les alentours, alors qu’une pierre est en train d’être brisée, et l’observateur non-scientifique se précipite immédiatement sur la conclusion qu’il a vu la créature émerger de la pierre elle-même. »

S’il est possible qu’il y ait eu quelques cas de méprise, cette explication ne tient plus la route lorsqu’on examine le cas suivant:

En 1821 un lézard vivant fut découvert dans un bloc de pierre qui était logé à 6 mètres de profondeur dans le sol. L’animal mesurait 3 centimètres et était enroulé sur lui-même. Il avait une tête ronde, des yeux brillants, et sa peau était d’une couleur jaunâtre. Après 5 minutes d’immobilité, l’animal commença à bouger et finit par s’enfuir.

Non seulement l’immobilité du reptile rend l’hypothèse précédente impossible, mais en plus, la cavité dans laquelle le reptile fut trouvé était moulée exactement à sa forme! 

Et voici un autre cas pour lequel l’hypothèse de l’animal qui saute près de l’ouvrier ne tient plus:

lézard
Image: imgur

L'histoire du lézard cornu nommé Old Rip

En 1897, la ville de Eastland, au Texas, inaugurait son tout nouveau palais de justice. Respectant la tradition, divers objets, comme des documents et une bible, furent placés dans une pierre symbolique dans le mur du bâtiment. 

Alors qu’on s’apprêtait à la refermer, un juge de paix s’est avancé avec son jeune fils. Celui-ci tenait dans ses mains le lézard cornu qu’il avait capturé le matin même. L’enfant glissa son reptile dans le bloc de marbre, et celui-ci fut scellé.

Old Rip
Old Rip empaillé et exposé au palais de justice - Photo: Weird US

En 1928, le palais de justice, maintenant trop petit pour la population croissante de Eastland, fut démoli pour faire place à la construction d’un plus grand édifice. La pierre angulaire fut ouverte, et il y fut découvert un lézard… encore vivant! Enfermé dans la pierre, sans eau, sans nourriture, et avec une quantité limitée d’oxygène, ce lézard avait survécu 31 ans!

Le « lézard qui refusait de mourir » devint tout de suite une légende dans la ville, et il fut surnommé Old Rip. Il était gardé dans un vivarium, où on le nourrissait avec des fourmis rouges. Il vécut ainsi un an et mourut. Il fut empaillé et exposé au palais de justice dans un présentoir ayant un fond en velours rouge, où on peut encore le voir aujourd’hui.

statue de Old Rip
Statue de Old Rip, Eastland, Texas - Photo: RoadsideAmerica.com

À chaque année, un festival nommé RipFest a lieu à Eastland, sur le thème des lézards et de leur célébrité locale, Old Rip.

Hypothèse: Canular

Tous les sujets du domaine du paranormal ont été imités, ou jour ou un autre, par ceux qui aiment créer des canulars. Ce phénomène est tellement envahissant que lorsqu’on enquête sur un dossier insolite, on doit toujours chercher les indices qui nous montrent où se trouvent les impostures, et trier le bon grain de l’ivraie.

Dans le cas des animaux encastrés dans la pierre, il y a un spécimen conservé au Booth Museum of Natural History (Royaume-Uni) qui pourrait être un faux. Il avait été présenté au monde par Charles Dawson, un archéologue amateur doublé d’un faussaire, qui est à l’origine de plusieurs forgeries.

Serait-il possible, dans ce cas, que TOUS les récits de reptiles encastrés dans la pierre soient des canulars?

crapaud dans la pierre
Spécimen conservé au Booth Museum of Natural History qui pourrait être un faux - Photo: Wikipedia

Avis de scientifiques

Mais comment savoir? L’avis des experts peut être important pour déterminer si un événement est une forgerie ou non. Voici quelques scientifiques qui ont été confrontés à la question des reptiles trouvés vivants dans la pierre:

Ambroise Paré

Ambroise Paré fut témoin du phénomène en 1561. (Il sera plus tard physicien du Roi Henri III de France). 

"J'étais dans mon château, près de Meudon, et j'avais demandé à un cantonnier de me casser quelques pierres. Au milieu de l'une d'elles, il trouva un énorme crapaud, plein de vie, et sans que la moindre ouverture capable de lui laisser le passage soit visible. L'ouvrier me dit que ce n'était pas la première fois qu'il découvrait un crapaud, ou de telles autres bestioles, à l'intérieur d'énormes blocs de pierres."
ambroise paré
Ambroise Paré
Physicien du Roi de France

Dr. Edward D. Clarke

Un géologue, le Dr. Edward D. Clarke, fit une surprenante découverte alors qu’il cherchait des fossiles dans une carrière de craie du crétacé. À plus de 80 mètres de profondeur, il découvrit des tritons en parfait état de conservation. Après les avoir dégagé avec précaution, il les plaça au soleil, et à sa plus grande stupéfaction, les reptiles commencèrent à bouger. Deux d’entres eux moururent en peu de temps, mais le troisième semblait si vigoureux que le géologue le plaça dans une mare d’eau et le triton parvint à s’échapper.

Le Dr Clarke déclara que ces tritons appartenaient à une espèce auparavant inconnue.

triton alpestre

Scientifiques de l'Institut Smithsonian

Lors d’une excavation d’os anciens en 1960, des scientifiques de l’institut américain Smithsonian ont fait une découverte à laquelle ils ne s’attendaient pas. Outre les os de mammouths et de tigres à dents de sabre, ils ont trouvé des grenouilles à l’intérieur de boules d’argile durcies. Certains amphibiens étaient morts, mais d’autres vivaient encore. Les grenouilles n’avaient pas de pigmentation, et elles étaient si transparentes qu’on pouvait voir leur coeur battre. Autre détail insolite, elles avaient la bouche scellée. Les scientifiques les ont datées de la même époque que les mammouths, mais n’ont pas expliqué le mystère entourant leur survie.

Expérimentations scientifiques

Ce phénomène des reptiles encastrés dans la pierre, semble, à prime abord, géologiquement et biologiquement impossible. C’est pourquoi plusieurs scientifique, au fil des ans, ont eu l’idée de faire des expériences sur le sujet.

L'expérience d'Hérissant

En 1771, le naturaliste français Louis-Théodore Hérissant a enfermé trois crapauds dans des compartiments de plâtre, qui étaient eux-mêmes encastrés dans du bois. Deux ans plus tard, deux des crapauds étaient encore en vie. 

L'expérience de Séguin

En 1862, le français Alexandre Séguin a emprisonné vingt crapauds dans du plâtre, puis les a enterrés. Douze ans plus tard, quatre d’entre eux étaient encore en vie.

L'expérience de Buckland

Le Professeur William Buckland, un anglais qui était théologiste, géologue et paléontologue, décida de mener sa propre expérimentation. En 1825, il enferma 24 crapauds de différentes tailles dans des niches creusées dans deux blocs de pierre, soit un bloc de calcaire et un bloc de grès. Ces pierres furent enterrées dans son propre jardin à trois pieds de profondeur. En même temps, il enferma quatre crapauds dans des cavités faites dans un pommier sur son terrain, et les trous furent fermés par des bouchons de bois. 

Un an plus tard, tous les crapauds insérés dans le grès et dans le pommier étaient morts. Toutefois, quelques bêtes enfermées dans le calcaire avaient survécu. En inspectant les résultats de son expérience, Buckland se rendit compte que certains scellés appliqués sur le calcaire étaient brisés. Il replaça les crapauds vivants dans le bloc de calcaire, apposa de nouveaux scellés, et les enterra à nouveau. Cette fois, aucun d’eux ne survécut. 

William Buckland
William Buckland

Buckland en a conclu que les crapauds ne peuvent pas survivre dans la pierre pour de longues périodes de temps, et il affirma que les déclarations sur le phénomène des animaux encastrés étaient erronés. La majorité des scientifiques, à l’époque, étaient de son avis. 

Il fut plus tard prouvé par Lazzaro Spallanzani que les crapauds peuvent survivre quelques années sous terre grâce à leur capacité à ralentir leur métabolisme pour hiberner. De plus, le Professeur Buckland admit lui-même que son expérience n’était pas faite avec des animaux en santé, puisqu’avant d’être enfermés, les crapauds avaient été conservés chez lui pendant quelques mois sans être suffisamment nourris. Si Buckland avait mené son expérience avec une meilleure rigueur scientifique, il aurait dû obtenir des résultats semblables à ceux de Séguin, d’Hérissant et de Spallanzani.

Mais l’histoire de Buckland et des reptiles encastrés ne s’arrête pas là. Quelques années plus tard, lors de la Grande Exposition de Londres, le Professeur Buckland fut enragé de voir, exposés côte à côte, un morceau de charbon et une grenouille. Il était expliqué que des mineurs avaient trouvé cette grenouille vivante dans le charbon. Furieux, le Professeur demanda que l’objet soit retiré de l’exposition, expliquant que le phénomène était faux. Son accès de rage de passa pas inaperçu. Le public lui répondit en envoyant au département d’histoire naturelle du British Museum, d’innombrables spécimens de crapauds et de grenouilles qui avaient été trouvés dans la pierre!

Hypothèse: L'hibernation

Lazzaro Spallanzani, biologiste du 18ème siècle, a été le premier chercheur à faire une étude systématique sur l’hibernation. Il a découvert que la respiration et la digestion cessent de fonctionner chez certains animaux en hibernation. Il a aussi expliqué que leur circulation du sang devient extrêmement lente. 

Spallanzani a réussi à conserver des grenouilles et des serpents en état d’hibernation pendant 3 ans en maintenant la température ambiante entre 38° et 39° F. Selon lui, la température est la clé pour activer la torpeur d’hibernation chez l’animal. C’est aussi la clé pour le réveiller, puisque c’est une montée de température dans son environnement qui réveille l’animal au printemps.

Spallanzani
Statue de Spallanzani à Scandiano
Pour hiberner, l’animal abaisse son métabolisme au point de n’utiliser que très peu d’énergie; même son rythme cardiaque et sa température corporelle diminuent, et normalement il ne mange pas. (...)

Les crapauds qu’on trouve communément sur les sentiers et dans les jardins, comme le crapaud d’Amérique, hibernent sur terre. Comme les forêts et les champs gèlent, bien sûr, et que même le sol gèle, les crapauds doivent se trouver un endroit qui échappe au gel.

Pour cela, ils creusent! Les pieds arrière des crapauds sont dotés d’une excroissance durcie leur permettant de creuser dans le sol. Ils doivent creuser, souvent à plus de 50 cm, jusqu’à la profondeur de gel, où ils passeront l’hiver. Ce n’est qu’une fois la température du sol réchauffée au printemps qu’ils ressortiront.
david legros
David LeGros
Naturalistes du parc provincial Algonquin (Ontario)

Une explication partielle

Les études sur l’hibernation semblent nous donner une réponse partielle au mystère qui nous préoccupe: ces animaux peuvent survivre sans manger, ni boire, ni respirer pendant quelques années s’ils sont placés dans des conditions semblables à celles de leur hibernation naturelle. Cela pourrait expliquer les cas de reptiles qui sont restés enfermés quelques années dans du béton coulé par l’homme, et qui étaient toujours vivants au moment où le béton a été détruit.

Pour les cas de reptiles enfermés dans de la pierre vieille de milliers d’années, pourrait-on évoquer la même explication? Il n’existe pas d’expérience scientifique qui le prouve.

Mais si assez de sédiments s’accumulent sur l’argile ou la terre dans lequel le reptile s’est camouflé pour passer l’hiver, la température du sol où se trouve l’animal ne subira plus les mêmes variations de température, étant maintenant trop loin de la surface. Donc, rien ne viendra déclencher le réveil de l’animal au printemps, et celui-ci pourrait garder son état de torpeur pendant des siècles, le temps que l’argile ou la terre se transforme en pierre… serait-ce une explication plausible? 

crapaud qui se prépare à hiberner
crapaud qui se prépare à hiberner

Une pierre chauffée au soleil

Voici une anecdote qui pourrait donner raison à cette hypothèse:

Dr I. W. Smith, de Lockport dans l’État de New York, a raconté qu’en 1812, lorsque des ouvriers creusaient le sol pour la construction de sa cave, ils amassaient tout ce qu’ils extrayaient du sol au même endroit et cela formait un talus. Sur le dessus de ce talus, se trouvait un morceau de grès rouge, et comme il était pratiquement au sommet, il avait dû être extrait vers la fin de l’excavation, et donc se trouver vers 6 pieds de profondeur dans le sol. 

Des jours plus tard, lorsque le Docteur a décidé de briser cette pierre de grès, il y a trouvé une grenouille qui semblait récemment décédée. Il a spéculé que le batracien devait être vivant dans la pierre lors de son extraction du sol, et lorsque la pierre a passé plusieurs jours en plein soleil au sommet de ce talus, elle a chauffé, réchauffant du même coup le corps de la grenouille qui s’y trouvait encastré. L’animal, s’éveillant de sa torpeur grâce à la température montante, n’a probablement pas pu survivre à cette prison de pierre dans laquelle l’oxygène était rare, et est décédé peu de temps avant que le Docteur Smith ne le libère. 

grenouille

Conclusion

De nos jours, les amphibiens sont les vertébrés connaissant le déclin le plus marqué de leur population. Le changement climatique est incontestablement une des causes majeures de ce déclin. Cependant, il n’est pas possible pour l’instant de prévoir quel sera l’effet sur ces animaux des hivers plus doux et plus courts qui viendront dans les années à venir, principalement en raison d’un manque d’études expérimentales contrôlées.

Les connaissances sur l’hibernation des reptiles sont donc partielles, et il n’est pas possible non plus, pour l’instant du moins, de lier le phénomène des crapauds enfouis dans des blocs de pierre depuis des milliers d’années, avec leur hibernation.

Une meilleure compréhension de l’hibernation permettrait sûrement aux scientifiques de faire d’intéressantes percées en biologie, et d’aider les espèces à survivre aux changements climatiques actuels… et de résoudre enfin ce mystère des reptiles encastrés dans la pierre!