Le rituel de Bloody Mary, ou Marie Sanglante

Le rituel de Bloody Mary, ou si vous préférez Marie Sanglante, est-ce seulement une légende urbaine?

Que se passe-t-il quand le rituel fonctionne vraiment?… 

Invoquer Bloody Mary

« En première année, une amie et moi avons décidé d’essayer le rituel de Bloody Mary. L’école que nous fréquentions avait des salles de classe au sous-sol. Il faisait très sombre dans cette zone car il n’y avait pas de fenêtre. Mon amie et moi avons demandé à utiliser les toilettes. En chemin, nous avons échangé des hypothèses sur ce qui allait se passer. Je pense que ni l’une ni l’autre d’entre nous n’était préparée aux conséquences. Une fois dans la salle de bain, nous avons éteint la lumière. Il faisait sombre. Très sombre. Il n’y avait même pas une fente de lumière qui passait sous la porte. C’était une petite salle de bain, deux toilettes et deux lavabos. Et deux miroirs. Nous avons décidé de nous tenir ensemble devant un miroir. Nous avons dit « Bloody Mary » cinq fois. 

Au début, nous avons rigolé. Soudain, j’ai senti, plutôt que vu, quelqu’un d’autre dans la salle de bain. Une main a frappé l’intérieur du miroir, comme si quelqu’un pris à l’intérieur essayait de s’en échapper. On entendait les pleurs rauques d’une femme, et ça ne provenait d’aucune d’entre nous. À ce moment-là, nous avons toutes les deux crié et couru. Je ne vous mens pas, j’ai eu des cauchemars, des cauchemars intenses et terrifiants, pendant des mois. Les cauchemars impliquaient une femme de l’ère victorienne couverte de sang. Je n’ai aucune idée de qui elle est, ni de comment j’aurais pu l’imaginer par moi-même. En tant qu’élève de première année, j’ai appris ma leçon. J’ai 26 ans aujourd’hui et j’ai toujours peur des endroits exigus et sombres… et des miroirs. » lindzlo

La légende de Bloody Mary

Il existe plusieurs versions du rituel à exercer pour invoquer Bloody Mary, et quelle que soit la version, un miroir est toujours nécessaire, et son nom est prononcé. Le but de l’invocation est de faire apparaître Marie Sanglante dans le miroir. D’ailleurs, ce concept du miroir utilisé comme porte entre notre monde et le monde des esprits est présent dans plusieurs croyances divinatoires.

« Quand j’avais environ 15 ans, ma cousine et moi avons fait le rituel de Bloody Mary pour nous donner des émotions fortes. Nous ne croyions pas que la légende était vraie. (…) Nous avions à toucher le miroir dans une pièce sombre et à prononcer son nom trois fois. Nous l’avons fait sans s’attendre à quoi que ce soit. Mais quand nous avons regardé dans la glace, une entité verte est apparue. Pas Bloody Mary, mais autre chose. La salle de bain avait une armoire à pharmacie en miroir juste à côté de la glace. L’entité verte éclairait la glace, et à cause de cela, les deux miroirs se reflétaient l’un dans l’autre, comme dans les maisons aux miroirs dans les parcs d’amusement. Nous avons essayé d’allumer la lumière de la pièce pour faire disparaître l’entité. Mais l’interrupteur et la poignée de la porte avaient disparu pendant un bon cinq minutes. Nous avons tellement paniqué que ma cousine ne laisse même pas ses enfants, ses nièces et ses neveux mentionner le nom Bloody Mary devant elle. 

Je sais que ce n’était pas Bloody Mary, mais une entité sombre et sinistre. À ce jour, je refuse toujours d’aller dans une salle de bain sombre. Ça me donne des attaques de panique. Je crois que le rituel n’invoque pas Mary, mais des forces obscures. Certains expérimentent la présence d’une entité, alors que d’autres n’expérimentent rien. Ce n’était pas la première fois que nous essayions ce rituel, mais ce fut la dernière. » – pacificlykaotic

Qui est Bloody Mary ?

Selon la légende, Marie Sanglante serait une femme qui aurait vécu il y a quelques siècles et qui aurait été exécutée pour sorcellerie. D’autres parlent d’une belle femme atrocement mutilée.

Enfin, il y a Mary Tudor, Reine d’Angleterre, qui a réellement existé et qui porte vraiment le sobriquet de « Bloody Mary » à cause de tous les protestants qu’elle a fait exécuter pour leurs religions. 

Un autre point intéressant concernant la Reine Mary 1ère, c’est qu’elle a porté un bébé fantôme. Mary est devenue Reine à l’âge de 37 ans, et il était urgent qu’elle se marie et qu’elle ait un héritier pour le trône. Finalement mariée à Philip II d’Espagne, elle a vu son ventre grossir dans les mois suivants son mariage, et elle a même senti l’enfant bouger. L’enfant était attendu pour Mai 1555. Mais la Reine n’accouchait pas. Au mois d’Août, il était devenu évident que c’était une grossesse nerveuse, et qu’aucun bébé ne viendrait au monde. Son ventre s’est peu à peu désenflé.

La Reine est décédée en 1958, sans avoir eu d’enfant.

Mary Tudor
Mary Tudor, surnommée "Bloody Mary"

Il existe des variantes du rituel de Bloody Mary qui tiennnent compte du bébé fantôme. Il est dit, par exemple, qu’un participant peut être poursuivi par Bloody Mary qui cherche celui qui a volé son bébé.

Une des variantes du rituel incluant le bébé

« Lorsque je fréquentais l’école, vers la troisième année je pense, certaines des autres filles m’ont parlé de Bloody Mary. Vous allez dans la salle de bain, éteignez les lumières, tournez trois fois et dites « Bloody Mary, Bloody Mary, Bloody Mary! » devant le miroir. Un point rouge apparaît dans le miroir et se transforme en une femme trempée de sang tenant un bébé. Elle vous demande de tenir son bébé. Si vous prenez le bébé, elle essaiera de vous attraper et de vous ramener en enfer avec elle. La seule façon de l’arrêter est d’aller à l’interrupteur et de l’allumer, ce qui la fait fondre et s’éclipser dans le sol. 

Eh bien, comme je l’ai dit, j’étais en troisième année et cela m’a fait peur pendant de très nombreuses années. Surtout après que quelqu’un se soit faufilé pendant que j’utilisais les toilettes, a éteint les lumières, a entonné le chant et est sorti en courant, me laissant dans une salle de bain obscure, effrayée à en mourir. Cela m’a marquée. Je me souviens très bien d’avoir passé la nuit chez ma grand-mère, qui avait l’une de ces vieilles horloges numériques avec des chiffres rouges. Je ne savais pas d’où venait la lumière rouge et elle brillait dans le miroir de la pièce dans laquelle je dormais. Je suis restée sous les couvertures et je n’ai pas dormi du tout cette nuit-là. »reluctanthuggr

Qui invoque-t-on vraiment ?

Bien qu’il s’agisse d’une légende urbaine, certains spécialistes des hantises expliquent qu’invoquer Marie Sanglante peut être une façon de faire entrer des esprits malveillants dans votre vie. Ils insistent pour dire qu’il n’existe pas réellement de Bloody Mary, mais que de faire le rituel signifie ouvrir une porte, et on ne sait pas qui va entrer.

« Avant même de faire le rituel de Bloody Mary, je sentais tout le temps que quelqu’un me regardait. J’entendais constamment des grattements, des petits coups. Alors, j’ai eu l’idée géniale de jouer à Marie Sanglante, pendant que j’étais seule à la maison. J’ai fait le rituel en éteignant les lumières, en tournant trois fois sur moi-même et à chaque tour, je disais « Bloody Mary ». Au troisième tour, je me suis arrêtée et j’ai regardé autour de moi dans la salle de bain, je ne l’ai pas entendue mais à la place, j’ai vu une ombre. Cette ombre était énorme, sombre, et très, très effrayante. J’ai crié et j’ai allumé les lumières. J’ai fait un peu de recherches sur ce que cette ombre pourrait être, et jusqu’à aujourd’hui, elle hante toujours ma mémoire. D’une certaine façon, je n’ai pas eu Bloody Mary, mais à la place, un esprit de l’ombre ou un démon de l’ombre. » JustBrowsingFR

D’un autre côté, certaines personnes qui s’y connaissent en magie de toutes sortes affirment que Marie Sanglante peut vraiment être invoquée, que le vrai rituel est plus complexe, et refusent d’en partager les détails. À mon avis, un excellente façon de piquer la curiosité des gens et de perpétrer le mythe.

Aimer se faire peur

Pourquoi les jeunes aiment-ils tant appeler Bloody Mary et flirter avec le danger? À un certain âge, les jeunes ont une faim de sensations fortes. Participer à des jeux rituels, ou jouer dans le noir peut être un bon moyen pour avoir du plaisir tout en relâchant ses peurs et ses anxiétés, dans un contexte sécuritaire. 

"La réponse physiologique à la peur est très similaire à la réponse physiologique que l'on obtient lorsqu'on est excité. Le cœur qui bat rapidement, les picotements dans les doigts… les pensées qui s'emballent."
Nick Falk
Psychologue pour enfants

Quand le cerveau nous joue des tours

« Je ne l’ai fait qu’un seule fois, il y a quelques semaines. Rien ne s’est produit à ce moment-là, mais quand je suis allée me coucher, j’ai fait un cauchemar. Il y avait cette fille au teint pâle et aux cheveux noirs. Elle disait des choses à mon sujet que je ne connais même pas moi-même. Quand je lui ai demandé comment elle savait tout ça, elle m’a répondu: « Mary me l’a dit ». » psychoscream100 

Est-ce notre imagination qui nous joue des tours? Ou est-ce plutôt notre cerveau?

Outre la paréidolie, qui consiste à voir une forme familière comme un visage dans un motif quelconque, l’illusion du « visage étrange dans le miroir » pourrait expliquer certains témoignages d’apparition de Bloody Mary. Cette illusion a été décrite par le psychologue italien Giovanni Caputo. Lors de ses expériences, il demandait à ses sujets de fixer leur réflection dans un miroir placé à 40 cm devant eux pendant 10 minutes, dans une pièce faiblement éclairée. 

  • 66% des participants ont rapporté d’importantes déformations de leur propre visage;
  • 18% d’entre eux ont rapporté avoir vu le visage d’un de leur parent avec des traits différents;
  • 28% ont dit avoir vu une personne inconnue;
  • 28% ont rapporté avoir vu un visage archétype, comme une vieille femme, un enfant, le portrait d’un ancêtre;
  • 18% le visage d’un animal;
  • 48% un visage fantastique ou un être monstrueux.

Le rituel de Bloody Mary servirait à mettre en place les éléments idéaux pour déclencher une telle illusion.

Vous avez vécu une expérience intéressante lors d’un rituel de Marie Sanglante? Parlez-nous-en dans la section « Commentaires » au bas de la page. On veut vous entendre!

La montagne qui avale les gens

Thomas Gaiford, un britannique de 20 ans, est enthousiaste en cette journée de novembre 2014 à l’idée de se rendre au sommet du Mont Nyangani, la plus haute montagne du Zimbabwe. Mais cet optimisme le quitte lorsque, vers 3 heures de l’après-midi, un épais brouillard commence à engloutir tout ce qui entoure le jeune étudiant. Désorienté, incapable de trouver son chemin à travers cette soupe aux pois, il décide d’installer son camp, de planter sa tente, et d’attendre que le brouillard se dissipe. Mais la montagne ne compte pas le laisser en paix. Il subit d’abord les assauts d’une pluie soudaine qui s’abat sur lui avec force. Il est ensuite envahi par la noirceur, et est forcé malgré lui à passer la nuit sur place. Au courant de la nuit, il se retrouve encerclé par plusieurs animaux, et c’est à ce moment-là qu’il repense aux mises en garde que les villageois locaux lui ont dit: « Ignore tous les animaux ayant un comportement bizarre, car ces bêtes ne sont pas de notre monde ».

"J'ai prié et j'ai dormi pendant 10 heures. Plusieurs serpents effrayants se sont approchés de moi. Je ne les ai pas dérangés. Ils sont venus en nombre, mais je suis resté immobile. L'endroit était peuplé de plusieurs animaux, et je pouvais voir leurs yeux rouges brillants qui me regardaient. Mon caractère a été testé. Je suis resté ferme. Je me suis réveillé le lendemain matin, et le brouillard s'était levé."
thomas gaiford
Thomas Gaiford
Touriste au Mont Nyangani

Est-ce là les divagations d’un homme secoué par la peur, ou est-ce que quelque chose de surnaturel se passe sur cette montagne? 

Une montagne sacrée

Le parc national de Nyanga, l’un des plus anciens et des plus grands parcs nationaux du pays, est situé au cœur d’une nature sauvage à couper le souffle, dans l’Est du Zimbabwe. Des paysages magnifiques et une abondance de vie sauvage ont fait de ce parc une des attractions préférées des touristes qui visitent le pays. Au centre de cette nature se trouve le plus haut pic du pays (2592 mètres), le majestueux Mont Nyangani, anciennement appelé Inyangani. Mais ce mont a un surnom à donner la chair de poule: la montagne qui avale les gens. Il a gagné ce sobriquet en engloutissant régulièrement des individus qui s’y sont aventurés.

Selon les anciens du coin, c’est une montagne sacrée, et il faut respecter les esprits ancestraux qui y habitent. Sous peine d’être avalé.

Expériences paranormales

Autant les touristes que les locaux affirment avoir expérimenté dans cet endroit des anomalies bien singulières. On dit que l’équipement électronique se brise, et que les boussoles ne savent plus où est le Nord. Certaines photos qui y sont prises ne se développent pas correctement. La météo y est sournoise, avec des rafales de vent inopportunes et des brouillards qui semblent suivre les randonneurs délibérément, comme un harceleur.

Plusieurs visiteurs rapportent qu’à un moment donné, ils se sont sentis confus, étourdis, désorientés sans raison apparente. Même des randonneurs expérimentés qui connaissent bien l’endroit s’y perdent parfois, étant pris par des bouffées soudaines d’étourdissement et de nausée.

On y rapporte aussi des lumières étranges, des sons inexpliquables, des animaux qui observent les visiteurs et les suivent dans leur périple, des arbres tordus qui murmurent entre eux, et sur lesquels on distingue des visages humains, de gros rochers qui tombent dans une rivière pour y disparaître complètement comme s’ils étaient avalés, et l’eau des rivières qui virent au rouge sang.

Chef Hata, un leader traditionel, explique que chacun ressort d’une excursion dans la montagne avec une expérience différente. « Différents individus vont voir différentes choses », explique-t-il. Il avertit toutefois que de voir quelque chose d’étrange peut indiquer une activité spirituelle anormale, comme par exemple voir un arbre énorme, alors qu’il n’y en a pas sur cette montagne.

Plusieurs disparitions

Bien qu’on ne sache pas exactement combien de personnes ont été englouties par la montagne, plusieurs voyageurs qui y sont disparus sont restés introuvables.  

En 1981, les deux filles d’un officiel du gouvernement sont disparues sans laisser de trace dans la montagne, et une recherche intensive par air et par terre n’a rien révélé sur leur sort, pas même le moindre indice.

Un écolier de 12 ans, nommé Robert Ackhurst, s’est éloigné de son groupe lors d’une sortie scolaire, pour disparaitre à jamais. Troublé d’avoir perdu un des élèves sous sa supervision, son enseignant s’est suicidé l’année suivante.

En janvier 2014, deux couples sont partis en promenade aux petites heures du matin lorsque à mi-chemin, l’un des randonneurs, Zayd Dada, un homme de 31 ans, a voulu s’enfoncer un peu plus loin pour mieux voir un des magnifiques paysages qu’offre le Mont Nyangani pendant que les autres restaient sur place à se reposer. Après un temps, comme l’homme ne revenait pas, les autres se sont inquiétés et l’ont cherché, en vain. Des recherches exhaustives ont été entreprises pour le retrouver, impliquant l’armée, l’air force, et la police, ainsi qu’un grand nombre d’alpinistes, de traqueurs, d’amis, de membres de la famille et de bénévoles. De la technologie infrarouge, ainsi que de la technologie d’imagerie 3D par satellite furent utilisées. Chaque route qui conduit au sommet de la montagne fut méticuleusement inspectée. Zayd Dada n’a jamais été retrouvé. Avalé par la montagne, comme les autres avant lui.

Disparus et retrouvés

Outre ceux qui sont engloutis à jamais, il y a ceux qui disparaissent, et qui reviennent. Certains d’entre eux sont retrouvés en état de transe, incapables de se rappeler de ce qu’ils ont vus, ni de où ils ont été.

Un cas particulier est celui d’un officiel respecté du gouvernement qui est disparu lorsqu’il était jeune avec deux compagnons. Ce n’est qu’au quatrième jour que les opérations de recherche et sauvetage les ont trouvés vivants. Le trio a raconté qu’ils ont erré pendant tout ce temps dans un état de confusion, sans se sentir ni fatigués, ni déshydratés, ni affamés. Ils voyaient effectivement passer les sauveteurs qui les recherchaient, mais quand ils criaient pour indiquer où ils étaient, on aurait dit qu’ils étaient invisibles, incapables de se faire voir ou entendre des sauveteurs. Le temps leur a paru bien plus court qu’il ne l’était en réalité, car ils croyaient être partis seulement quelques heures, et non 4 jours. 

On raconte que c’est seulement lorsque le chef d’une tribu locale a fait un sacrifice de sang aux esprits que les trois compagnons ont été tout à coup retrouvés. Selon les croyances locales, ils étaient coincés dans une sorte de monde intermédiaire entre les réalités, maintenus dans cet état par les esprits de la montagne, emprisonnés dans un état de limbes, ou de « suspension » appelé chimidza par les autochtones.

Croyances ancestrales

Selon la tradition locale, les esprits qui habitent la montagne sacrée sont de puissants esprits ancestraux. Les locaux disent aussi que des esprits maléfiques et des créatures surnaturelles peuvent y être rencontrés. La montagne est crainte par les gens du coin depuis longtemps. Ils s’en approchent avec précaution, respectant les règles traditionnelles. Certains coins de la montagne sont sacrés et personne ne doit y entrer, sous crainte de se retrouver désespérément perdu, incapable de quitter l’endroit, damné à errer sans but dans la montagne jusqu’à ce que la colère des esprits soit apaisée.

Les coutumes locales disent que si quelqu’un aperçoit un serpent coloré, une casserole qui mijote sans être sur un feu ou un lingot d’or, c’est un mauvais tour joué par les esprits, et il est préférable de faire semblant de ne pas avoir vu l’apparition et de continuer rapidement son chemin. Ils racontent aussi que les mêmes esprits malveillants aiment pousser les gens du haut d’escarpements abrupts. Afin de ne pas enrager les esprits, les locaux expliquent qu’il faut s’abstenir d’uriner dans la montagne, de faire trop de bruit, de dire des blasphèmes, d’avoir des activités sexuelles, de porter des vêtements de couleur rouge, et de laisser des déchets derrière soi. Il est aussi recommandé que chaque visiteur demande la permission à un aîné d’un village local avant d’entreprendre une excursion.

Conclusions

Thomas Gaisford a confié que, avant d’entreprendre son excursion, les villageois lui avaient conseillé de faire bien attention dans la montagne à cause de ce qui s’y est déjà produit, mais qu’il a mis ces informations de côté et n’a pas consulté de leader traditionnel avant de partir. « J’ai réalisé plus tard que j’aurais dû. Je suis heureux d’être en vie. »

Peut-être que les traditions locales ont raison, et que la montagne est dangereuse à cause d’esprits en colère.

Mais peut-être aussi que le terrain prédispose aux accidents et aux disparitions. Déjà, la météo change sans prévenir. Le terrain est périlleux: on peut y trouver des pentes abruptes, des rochers escarpés et des gorges. Il arrive que les sentiers disparaissent sous l’épaisse végétation qui, dûe à une pluie abondante dans la région, a une croissance rapide. Tout cela peut expliquer que certains voyageurs ne soient jamais retrouvés.

Récemment, les autorités ont apporté des changements dans les règles de sécurité entourant le Mont Nyangani. Les touristes doivent maintenant engager un guide pour les accompagner dans la montagne, les téléphones cellulaires doivent être chargés au maximum avant de partir et les randonneurs doivent porter une lampe de poche avec des batteries de rechange. Les autorités ont aussi décidé d’ajouter des tours supplémentaires de cellulaire et de radio dans la région. Mais est-ce que ce sera suffisant pour calmer la faim d’une montagne qui a englouti tant d’hommes?