Des ptérodactyles encore vivants?

« J’en ai vu un à Lansing, en Illinois, en 1967. Mon observation totale a duré entre 20 et 25 secondes. Il n’y avait personne d’autre dans la rue, à part moi qui me rendais à la voiture de mon père pour faire une course. Je ne pouvais attirer l’attention de personne d’autre pour le regarder avec moi (…) – pourtant, c’était énorme!
Je dirais que l’envergure des ailes style chauve-souris faisait entre 15 et 20 pieds (4,5 et 6 m), et que le corps faisait de 10 à 12 pieds de long (3 à 3,6 m). Il avait un corps velu d’une couleur gris brunâtre, avec une crête sur la tête d’un rouge terne. »

C’est ainsi que Darrell Ashley relate sa rencontre avec une créature de style ptérodactyle. L’animal volait à environ 3 mètres au-dessus de la cime des arbres. Lorsque la bête fut proche de lui, il ne put s’empêcher de crier.

« Elle a alors tourné la tête vers moi et m’a regardé directement, ouvrant son bec long de 4 à 6 pieds (1,2 à 1,8 m). La rangée de dents que j’ai vue dans son bec m’a fait comprendre que je ferais mieux de la fermer! »

Darrell, sidéré, a ensuite observé la créature voler vers l’ouest, jusqu’à ce qu’elle soit hors de sa vue. L’animal n’a fait aucun bruit. Il décrit sa queue comme étant longue de 4 à 5 pieds (1,2 à 1,5 mètre), et munie à son extrémité d’une protubérance de couleur foncée.

« J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de gens comme moi qui ne rapporteront jamais ce genre de rencontre! », conclut-il.

Ludodactylus sibbicki by FunkMonk
Illustration: Wikimedia Commons, par FunkMonk (Michael B. H.)

Les ptérodactyles, animaux éteints

L’étude des fossiles nous a ouvert un fenêtre incroyable sur un monde ayant existé il y a des centaines de millions d’années. Ainsi, nous pouvons avoir un aperçu des animaux ayant peuplé la terre, la mer et les airs à cette époque.

Les ptérodactyles font partie d’un groupe d’animaux éteints appelés les ptérosaures. Ceux-ci sont des reptiles volants ayant vécu du Trias supérieur jusqu’à la fin du Crétacé, et les scientifiques considèrent qu’ils sont éteints depuis 66 millions d’années. Ils ne sont pas classés comme « dinosaures », mais bien comme « reptiles ».

Mais les ptérosaures sont-ils vraiment éteints? Les cryptozoologues pensent que certains ptérosaures pourraient être encore en vie de nos jours, particulièrement dans des régions reculées et difficiles d’accès. 

Rhamphorhynchus et Pterodactylus
Rhamphorhynchus et Pterodactylus - Illustration: Heinrich Harder
This work is in the public domain in the United States because it was published before January 1, 1926

Qu'est-ce que la crypozoologie?

La cryptozoologie est l’étude des animaux qui ne sont pas encore officiellement découverts par la science, mais qui pourraient toutefois exister si on en croit les témoignages. De tels animaux sont appelés des « cryptides ». 

Les cryptides se classent en deux catégories: ceux qui n’ont jamais été reconnus par la science (comme le monstre du Loch Ness), et ceux que la science considère comme éteints, mais qui pourraient en fait être toujours vivants. C’est le cas de notre ptérodactyle, un animal censé être éteint, mais qui serait aperçu de temps en temps à différents endroits de la planète.

Survolons les endroits où il semblerait y avoir le plus d’activités.

Des ptérodactyles dans le ciel des États-Unis

Il est connu que des créatures comme le sasquatch sont périodiquement aperçus aux États-Unis et qu’ils cohabitent peut-être avec les Américains dans leur immense pays.

Toutefois, il est moins connu que chaque année, des Américains rapportent avoir vu une créature volante semblable à un ptérodactyle. « J’en ai vu un il y a quelques années, raconte Thomas Davison, un résident de Californie. Il était environ 6h du matin, et je roulais pour me rendre au travail en direction de Sacramento. Je n’en croyais pas mes yeux! Il ressemblait à ceux de Jurassic Park. Il avait une crête sur la tête, de petites pattes trapues, des ailes pointues en cuir et une envergure d’environ 20 pieds (6 mètres). » 

Ces témoignages surviennent souvent par vagues, plusieurs témoignages provenant du même secteur durant la même année. Les Monts Ozark et le sud du Texas semblent être des « points chauds ». Récemment, c’est en Caroline du Nord que la bête fut aperçue en de multiples occasions, par plusieurs témoins.

Quelques témoignages provenant de la Caroline du Nord

Cynthia Lee connait bien les animaux grâce à ses études en médecine vétérinaire, et elle était convaincue que les ptérosaures étaient éteints depuis longtemps, malgré l’anecdote que lui avait racontée sa mère. Alors qu’ils étaient enfants, sa mère et son oncle auraient aperçu, pendant qu’ils jouaient dehors, un énorme reptile volant passer au-dessus de leurs têtes. 

Cynthia était restée sceptique jusqu’à ce jour du 4 janvier 2020, où elle a elle-même vu une créature semblable alors qu’elle se trouvait à Raleigh, en Caroline du Nord. L’énorme bête volante n’avait pas de plume, et possédait une crête sur la tête et une longue queue se terminant par un bulbe en forme de losange. Elle croit maintenant que certaines de ces bêtes préhistoriques ont survécu.

Il en est de même pour Jennifer Rzekonski, une résidente de Durham en Caroline du Nord, et une amoureuse de la nature. Jennifer aime observer ce qui l’entoure. Alors qu’elle conduisait sa voiture pour se rendre au gym, elle a vu cette « chose » dans le ciel. « Je suis une femme saine et rationnelle, et je sais ce que j’ai vu », explique-t-elle. « Je ne consomme pas de drogue et je ne bois pas non plus. Il n’y a que du café dans mon système. » 

panneau routier pterodactyle

« Juste devant mes yeux, j’ai vu cette chose voler, plutôt lentement, au-dessus de la route, de gauche à droite. C’était bien plus gros qu’un héron et il y avait une protubérance en forme de diamant au bout de sa fine et longue queue… et c’est ce qui m’a le plus frappée, parce que je ne connais pas d’oiseau natif de Caroline du Nord qui ait cette sorte de queue. »

À quoi ressemble le "ptérodactyle" aperçu aux États-Unis?

Lorsqu’on collecte une certaine quantité d’anecdotes qui ne sont pas liées les unes aux autres mais qui concernent un même sujet, il arrive que l’on remarque des ressemblances entre les cas, et que l’on voit se dessiner un « modèle de base ». C’est le cas avec les anecdotes recueillies aux États-unis concernant ces énormes reptiles volants, ces anomalies de la nature qui ne devraient pas silloner le ciel à notre époque.

Le modèle de base que l’on peut établir pour ce cryptide en Amérique du Nord est le suivant:

  • Animal ailé ayant une envergure d’environ 6 mètres, et un corps d’environ 1,5 mètre,
  • Animal dépourvu de plumes, les ailes étant faites de cuir,
  • Un long bec pourvu de dents acérées,
  • Une crête sur la tête,
  • Une longue queue fine se terminant par un bulbe en forme de diamant.

(Il existe des différences quant aux couleurs de l’animal, mais les témoins décrivent généralement un aspect brunâtre ou grisâtre.)

cryptid

Ce modèle-type ne correspond pas à la description d’un ptérosaure connu, mais les paléontologues croient que de nombreuses espèces préhistoriques ne sont pas encore découvertes.

Une vague d'oiseaux géants au Texas en 1976

Lorsqu’il y a une concentration de témoignages dans le même secteur durant une période de temps donnée, plusieurs conclusions peuvent en être tirées:

  • Il est possible qu’un animal étrange, ou un groupe d’animaux, se soit établi à cet endroit,
  • Cela augmente la crédibilité des témoins, si ceux-ci ignorent que d’autres témoins ont rapporté la même chose,
  • Toutefois, si les médias publient cette information, il est possible que les témoignages subséquents soient influencés par le courant médiatique.

Une telle concentration de cas s’est produite au Texas vers le milieu des années 1970, lorsque plusieurs personnes ont rapporté avoir aperçu une grande créature volante aux ailes nues, comme les chauves-souris. Certains témoins parlaient d’une tête munie d’un long bec, alors que d’autres décrivaient une tête rappelant un singe.

Le témoignage d'Alverico Guajardo

Le soir du 19 Janvier 1976, Alverico Guajardo, qui habitait une maison mobile à Brownsville, est allé jeter un oeil dehors après avoir entendu un bruit sourd. N’ayant pas sa lampe de poche, il n’y voyait pas grand chose, et il put seulement distinguer la silhouette d’un grand animal étendu par terre. Il se rendit donc à sa voiture et en alluma les phares, ce qui fit réagir la créature. Elle se leva, et Alverico put mieux la voir. Elle faisait autour de 1,2 mètre, était de couleur marron, et avait de grandes ailes qui recouvraient la majeure partie de son corps. Ses yeux terrifiants étaient de la grosseur d’une pièce d’un dollar, et le long bec faisait environ 1 mètre. « J’avais peur, expliquera-t-il plus tard. Cette chose avait des ailes comme un oiseau, mais ce n’était pas un oiseau. Cet animal n’est pas de ce monde ».

Alverico et la créature se sont toisés pendant deux minutes à une distance d’environ 4,5 mètres l’un de l’autre. La bête émettait un son effrayant à partir de sa gorge, une sorte de battement. Curieusement, l’animal ne s’est pas envolé. Il a reculé lentement, disparaissant dans le noir.

Big Bird

George Cox, le journaliste qui a interrogé Alverico le lendemain matin pour le compte du Brownsville Herald, a affirmé que l’homme semblait réellement terrifié par sa rencontre avec la créature. « Il avait l’air d’avoir vu quelque chose », explique le journaliste.

Dans les semaines qui suivirent, plusieurs autres témoignages semblables sont venus agrémenter les colonnes des journaux. Les médias ont surnommé la bête « Big Bird ». Des stations de radio locales ont offert une récompense de 1000$ à qui la capturerait.

Alors qu’une sorte d’hystérie gagnait la région concernant cette créature, un oiseau de grande taille fut aperçu près du Rio Grande. Il s’agissait d’un jabiru d’Amérique, un échassier ayant un long bec et une envergure d’ailes de 2,6 mètres. N’étant pas un résident habituel du Texas, l’oiseau aurait pu provenir du Mexique ou d’un pays d’Amérique centrale.

Pour plusieurs, la présence rare de l’échassier était une excellente explication pour tous ces témoignages concernant Big Bird

Toutefois, certains témoins n’étaient pas satisfaits de cette explication. Entre autres, trois enseignantes de San Antonio qui affirmaient avoir vu la créature près d’Harlington alors qu’elles se rendaient au travail. Elles affirmaient que la bête de 3,6 mètres qu’elles avaient vue n’était pas un oiseau, ni une chauve-souris. Munies d’un livre qu’elles avaient empruntées à la bibliothèque de l’école, les enseignantes expliquaient qu’ils s’agissait, selon elles, d’un ptérosaure, un reptile volant officiellement éteint depuis 66 millions d’années.

jabiru d'amérique
Jabiru d'Amérique - Photo: Larry Thompson / Discover Life

Les cowboys et le ptérodactyle

Il semblerait que les témoignages concernant des ptérodactyles aperçus aux États-unis ne datent pas d’hier. À Tombstone, en Arizona, le journal local intitulé The Epitaph a publié le 26 Avril 1890 un article fort intéressant concernant un monstre qui aurait été abattu dans le désert Huachuca. Ils l’ont décrit en ces termes: « Un monstre ailé, ressemblant à un énorme alligator avec une queue extrêmement allongée et une immense paire d’aile (…) ». 

L’article mentionne que la créature semblait épuisée, probablement après un long vol, car elle ne volait que sur de courtes distances à la fois. À cheval et munis de Winchester, les deux ranchers qui l’ont aperçue ont pu ainsi poursuivre la créature sur plusieurs kilomètres. Lorsqu’ils se sont trouvés assez près de la créature pour tirer, ils ont réussi à la blesser. La bête a ensuite tenté de s’en prendre aux deux hommes, mais ceux-ci ont pu esquiver ses attaques et rester hors d’atteinte, probablement grâce à l’épuisement de la créature. Après plusieurs coups de carabine, la bête était morte.

tombstone epitaph april 26 1890

Sur place, les deux ranchers ont pu prendre des mesures: la créature faisait 28 mètres de longueur, et son diamètre le plus gros était d’environ 1,25 mètres. L’animal avait seulement deux pattes, et elles étaient situées un peu à l’avant de l’endroit où les ailes s’attachaient au corps. La tête faisait 2,5 mètres de long, la mâchoire contenait des dents acérées. Les yeux étaient gros comme des assiettes et situées vers le milieu de la tête. Une aile mesurait 24 mètres, et était faite d’une membrane épaisse et presque transparente. Il n’y avait ni plume, ni poil sur le corps. La peau était lisse, et facilement pénétrable par une balle de fusil.

Contrairement à ce qu’affirment certaines rumeurs, aucune photo de l’animal n’a été publiée dans le journal.

Certains cryptozoologues croient que des animaux semblables aux ptérodactyles auraient vécu dans le « far-west » américain jusqu’à l’arrivée des cowboys, qui les auraient éliminés. Plusieurs légendes autochtones locales semblent aller dans ce sens. 

Le Ropen, ptérodactyle de Papouasie Nouvelle Guinée

« Le ptérodactyle a pris son envol à partir du sol, et a ensuite décrit des cercles au-dessus de nous et sur le côté, nous donnant la chance de bien apercevoir son profil, nous montrant parfaitement son long bec et l’appendice qui part de l’arrière de sa tête », explique Duane Hodgkinson, un vétéran de l’armée américaine. Il décrit ainsi l’animal qu’il a vu en 1944, alors qu’il était en service à Finschafen, en Nouvelle Guinée. 

C’est lors d’une de ses nombreuses expéditions en forêt, accompagné d’un guide australien, qu’il a aperçu l’animal. 

« C’était gros! J’ai un avion Piper Tri-Pacer qui a une envergure de 26 pieds [8 mètres], et l’animal me semblait être de cette taille. La fréquence de ses battements d’ailes était d’environ un battement à toutes les 1 ou 2 secondes. À chaque battement, nous entendions un fort bruissement « swish, swish », et les plantes et buissons placés à l’endroit d’où il a pris son envol courbaient par le déplacement d’air. »

Duane Hodgkinson n’est pas le seul à avoir aperçu une telle bête en Papouasie Nouvelle Guinée. Plusieurs témoins, incluant des autochtones, affirment la même chose.

duane hodgkinson
Duane Hodgkinson

Les sceptiques pensent que ces gens ont tous vu une roussette, une chauve-souris de grande envergure. Mais les autochtones connaissent bien la faune locale. Ils savent reconnaître une roussette, ils la chassent et la mangent régulièrement, et il serait étrange qu’après avoir aperçu un animal commun, ils se tromperaient royalement en décrivant une sorte d’énorme reptile volant.

Ce cryptide est appelé « ropen », un des mots que les Papous utilisent pour désigner cet animal.

Des ptérodactyles à Cuba

Eskin Kuhn était un U.S. Marine de l’Ohio qui s’était porté volontaire pour être de service à Cuba. En 1971, il a aperçu deux ptérodactyles voler près de l’océan. Voici le témoignage qu’il a donné lors d’une entrevue:

Témoignage d'un U.S. Marine

« Durant le jour, nous faisions de l’entraînement physique, des exercices en rangs serrés (manoeuvres), de l’entraînement aux armes à feu, des tâches de nettoyage et entretien, des cours, et autres routines diverses courantes lorsqu’on est en service, et nous avions une pause pour le repas et des temps libres.

C’était durant un de ces temps libres, en plein après-midi, que j’étais dehors et que j’ai vu les ptérodactyles. C’était une belle et chaude journée d’été (…) La plupart des Platoons flânaient dans les baraques. Je regardais vers l’océan lorsque j’ai vu quelque chose d’incroyable. J’étais ébahi!

Je suis un artiste qui a un oeil précis pour les détails; j’étais déterminé à dessiner ce que j’avais vu sur papier afin de bien m’en rappeler plus tard. J’ai vu deux ptérosaures (ou ptérodactyle?… quel est le bon nom?) volant ensemble à basse altitude, peut-être à 100 pieds [30 mètres], très proche de l’endroit où je me tenais, de sorte que j’avais une vision parfaite des deux bêtes.

Le rythme de leurs larges ailes était lent et gracieux; ils volaient plutôt que de planer, comme le font les urubus à tête rouge ici, en Ohio.

ptérodactyles par eskin kuhn
Illustration faite par Eskin Kuhn
représentant les ptérodactyles qu'il a vus

La vitesse de leur battement d’aile était comme celui d’une corneille, peut-être un peu plus lent, mais très gracieux. La structure et la texture des ailes me semblaient similaires à celles des chauves-souris: en particulier, parce que les supports dans les ailes provenaient des doigts de cette « main ». À part certains doigts qui étaient courts (pouvant servir à agripper quelque chose), les autre couraient jusqu’à la pointe de l’aile, d’autres jusqu’au bord à l’opposé, étirant l’aile comme on le ferait avec un cerf-volant.

Les ptérosaures que j’ai vus avaient de courtes pattes arrières attachées à la partie arrière de l’aile, et ils avaient une longue queue avec une touffe de poils à l’extrémité.

La tête était large et disproportionnée, avec une longue crête à l’arrière, un long bec, un long cou coudé. La poitrine de ces créatures était proéminente, se projetant vers l’avant comme la proue d’un vieux navire.

Les vertèbres de leur dos étaient visibles, surtout entre les épaules. J’estime l’envergure de leurs ailes à 10 pieds [3 mètres].

Ça fait maintenant 30 ans depuis que je les ai vus, la mémoire s’efface, même lorsqu’un événement est aussi marquant que celui-ci. Je me rappelle avoir couru jusqu’aux barraques car elles étaient loin derrière moi, pour attraper le Sergent Cunningham par le bras et tenter de le tirer dehors, malgré sa réticence, pour qu’il soit témoin lui aussi de ce que j’ai vu et qu’il corrobore mon témoignage. Mais le temps que je le traîne au dehors, les créatures étaient déjà parties.

Je suis retourné aux États-Unis peu de temps après, et jusqu’à la fin de mon séjour, je ne les ai pas revues. »

Kongamato, le ptérodactyle du Zambie

En 1923, alors qu’il travaillait au Zambie (alors appelé Rhodésie du Nord), Frank H. Melland a écouté les histoires des locaux du coin concernant un énorme reptile volant. L’animal était décrit comme agressif, et les gens racontaient qu’ils étaient parfois tourmentés par la créature lorsqu’ils naviguaient sur certaines rivières. Ils appelaient l’animal le Kongamato.

Les Zambiens donnaient une description très précise du Kongamato: une envergure d’aile faisant entre 4 à 7 pieds (entre 1,2 et 2,1 m), une peau lisse et sans plume, des ailes rappelant celles des chauves-souris, et un long bec muni de dents.

Frank Melland a demandé qu’on lui envoie quelques livres qu’il avait à son domicile. Une fois les livres en sa possession, il montra leurs images à des membres de la tribu des Kaonde, et lorsqu’il leur montra l’illustration d’un ptérodactyle, les personnes présentent réagirent toutes spontanément: « Chaque autochtone présent a immédiatement et sans hésitation pointé cette image en l’identifiant comme étant le Kongamato. »

kongamato
Kongamato, un ptérosaure encore vivant?

Toujours au Zambie, un ingénieur du nom de J.P.F. Brown a affirmé en 1956 avoir vu deux créatures semblables à Fort Rosebery, près du lac Bangweulu. Il les a décrites comme ayant une apparence préhistorique. Elles avaient une longue queue mince, une tête étroite et allongée, une envergure d’ailes faisant entre 3 et 3,5 pieds (environ 1 mètre), et une longueur du bec à la queue d’environ 4,5 pieds (1,4 mètre). Il dit les avoir aperçues vers 6 heures du soir, et qu’elles volaient lentement et silencieusement au-dessus de sa tête.

L’année suivante, un homme admis à l’hôpital de Fort Rosebery avec une blessure importante à la poitrine, a expliqué qu’il avait été attaqué par une créature énorme rappelant un oiseau, près des marécages Bangweulu. Lorsqu’on lui a demandé de dessiner l’animal, il a dessiné ce qui ressemble à un ptérosaure. Il ne semble pas que ce dessin ait survécu jusqu’à aujourd’hui, malheureusement.

Les dragons médiévaux étaient-ils des ptérodactyles?

Des dragons ont-ils réellement sillonné le ciel d’Europe à l’époque médiévale, et dans les siècles qui ont précédés? 

D’autres mythes à travers le monde parlent de créatures semblables. Les premières nations d’Amérique du Nord, par exemple, parlent de l’oiseau-tonnerre (ou Thunderbird), un oiseau géant ayant été supposément aperçu à de nombreuses reprises, autant au Canada qu’aux États-Unis. Les dragons et l’oiseau-tonnerre pourraient-ils être en fait des ptérosaures ayant survécus jusqu’à récemment?

Peut-être. Mais il est possible que ces mythes aient plutôt été inspirés par des fossiles de ptérosaures découverts par les gens de l’époque. Loin d’avoir une échelle du temps de la paléontologie à laquelle se référer, ils imaginaient que les gigantesques reptiles volants figés dans la pierre avaient dû côtoyer l’humain.

De plus, il existe des différences notoires: les dragons de l’Europe médiévale sont souvent représentés avec six membres, soit 4 pattes et deux ailes. Ce qui diffère des ptérosaures n’ayant tous que 4 membres. L’oiseau-tonnerre, de son côté, serait recouvert de plumes, ce qui en ferait un oiseau géant, et non un reptile volant.

fossile de ptérodactyle
Fossile de ptérodactyle
Ghedoghedo, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons

Les ptérodactyles ne crachaient pas de feu

Lorsqu’on compare le mythe du dragon avec les ptérosaures, les gens ont souvent comme première réaction que cette comparaison ne tient pas la route car « les dragons crachent du feu ».

Il est intéressant de noter qu’outre le dragon, il est dit que l’oiseau-tonnerre émet des éclairs, que le kongamato émet une lumière et que le ropen est bio-luminescent. Reste à savoir ce qui se cache derrière ces mythes.

Le serpent ailé de Pierre Belon

Plusieurs auteurs citent Pierre Belon, un naturaliste français de la Renaissance, comme référence afin de « prouver » l’existence des ptérodactyles à cette époque. Ont-ils raison?

En 1557, Belon a écrit un ouvrage décrivant de nombreux animaux qu’il avait observés dans ses voyages, notamment au Moyen-Orient. L’ouvrage s’intitule « Portraits d’oiseaux, animaux, serpens, herbes, arbres, hommes et femmes ». On peut y voir l’illustration d’un animal que Belon appelle le « serpent ailé », et qui rappelle un dragon à deux pattes.

serpent ailé de pierre belon
"Serpent ailé", Pierre Belon, 1557

Cet animal bizarre, que personne n’est capable de clairement identifier, jure avec le reste de l’ouvrage du naturaliste. Les autres illustrations qu’il contient ressemblent véritablement aux animaux qu’ils sont censés représenter, et sont facilement reconnaissables. De surcroît, il est évident, en feuilletant le livre, que Belon travaillait avec minutie et exactitude. Alors, pourquoi ce monstre apparait-il dans son ouvrage? On est en droit de se demander ce que Belon a voulu décrire exactement.

Dans un ouvrage subséquent, Belon explique que lorsqu’il était en Égypte, il a vu plusieurs de ces « serpents ailés » naturalisés, et que l’illustration qu’il a publiée en 1557 était basée sur ces observations. On peut supposer que le naturaliste n’a pas vu un de ces animaux vivants dans la nature, et que ces spécimens empaillés étaient sa seule référence.

Selon certaines critiques, il est présumé que le naturaliste se serait fait berner et aurait observé un animal empaillé créé de pièces provenant de différents animaux et agencées pour créer un dragon « à la Frankenstein ». Mais est-ce qu’un naturaliste de sa trempe aurait pu succomber à un canular, et ne pas remarquer les incohérences de l’animal naturalisé devant lui? 

Belon aurait-il vu un ptérodactyle naturalisé?

Plusieurs auteurs affirment que l’animal de Belon est un ptérosaure. Mais si on compare les caractéristiques du « serpent ailé » avec celles des ptérosaures connus, il est difficile de trouver des ressemblances.

Les ailes du serpent ailé de Belon sont dramatiquement petites comparées à celles des ptérosaures connus, tellement petites qu’il semble impossible que cet animal puisse voler. De plus, leur forme diffère considérablement, et rappelle plutôt certaines nageoires de poissons. Et si c’était, en fait, un animal marin?

La longue queue que possède certains ptérosaures est fine et munie d’une pointe à son extrémité. Cette queue, servant principalement de gouvernail, a une certaine flexibilité, mais rien qui se compare à celle de la bête de Belon, qui semble pouvoir s’entortiller comme le corps d’un serpent. De plus, la queue du serpent ailé de Belon ne suggère pas, par sa forme, une utilisation du style gouvernail.

On peut donc conclure que son anatomie diffère fortement de celle des ptérosaures connus. Bien sûr, il n’est pas exclu qu’il appartienne à une sorte de ptérosaure qui ne soit pas encore découvert par la paléontologie, mais cela semble peu plausible, puisque les caractéristiques de l’animal décrit par Belon ne semblent pas lui permettre de voler.

Peut-on en déduire que Belon se serait fait embobiner, ou alors, qu’il a décrit un animal que nous ne connaissons pas encore?

Autres hypothèses pour expliquer les observations de ptérodactyles

Comment expliquer que des gens ont vu un ptérosaure, un animal éteint depuis 66 millions d’années, traverser le ciel devant leurs yeux? Outre l’idée que ces animaux pourraient être encore vivants, il existe d’autres théories moins connues pour tenter d’expliquer ces anomalies. Explorons-les:

Glissements temporels

Les glissements temporels sont des sortes de voyages dans le temps involontaires. Une personne, ou un groupe, se retrouve pendant quelques minutes à une autre époque. Cette anomalie a été rapportée par plusieurs témoins, et n’est toujours pas explicable. Lire ici l’article complet sur ce sujet.

Il serait donc envisageable que certains témoins de ptérosaures se soient retrouvés, pendant quelques instants, à une époque préhistorique. Ou encore, que des ptérosaures aient fait un tel saut temporel et auraient été aperçus par les témoins.

Vortex spatiaux-temporels

Dans le même ordre d’idée, certains avancent la théorie que des vortex spatiaux-temporels existent dans notre univers, et qu’ils puissent être utilisés, volontairement ou non, pour passer d’un espace-temps à un autre.

Nouvelle espèce de chauve-souris

Il est possible que dans certains cas, des gens aient aperçu une espèce rare de chauve-souris qui n’aurait pas encore été identifiée par la science. Certains chauves-souris ont des têtes aux formes bizarres, et peuvent être de taille impressionnante.

Bien qu’il soit peu probable que des chauve-souris d’une envergure de 6 mètres existe, il y a quand même des observations de prétendus ptérosaures qui pourraient bien s’expliquer par cette hypothèse.

Dans le cas du « Big Bird » de Caroline du Nord, certains témoins décrivent la créature comme ayant une tête qui rappelle celle d’un singe. Cette description nous rapproche d’un cryptide qui serait en fait un mammifère.

chauuve-souris

Animaux ayant survécus dans la pierre

Il existe des cas de grenouilles, crapauds et lézards ayant survécus un nombre incroyable d’années alors qu’ils étaient coincés dans la pierre. Lire ici l’article complet sur le sujet. Et si des ptérodactyles avaient été ainsi libérés de la pierre, après y avoir hiberné pendant 66 millions d’années, et vivaient maintenant parmi nous?

Certains auteurs croient que c’est possible, et citent comme exemple un article de journal paru dans La Presse grayloise du 12 janvier 1856. Ce journal affirme qu’un ptérosaure vivant aurait été libéré d’un rocher par des mineurs. Malheureusement, cet article, qui a réellement paru en 1856, est un canular, une farce faite par le journal. Il n’existe pas de cas connus de ptérosaures ayant été trouvés vivants dans la pierre.

Hallucinations

Se pourrait-il que tous ces gens aient été victimes d’hallucination? Bien que les hallucinations soient un phénomène connu de la médecine, et qu’elles pourraient démystifier certains témoignages étranges, il est difficile d’expliquer comment un groupe de personnes peuvent tous halluciner exactement de la même chose, en même temps. En effet, comment autant de Papous auraient-ils pu halluciner exactement de la même bête préhistorique dans le ciel de Papouasie Nouvelle Guinée?

Les hallucinations de groupe sont un phénomène encore mystérieux et semblent peu crédible comme explication dans les cas qui nous intéressent.

Hantise résiduelle

Les hantises résiduelles sont un phénomène paranormal où des images et/ou des sons du passé semblent être « enregistrés » dans un lieu, et rejoués de temps en temps, comme on le ferait d’un film. Ce phénomène a été observé de nombreuses fois, mais n’est toujours pas expliqué.

Comme les ptérosaures ont déjà sillonné notre ciel à une autre époque, il est avancé l’idée que de leurs vols soient « imprimés » dans des lieux en tant qu’image résiduelle.

argentavis magnificens

Drones ou avions

Les avions et les drones: des explications couramment avancées par les sceptiques pour expliquer les observations de ptérodactyles.

Les avions sont des engins courants dans notre monde moderne, et on peut se demander pourquoi une personne apercevant un avion, se mettrait à le décrire en détail comme un animal préhistorique volant. Cette hypothèse a peu de crédibilité.

Dogmes et canulars

Lorsque l’on travaille avec des phénomènes à la limite du normal, il est crucial de s’en tenir aux faits tels qu’ils sont. C’est pourquoi les canulars et les faux témoignages sont de vraies nuisances. Et puis, il y a un autre ennemi pour le chercheur en paranormal: les dogmes.

Les dogmatiques sont des gens qui croient à une seule version des choses et qui ont une pensée rigide. Leur dogme est plus important que la vérité, et ils sont prêts à déformer les faits, et même à créer des canulars afin que leur dogme semble vrai et que le plus de gens possibles y croient.

Malheureusement, certains dogmatiques s’en prennent au paranormal et à la cryptozoologie. En ce qui concerne les témoignages de ptérosaures encore vivants, on se butte principalement à deux groupes de dogmatiques:

Les créationnistes

Ce sont des chrétiens qui ont une interprétation rigide et doctrinaire de la Bible: la terre a 6000 ans, le monde a été créé en 6 jours, etc. Si cette anecdote vous semble farfelue, sachez qu’aux États-Unis, ce groupe réussit à faire des pressions pour influencer la politique et l’enseignement. Ils veulent faire retirer du programme scolaire américain les références à la théorie de l’évolution et à la préhistoire.

Afin de prouver que tous les animaux et l’humain ont été créés en même temps, ils cherchent des preuves que les humains ont côtoyé des dinausores. Un témoignage de quelqu’un affirmant avoir vu un ptérosaure vivant devient pour eux une mine d’or à exploiter pour prouver leur dogme. Malheureusement, ils peuvent déformer les témoignages, cacher certains faits et fausser la vérité. 

Les sceptiques-dogmatiques

Complètement à l’opposé du premier groupe de dogmatiques, nous avons le deuxième groupe: les sceptiques-dogmatiques. Il s’agit d’un groupe de personnes qui se dédient à discréditer tout ce qui relève du domaine du paranormal et de la cryptozoologie.

Il est important de comprendre qu’il y a deux sortes de sceptiques: les vrais sont des chercheurs, des penseurs qui étudient les faits et les témoignages collectés lors des enquêtes sur des anomalies à la limite du normal. Ils peuvent déceler des canulars, mettre à jour une méprise, trouver une explication scientifique à un événement qui semblait fantastique au premier abord. Bref, ils sont importants dans le monde du paranormal et leur contribution est essentielle.

Mais ils sont rares. De plus en plus rares, les vrais sceptiques. Des gens dogmatiques, qui se disent « sceptiques » mais qui n’ont rien de la trempe d’un vrai sceptique, tentent d’imposer leurs dogmes dans le monde du paranormal en déformant les faits et en cachant la vérité sur plusieurs sujets. Ils s’infiltrent dans des réseaux sociaux pour discréditer certains auteurs. Ils se regroupent pour changer des pages Wikipedia afin que circulent leurs dogmes et que soient masquée la vérité sur certains phénomènes.

Ils tentent d’influencer l’enseignement en faisant du lobbying auprès des Universités que cessent les recherches sur les phénomènes psychiques.

Écrire sur l'insolite, une passion qui demande de la rigueur

Dans la recherche sur le paranormal, l’humilité est une qualité essentielle. On s’en tient aux faits tels qu’ils sont, point à la ligne. À mon avis, le culte de la personnalité n’a pas sa place dans le monde de l’insolite.

Il peut être difficile, pour le lecteur qui veut se renseigner, de trouver des informations sur les gens qui pensent avoir vu des ptérosaures vivants sans se retrouver nez à nez avec des dogmatiques qui ont déformé les faits. 

Dans ce blog, je tente de donner aux visiteurs une lecture intéressante de témoignages et d’anecdotes qui n’auraient pas été déformés. S’il m’arrive de publier à mon insu une histoire qui relève du dogme ou du canular, je corrige mon article dès que je découvre la vérité. 

Bonne lecture!

Références

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