Saytoechin: un cryptide canadien plus colossal que le grizzly

Le saytoechin est un cryptide mal connu que l’on gagne vraiment à mieux connaître!
Le nom saytoechin vient de la langue Tutchone, une langue aborigène canadienne.
On l’appelle aussi Beaver-Eater, soit « mangeur de castors ».

Caractéristiques du saytoechin

Ses dimensions sont impressionnantes! Les témoins rapportent qu’il est plus grand et plus large qu’un grizzly, plus musclé aussi, et que, contrairement aux ours, il aurait une queue plutôt longue. On raconte aussi qu’il peut se tenir sur ses pattes arrières, et qu’il ferait alors plus de 3 mètre de haut! Il aurait d’énormes griffes qui lui serviraient à tuer ses proies, principalement des castors d’âge adulte.

saytoechin
Le saytoechin se nourrirait de castors et de petits animaux mi-aquatiques

Cet animal vivrait au Yukon, un territoire nordique canadien, plus précisément au nord-est de la ville de Carmacks. Il aurait été aperçu dans les alentours du lac Tatchun et du lac Frenchman.

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Territoire probable du saytoechin.
On peut y voir les lacs Frenchman et Tatchun, la Nation Little Salmon et la ville de Carmacks.
Carte par Google Maps

Les autochtones canadiens habitant cette portion du Yukon se transmettent les connaissances sur cet énorme animal de génération en génération, depuis fort longtemps. 

Ils racontent, entre autre, que le saytoechin a l’habitude de déchirer le dessus de la hutte des castors, tuerait ensuite les castors qui s’y trouvent à l’aide de ses griffes massives, pour finalement les manger. 

Parfois, il lui arriverait aussi de retourner sens dessus-dessous la hutte des castors afin d’avoir accès aux animaux qui s’y trouvent.

hutte de castor
Hutte de castor

Qu'est-ce qu'un cryptide?

Pour les premières nations du Yukon, le saytoechin est un véritable animal, en chair et en os. Il n’est pas une légende, ni une bête surnaturelle. Pourtant, son existence n’est pas reconnue par la science car les preuves ne sont pas suffisantes.

La cryptozoologie étudie de tels cas d’animaux mystérieux, en se basant sur des indices, des échantillons physiques et des témoignages. Ces animaux non-répertoriés sont appelés des cryptides.

Témoignage récent

Le territoire du Yukon compte environ 40 000 habitants seulement, pour une superficie de 482 443 km2, soit environ le trois quart du territoire de la France. Quant à la ville de Carmacks, elle compte environ 450 habitants. 

Il est donc possible qu’un animal d’une taille aussi colossale existe dans l’immensité sauvage du Nord canadien, et qu’il ne soit toujours pas reconnu par la science. Il pourrait très bien aussi n’être aperçu que sporadiquement. Aussi, les témoignages se font rares.

Vers la fin des années 1980, un témoignage particulièrement intéressant fut rapporté à la British Columbia Scientific Cryptozoology Club.

Violet Johnson était en train de pêcher sur le lac Tatchun en compagnie de sa mère et de son mari, lorsqu’un énorme animal au pelage brun est sorti de la forêt à grande vitesse, pour se diriger vers eux. Il était plus grand qu’un ours grizzly, et possédait une queue évidente et un visage plutôt plat. Les témoins ont aussi remarqué ses longues griffes aux pattes avant.

En panique, l’homme a tiré quelques coups de feu pour ralentir l’animal pendant que les deux femmes faisaient démarrer le moteur de leur embarcation. Les trois comparses ont réussi à quitter l’endroit à toute vitesse à bord de leur bateau.

lac tatchun
Le lac Tatchun - Photographie: Lindi

Une histoire Tutchone

La nation Little Salmon est une nation autochtone établie près de Carmacks. Dawn Charlie, un auteur qui a interrogé des habitants de cette nation, a écrit dans un article une histoire particulièrement intéressant que lui aurait rapporté un aîné concernant un animal de grande taille. 

L’histoire se déroule près du lac Frenchman, en plein hiver canadien. Une femme et ses deux petits frères voyageaient à pied pour se rendre à la pointe nord du lac afin de visiter des gens de la famille. Lorsqu’ils ont vu une silhouette marchant sur les eaux glacées du lac et évoluant dans leur direction, ils ont cru que c’était leur beau-frère. Ils se sont approchés, mais ont réalisé trop tard que ce n’était pas une personne, mais bien un animal de grande taille.

Se projetant vers eux, l’animal a tué et dévoré les deux garçons. Voyant l’horrible scène, leur soeur s’est rapidement cachée sous la neige, et y a attendu le départ de la bête. Lorsque les alentours furent sans danger, elle sortit de sa cachette et courut en direction de sa maison. En chemin, elle croisa son père et son autre frère qui chassaient le lièvre. Elle leur raconta ce qui était arrivé, et ils se ruèrent tous les trois vers la maison.

À cette époque, les Tutchones construisaient leur habitation en mousse et en écorce qu’ils empilaient sur des pôles enfoncés dans la terre.  

On coulait de l’eau le long des murs extérieurs afin que l’eau, en gelant, forme une couche de glace tout autour de l’habitation, ce qui aidait à garder la chaleur à l’intérieur. La famille habitait une telle maison. 

Se doutant que l’énorme animal allait venir vers eux, le frère s’installa sur le toit de la demeure, tandis que le père coupait un pieu et en aiguisait l’extrémité, se cachant ensuite dans des buissons.

habitation tutchone
Habitation Tutchone traditionnelle
Illustration par Gordon Miller

Le gros animal arriva par le chemin provenant du lac. Voyant le jeune homme sur le dessus de la maison, il tenta d’y grimper, mais il n’y parvenait pas, glissant encore et encore sur le versant recouvert de glace. Alors que la bête était déstabilisée par ses chutes, le père sortit des buissons et lui enfonça le pieu entre les pattes avant, l’achevant ainsi.

La famille ouvrit le corps de la bête afin d’y trouver les ossements des deux autres fils. Ils les firent brûler, respectant ainsi leur coutume. Leurs traditions voulaient que les corps soient soumis à une crémation, afin de libérer l’esprit pour qu’il puisse vivre à nouveau.

En lisant cette histoire, certains pourraient tout de suite croire qu’il s’agit d’un ours, mais il faut noter que les Tutchones ont un mot différent pour « ours » dans leur langue, et qu’ils font bien la distinction entre un ours et cet animal de grande taille lorsqu’ils s’y réfèrent.

Hypothèses populaires pour expliquer le saytoechin

Si le saytoechin n’est pas une nouvelle espèce animale, il pourrait s’agir d’une espèce déjà connue qui a été mal identifiée, ou alors d’une espèce que l’on croyait éteinte, et qui pourrait avoir réussi à survivre dans un secteur restreint du Yukon.

Voici une liste des hypothèses les plus retenues pour expliquer le saytoechin.

Le mégathère, paresseux géant

Certains cryptozoologues croient que la saytoechin serait en fait un paresseux géant (appelé aussi mégathérium ou mégathère), un animal de dimension grandiose ayant vécu dans l’Amérique du Nord et du Sud jusqu’à son extinction il y a environ 12 000 ans. Le paresseux géant fait partie de la mégafaune, ces mammifères de grande taille s’étant éteints lors de la dernière période glaciaire. 

Le paresseux géant n’est pas un cryptide. Des restes de l’animal ont été découverts, étudiés, et l’animal est officiellement reconnu par la science.

Cet animal avait une grande queue, un pelage abondant, et il était herbivore, se nourrissant surtout d’écorces et de diverses végétations.

Comme le saytoechin est sensé être carnivore, les chercheurs expliquent qu’il pourrait en fait être herbivore, ouvrant les huttes de castor afin d’y cueillir la végétation qui y pousse, et non pour dévorer ces bêtes.

 

Mégathère
Mégathère, ou paresseux géant

Le mégalonyx, un autre paresseux géant

Le mégalonyx, que l’on l’appelle aussi le paresseux terrestre de Jefferson, est un paresseux géant s’étant éteint lors de la dernière période glaciaire.

Mesurant 2,5 à 3 m de longueur et pesant jusqu’à 360 kg, le paresseux terrestre était un animal massif au squelette solide. La forme du crâne laisse supposer un museau émoussé ou plat qui abritait de puissantes mâchoires. Ses pattes étaient munies de griffes très imposantes. Les pattes arrière étaient celles d’un plantigrade. Une longue queue l’aidait à se tenir en posture debout ou semi-bipédique lorsqu’il se nourrissait de feuillage dans les arbres. Certains biologistes croient qu’il était omnivore.

Son habitat était vaste, et s’étendait jusqu’au Nord du Canada. Certains fossiles de mégalonyx ont été trouvés près de Carmacks, ce qui en fait le meilleur candidat de cette liste.

megalonyx
Le mégalonyx, ou paresseux terrestre de Jefferson

L'arctodus, ou ours à face courte

Cet ours a habité l’Amérique du Nord jusqu’à son extinction, il y a environ 10 000 ans. Sa taille imposante (il pouvait mesurer jusqu’à 3,5 mètres lorsqu’il se tenait sur ses pattes arrières), en fait le plus grand ours ayant jamais existé, et aussi un des mammifères terrestres les plus grands d’Amérique du Nord.

Bien que plusieurs cryptozoologues croient que certains individus pourraient encore exister, il est peu probable que les témoins décrivant un saytoechin aient en fait aperçu un arctodus, à cause de la présence d’une queue chez le saytoechin.

arctodus
Arctodus - Illustration par Daniel Reed

Ours Grizzly

Certains croient que le saytoechin n’est rien d’autre qu’un ours grizzly de grande taille. Encore une fois, la queue clairement aperçue par les témoins du saytoechin en fait un candidat peu probable.

Castor géant

Des espèces de castors de grande dimension ont vécu au Canada et aux États-Unis jusqu’à la dernière glaciation, et font partie de la mégafaune nord-américaine. Ils se nourrissaient de végétaux et de petits animaux, et ils avaient un poids de 100 kilos et mesuraient 3 mètres. Leur taille pouvait donc se comparer à celle d’un ours. Leur longue queue rappelle celle du rat musqué.

Certains témoignages aux États-Unis laissent croire que le castor géant pourrait encore exister.

castor géant

Le saytoechin existerait-il ailleurs qu'au Yukon?

Des témoignages provenant de d’autres régions d’Amérique du Nord et du Sud parlent de cryptides ayant des caractéristiques semblables. Voyons ceux qui se comparent le mieux au saytoechin:

L'écureuil géant de la Nouvelle-Écosse

Dans la tradition orale de la Nation Mi’kmaq habitant la province canadienne de Nouvelle-Écosse, il est question d’écureuils géants qui étaient, à une époque, une vraie nuisance pour les Mi’kmaqs. En effet, cet énorme mammifère avait l’habitude de s’infiltrer dans les villages afin de dévorer l’écorce qui recouvraient les wigwams et les tipis, les habitations traditionnelles des Mi’kmaqs.

Bien qu’ils n’attaquaient pas les gens, ces écureuils de grande taille détruisaient les maisons, et étaient considérés comme nuisibles. Éventuellement, les écureuils géants ont disparu, au soulagement des habitants.

On croit que l’animal se serait éteint il y a environ 500 ans. Cet animal n’est pas attesté par la science, et c’est donc un cryptide.

Malgré la différence évidente entre l’alimentation du saytoechin et de l’écureuil géant de Nouvelle-Écosse, certains chercheurs croient qu’il peut s’agir de la même espèce, vu la ressemblance physique dans les descriptions données. Notons aussi que le mégathère est le candidat favori pour expliquer l’écureuil géant de Nouvelle-Écosse.

La bête de Boonville (Indiana, États-Unis)

En 1936, le pêcheur Ralph Duff a rapporté. qu’un grand animal velu avait attaqué son chien et l’avait mis en pièces. Son épouse avait crié lorsqu’elle avait aperçu la bête, ce qui l’avait fait fuir. Mme Duff l’a décrite comme « un monstre imposant, plus grand qu’un ours, qui ressemblait à un grand singe ».

Croyant que l’animal vivait dans une grotte située le long de la rivière, Ralph Duff a installé des pièges à ours afin de le capturer. Les résidents de Boonville, quant à eux, entendaient parfois des cris insolites en pleine nuit, qu’ils qualifiaient de « cris et de hurlements à glacer le sang ». On a aussi trouvé des empreintes de pas plus grandes que celles des humains.

Cette histoire aurait pu entrer dans les annales du sasquatch, mais un événement insolite est venu changer le cours des choses. En 1937, un homme a confié au journal local que la bête de Boonville était en fait un paresseux géant que lui et son oncle avaient capturé au Mexique. Après l’avoir ramené aux États-Unis, ils l’auraient perdu dans les environs d’Evansville, et ne l’auraient jamais revu.

Comme les espèces de paresseux géants se sont toutes éteintes il y a au moins 10 000 ans, on peut se demander quelle sorte de bête avaient ramené, au juste, ces deux hommes.

la bête de boonville
Extrait de:
Journal and Courier Lafayette, 16 août 1937

Le Gorp

Le Gorp est un cryptide ressemblant à un paresseux terrestre, et étant aperçu dans les alentours des Monts Ozarks et des Appalaches, aux États-Unis. Son nom vient du cri qu’il émet, qui ressemblerait au son « gorp ». Plus imposant qu’un ours, les témoins rapportent qu’il a une fourrure dense, une queue distincte et de longues griffes aux pattes avant.

Certaines bêtes mystérieuses habitant des régions marécageuses des États-Unis, sont parfois identifiés par les témoins comme étant un gorp. Ainsi, en 2011, un témoin raconte qu’il a aperçu un gorp dans un marécage de Georgie: « L’animal était énorme, velu, et il se déplaçait sur quatre pattes, mais je l’ai vu une fois se lever sur ses deux pattes arrières. Ça me rappelait un ours noir, mais bien plus imposant, et d’une couleur plus claire. Je me tenais à environ 200 verges de l’animal, et j’ai pu bien l’observer. Je suis sûr que ce n’était pas un ours. J’ai vu des ours noirs dans les marais d’Okefenokee, et ça ne leur ressemblait pas du tout. » 

Le Mapinguari

Ce cryptide est aperçu dans la jungle amazonienne du Brésil, ainsi qu’au Paraguay. Pouvant autant se déplacer sur deux pattes que sur quatre, on dit que l’animal est fortement velu et qu’il émet une odeur nauséabonde. Certains prétendent qu’il a une bouche au milieu du ventre.

Bien que les cryptozoologues Bernard Heuvelmans et Ivan T. Sanderson classaient le Mapinguari parmi les primates, en faisant un probable parent du sasquatch, des cryptozoologues plus modernes pensent qu’il pourrait plutôt s’agir d’une sorte de paresseux terrestre.

Références

L’orignal géant du Maine: spectre ou animal réel?

Le 5 Novembre 1899, un article du New York Times fait mention d’un orignal aux proportions gigantesques
qui aurait été aperçu dans l’état du Maine, aux États-Unis.
Les témoins mentionnent que l’animal a des bois impressionnants, qu’il est blanc ou gris clair, et qu’il ferait autour de 1100 kg.
L’animal a reçu le surnom de « Specter Moose », soit « orignal spectral », à cause de sa couleur.

Les premiers témoignages

L’animal est aperçu dans l’était depuis 1891. Le premier à en avoir fait mention est un certain Clarence Duffy, un guide de chasse qui a affirmé avoir aperçu un orignal blanc géant près de Lobster Lake. Il était trop loin pour tenter de le tirer, mais il a quand même pu l’observer, et il était terrifié devant la grosseur de l’animal. Quelques mois plus tard, un bûcheron nommé John Ross a aperçu lui aussi l’orignal géant près de Lobster Lake. Les gens du coin ont commencé à craindre la bête. 

Au cours de la même année, un chasseur provenant de New York a vu l’énorme cervidé près de Sourdnahunlt Lake et l’a tiré plusieurs fois, sans que cela n’ait le moindre effet sur l’animal, à part le mettre en colère. L’orignal a chargé en direction de l’homme qui s’est réfugié dans une grotte, où il est resté pendant une heure avant que l’énorme bête ne se décide à partir.

En 1892, un autre chasseur a tenté de tiré l’orignal géant, le visant juste au-dessus de l’épaule. L’animal l’a chargé, et l’homme a pu s’en tirer en se cachant sous un amas de branches tombées. Il a décrit l’orignal comme « pesant une tonne, aussi grand qu’un chameau, avec une tête et un panache magnifiques. »

article de journal
Extrait du "Sacramento Union", 26 Novembre 1911

Des dimensions impressionantes

Plusieurs autres rencontres avec l’animal blanc se sont produites dans les années qui ont suivies. Mentionnons entre autres celle de Gilman Brown du Massachusetts, qui a aperçu l’orignal géant près de Roach River en 1899. Il s’est approché pour pouvoir l’observer, et a compté 22 pointes à ses bois. Il a aussi tiré cinq coups en direction de l’animal, qui ne semblait pas du tout affecté par les tirs, et qui s’est contenté de partir en arborant un air majestueux. 

Les témoins parlent d’un cervidé à la taille phénoménale: entre 3 et 4,5 mètres au garot, alors qu’un orignal mâle fera au plus 2,2 mètres au garot.

pointes d'un orignal

Comparaison entre l'orignal géant du Maine et un orignal de taille moyenne

Caractéristiques Orignal mâle adulte Orignal géant du Maine
Grandeur 1,6 mètres à 2,2 m
Entre 5 et 7 pieds
3 m à 4,5 m
Entre 10 et 15 pieds
Poids 350 à 850 kg
750 à 1900 livres
1100 kg
2500 livres
Largeur des bois 1,2 à 2 m
4 à 6,5 pieds
3 m
10 pieds
Nombre de pointes 8 à 12 pointes,
les plus imposants peuvent avoir
jusqu'à 28 pointes
22 pointes

Vagues d'apparitions

Au fil des ans, les apparitions de l’orignal géant du Maine sont venues par vagues. Ainsi, des vagues de témoignages ont eu lieu en 1917, en 1932, en 1938, et plus récemment en 1999.

D'où vient la couleur de l'orignal géant?

Il existe trois sortes d’orignaux de couleur claire:

  • les albinos et les leuciques,
  • ceux possédant un gène récessif spécifique leur donnant un pelage blanc (comme le Spirit Moose de l’Ontario),
  • ceux qui sont massivement infestés par des tiques.

La couleur claire de l’orignal géant du Maine peut donc s’expliquer.

Mais qu’en est-il de son incroyable dimension et de son panache énorme? On pourrait croire, à prime abord, que les témoins se méprennent et qu’ils voient en fait un orignal de dimension normale.

Toutefois, le témoignage suivant laisse peu de place à l’erreur:

Le témoignage de Houston

Cela se passe durant la vague de 1938.

Un homme du nom de Houston retourne à son camp après avoir fait l’inventaire des arbres à bûcher autour de Chesuncook Lake. Il s’approche d’un marais de bonnes dimensions (environ 30 acres), et y voit des orignaux. D’abord, un groupe de 16, en train de manger. Puis, juste à l’orée du bois, à environ 80 verges du groupe, trois mâles semblent monter la garde. 

Deux des mâles sont costauds, d’une bonne dimension. Mais le troisième est d’une grandeur hors du commun. Il surpasse les deux autres au point où ils paraissent ridiculement petits. Houston se sent mal, il va peut-être être malade. Il est sous le choc de ce qu’il a vu. « C’est un monstre… », se dit-il.

L’énorme bête est d’un blanc presque lumineux. L’homme observe ses bois, et compte 20 pointes d’un côté et 21 de l’autre.

Lorsque Houston se tourne un moment pour ensuite regarder à nouveau en direction des trois mâles, il est surpris de voir que l’orignal géant a disparu.

Caractéristiques surnaturelles

Le 15 mars 1938, le Charleroi Mail de Pennsylvanie publie un article sur l’orignal légendaire. Outre son pelage spectral, l’article insiste sur d’autres caractéristiques particulières de l’animal: son odorat vif, son ouïe aiguisée, et son pouvoir apparemment magique de disparaitre instantanément. Sous la plume de ce journaliste, la bête n’est plus seulement un animal surdimensionné, mais elle devient un être surnaturel.

Il faut dire que c’est un bruit qui court dans le Maine. De plus en plus de gens croient que l’orignal géant a des pouvoirs. On dit qu’en plus d’être blanc, il émet une faible lueur. On raconte aussi qu’il peut se mouvoir à travers des objets solides.

Il est souvent mentionné par les témoins que lorsqu’ils ont vu l’orignal blanc, il était impossible de s’en approcher assez pour le tirer, ou alors, que les balles ne lui faisaient aucun effet. 

Les habitants de Franklin, petite communauté du Maine, sont convaincus que l’orignal géant fait des apparitions peu avant qu’un drame ne se produise. Ainsi, il fut aperçu près de Franklin en 2002, et peu de temps après, le comptoir commercial de la communauté a été complètement détruit dans un incendie.

Selon les Innus, un peuple autochtone du Québec pour qui la chasse à l’orignal a une grande importance dans les traditions, les orignaux blancs sont des esprits, et ils ne devraient pas être tués. Des croyances semblables existent chez la plupart des peuples autochtones d’Amérique du Nord.

orignal dans la brume

Mais où commence la légende?

S’agit-il vraiment de caractéristiques observées chez l’orignal géant, ou voit-on ici appraître une légende, une extrapolation des faits, une bonne histoire à raconter au coin du feu? Les habitants du Maine sont formels, pour la plupart du moins: leur orignal géant existe bel et bien. Même si certaines histoires qu’ils nous content semblent suivre un autre chemin.

Telle cette anecdote qui est arrivée à un groupe de chasseurs, dit-on, sans toutefois nommer leurs noms, ni mentionner la date. Ils étaient dans le centre-est de l’état, vers Molunkus Stream, et ils avaient eu de la chance dans leur traque: ils avaient abattu un énorme orignal blanc. Un vrai trophée de chasse.

Ils avaient emmené sa carcasse vers leur camp et, après lui avoir coupé la gorge, l’avaient suspendue depuis une branche d’arbre pour la nuit. Ils prévoyaient le dépecer le lendemain. Seulement, au lever du jour, ils ont été surpris: la carcasse avait disparu.

La nuit suivante, quelle ne fut pas leur terreur d’apercevoir l’énorme orignal blanc marcher au beau milieu de leur camp, la gorge encore taillée. Les chasseurs ont à nouveau tiré sur la bête, mais celle-ci, imperturbable, s’en est allée.

orignal blanc
Photo par Tommy Pedersen

Conclusion

Qu’en est-il donc de l’orignal géant du Maine? Est-ce un réel animal, à la coloration rare et aux dimensions extraordinaires?

S’agit-il plutôt d’un esprit, veillant sur les autres orignaux, et avertissant les humains d’un danger imminent?

Ou est-ce le produit d’une imagination trop vive, et d’une rumeur qui se serait transformée en légende?

Au lecteur d’en décider!

Références utilisées pour ma recherche

Un animal de légende traqué et abattu – le Chupacabra du Texas

Des poulets égorgés en plein jour… 

un animal sans poil, bleu-gris, qui rôde aux alentours… 

Serait-ce le chupacabra, cet animal de légende?

bête d'Elmendorf

Mai 2004, Elmendorf, Texas.

Devin McAnnaly, propriétaire d'un ranch, a abattu une étrange bête après qu'une trentaine de ses poulets soient dévorés en plein jour. Ressemblant à un chien, l'animal n'a pas de poils, sa peau est bleu-grise et il est très maigre.

La bête d'Harrison County

Mars 2005, Harrison County, Texas.

Un homme photographie un animal similaire et, diffusée sur le site internet de KLTV, la photo fait parler. Les habitants redoutent qu'il s'agisse du Chupacabra.

James Wright, un vétérinaire travaillant au Texas Department of State Health, affirme quant à lui que la bête est soit un chien, soit un coyote, sévèrement atteint d'un problème de gale.

Des bêtes semblables sont aperçues à différents coins du Texas, ainsi que dans les états voisins. Certains se plaignent de la perte de leurs poules, qui sont retrouvés mortes, une blessure au cou. Toutefois, il arrive que l’animal non identifié soit amical, se laisse approcher, et mange la nourriture que les témoins lui laissent près de leurs résidences.

Juin 2007, Sud du Texas.

Phylis Canion, une naturopathe fervente de chasse, aperçoit un animal de la sorte sur sa propriété. Dans les jours suivants, elle retrouve plusieurs de ses poulets morts, attaqués à la gorge. Elle installe des caméras pour prendre la bête sur le fait, mais n’y parvient pas. C’est alors qu’un voisin la contacte au téléphone: il a trouvé une carcasse étrange, maigre et sans poil, et qui semble être la bête qu’elle recherche. Elle se rend sur les lieux et emporte la carcasse, qu’elle fera empailler par un taxidermiste.

Phylis Canion's beast
La bête de Phylis Canion,est-ce le chupacabra?

Tests d'ADN

De nombreux tests d’ADN, performés sur la bête de Canion, mais aussi sur d’autres carcasses trouvées au Texas, en arrivent tous à la même conclusion: chien ou coyote atteint de la gale sarcoptique.

Canion n’est pas satisfaite de ce résultat. Elle déclare que cinq universités différentes lui ont fait un test d’ADN, et que leurs résultats sont identiques: cet ADN ne correspond à aucun animal connu, et elle est convaincue qu’elle possède la carcasse d’un Chupacabra.

Pourtant, les chercheurs de l’Université du Texas nient cette affirmation: leur test démontre que l’animal empaillé, exposé chez Phylis Canion, est un coyote.

« Vu que ces animaux sont malades de la gale et grandement affaiblis, ils ont de la difficulté à chasser, explique Barry OConnor, biologiste de l’Université du Michigan. Ils se tournent donc vers des proies plus petites et plus faciles ». Ce qui expliquerait les attaques dans les poulaillers.

coyote atteint de gale sarcoptique

Qu'est-ce que la gale sarcoptique?

La gale sarcoptique est une maladie causée par un parasite, le Sarcoptes Scabiei, un acarien ou mite de très petite taille. Il n'est pas rare de rencontrer des animaux sauvages atteints de cette gale. Parmi les différents symptômes attribués à la gale sarcoptique, le canin peut perdre ses poils, développer des lésions sur l'épiderme, avoir une peau plus épaisse, bleutée ou grise, et couverte de croutes.

Le site de la Fédération des Gestionnaires Trappeurs du Québec mentionne à propos de cette maladie:
"C'est un parasite qui souvent améne une dermatite très étendue, très grave et qui peut faire mourir un très grand nombre d'animaux. Nous avons eu l'occasion de voir des renards et des coyotes qui en décembre ou janvier avaient perdu une grande quantité de poils et duvet et qui étaient littéralement morts de froid."

2008, Dewitt County, Texas.

Depuis la caméra de sa voiture de fonction, un policier du Texas filme cet animal. Il affirme ne pas savoir de quel type d’animal il s’agit. La bête est de la grandeur d’un coyote, mais le policier est certain que ce n’en est pas un. Certains croient qu’il s’agit du Chupacabra.  

Ratcliffe texas

Avril 2014, Ratcliffe, Texas.

Un couple affirme avoir capturé un chupacabra vivant, ou du moins un bébé chupacabra, vu sa petite taille. L'animal a d'abord été aperçu dans un arbre avant d'être capturé, et lorsqu'il veut manger, il prend la nourriture avec ses pattes avant. Ses nouveaux propriétaires lui donnent du maïs et de la nourriture pour chat.

Bien que plusieurs sont convaincus de voir là un chupacabra vivant, d'autres personnes voient là un raton laveur atteint de la gale sarcoptique.

chupacabra

Mais qu'est-ce que le Chupacabra?

En 1995, une vague d'attaques étranges sur le bétail de l'île secoue Puerto Rico. Des moutons et des chèvres furent retrouvés morts, des incisions au cou et à la poitrine laissant croire qu'ils furent vidés de leur sang. Les agressions se multiplient, d'autre bétail et même des animaux domestiques étant les victimes cette fois, sans qu'aucun coupable ne puisse être identifié. On donna un nom au responsable inconnu: el Chupacabra, qui veut dire le suceur de chèvres.

En août de cette année-là, une femme nommée Madelyne Tolentino rapporte qu'elle a vu une créature étrange près de la maison de sa mère, à Canovanas. Elle a décrit un animal ressemblant à un lézard de 4 à 5 pieds de long, se déplaçant sur deux pattes et qui la regardait de ses énormes yeux rouges. Ses membres étaient longs, il avait des trous à la place des oreilles et du nez, et une bouche sans lèvres. Son corps était couvert d'un fin pelage gris tacheté, et une série de pics de couleurs phosphorescentes courait le long de son dos. Tolentino fit un croquis de la bête.

Les témoignages de rencontre avec une créature semblable se sont multipliés sur l'île de Puerto Rico, et les gens étaient convaincus qu'il s'agissait là de leur coupable, el Chupacabra. Dans les années qui ont suivi, les témoignages se sont étendus à d'autres régions du monde: Mexique, Brésil, Chili, Espagne, Portugal, et sud des États-Unis.

Croquis du Chupacabra par Madelyne Tolentino:
el chupacabra selon madelyne talentino

Conclusion

Les bêtes maigres et sans poil aperçues au Texas et dans les états voisins ne ressemblent pas au Chupacabra de Puerto Rico. 

Non seulement elles ont les caractéristiques d’un canin atteint de gale sarcoptique, mais les scientifiques confirment que les tests d’ADN effectués sur les carcasses de ces bêtes identifient positivement un coyote ou un chien, selon le cas.

Toutefois, bien des habitants du Texas disent qu’ils savent reconnaître un coyote, et ils sont convaincus que ces bêtes n’en sont pas. Ils disent aussi que des animaux sauvages atteints de la gale, ils en voient souvent, et qu’ils ont un comportement bien plus « maladif » que ces étranges bêtes sans poils.

Alors, le Texas a-t-il son propre Chupacabra? 

Références:

  1. Chasing the Chupacabra, Texas Observer
  2. Chupacabra found: Is it the real deal… or a racoon?, The Horror Zine
  3. Texas Couple Claim They Have Caught a Chupacabra, Liberty Voice
  4. Chupacabra, Encyclopédie du Paranormal
  5. WOAI
  6. Unknown Country
  7. NBC 13
  8. Elmendorf Beast, Wikipedia
  9. KLTV
  10. La gale sarcoptique, Fédération des Gestionnaires Trappeurs du Québec
  11. Cybertoutou
  12. Wolfbehavior